Dans les villages, les commerces ambulants constituent un plus non négligeable, notamment pour les personnes âgées qui ont du mal à se déplacer. Cette présence crée du lien social. Dans l’Ouest Hérault, de nombreux commerçants sillonnent les routes pour approvisionner les populations ou fournir des services. « Midi Libre » est allé à la rencontre de ces itinérants. Cinquième et dernier volet de cette série à Margon où Edouard Truyen, à bord de son Coif Mobil, vient couper les cheveux d’une clientèle fidèle.
« J’avais envie de parcourir les petits villages à bord d’un salon de coiffure ambulant. » Depuis 1993, Edouard Truyen accomplit son rêve au volant de son utilitaire aménagé. Son Coif Mobil sillonne ainsi une partie de l’Ouest Hérault. Le jeudi, on le retrouve à Margon, Faugères et Pouzolles. Le vendredi, il fait halte à Roquebrun, Saint-Nazaire-de-Ladarez et Causses-et-Veyran. « J’ai choisi des villages où il n’y avait pas de salon fixe », précise Edouard avec un léger accent qui ne laisse planer aucun doute sur ses origines belges. « Je suis arrivé en France en 1980 et j’ai désormais la nationalité française », ajoute-t-il.
Avec sa formation de coiffeur, Edouard a tenu un snack-coiffure outre-Quiévrain. Dans l’Hexagone, c’est au Cap-d’Agde qu’il pose tout d’abord ses valises, ouvrant une brasserie. Puis, il s’installe à Usclas-d’Hérault. Et très vite, il ne peut résister à l’appel des ciseaux et du peigne. Ses dons en bricolage vont donner naissance à son premier Coif Mobil : un véhicule utilitaire entièrement transformé en salon de coiffure. Trente et une années plus tard, Edouard en est à son deuxième salon itinérant. « J’ai construit ma maison, donc aménager un camion, vous pensez… »
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« On va au-devant des gens »
Mais pourquoi avoir choisi d’exercer comme coiffeur ambulant ? « Je ne fais pas ça pour être riche mais pour le relationnel », indique Edouard, confortablement installé dans son fauteuil de cuir noir au centre de son Coif Mobil. « Avec mes clients, on discute de tout et de rien, on rigole. Au fil des ans, ils sont devenus des copains. C’est une très bonne expérience pour moi. C’est très enrichissant. »
Cependant l’horloge tourne pour notre coiffeur : « Je vais avoir 72 ans. Je pense à la retraite. » Pour l’heure, il ne semble pas avoir envie de remiser son Coif Mobil au garage. Alors, le septuagénaire poursuit son petit bonhomme de chemin, accumulant les kilomètres au gré de ses tournées, multipliant les rencontres. « Quand on a un commerce ambulant, on va au-devant des gens. Les relations sont différentes par rapport à celles que l’on a quand on possède un commerce fixe. »
Le Coif Mobil est attendu
« Je rends service aux gens et je veux continuer », souligne Edouard. Le Coif Mobil est attendu par ceux qui ne peuvent se déplacer ou qui ne veulent pas parcourir plusieurs kilomètres en voiture pour aller se faire coiffer. Le calendrier de ses passages est affiché dans les différentes mairies de sa tournée et sur les sites internet des communes. Edouard possède une clientèle fidèle. « Au début, elle était assidue mais elle vieillit. Les jeunes viennent moins, ils préfèrent des coiffeurs moins âgés que moi. Mais ça dépend des villages et des heures où je suis présent. Je peux avoir des enfants, des personnes âgées. En décembre, j’ai eu plus de monde en raison des fêtes. »
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