Dans les villages, les commerces ambulants constituent un plus non négligeable, notamment pour les personnes âgées qui ont du mal à se déplacer. Cette présence crée du lien social. Dans l’Ouest Hérault, de nombreux commerçants sillonnent les routes pour approvisionner les populations ou fournir des services. « Midi Libre » est allé à la rencontre de ces itinérants. Premier volet de cette série à Espondeilhan où le charcutier Michel Vidal, installé à Lacaune dans le Tarn, propose ses produits tous les mardis.
Comme tous les mardis, le camion de la maison Vidal est stationné sur la place du Vieux-Château à Espondeilhan. Une dame âgée salue le charcutier, Christophe Vidal. « Je voudrais deux côtes d’agneau ». Aussitôt dit, les deux pièces de viande sont pesées. « Et avec ça ? » « Il me faut de l’échine ». « Combien il vous en faut ? » interroge le commerçant. « 300 g environ. C’est pour cuisiner. Pas très gras surtout », ajoute la dame. Celle-ci est ravie de pouvoir faire ses courses à deux pas de chez elle. « Trouver un charcutier-boucher à Espondeilhan, c’est super ! Surtout quand on vieillit et que l’on sort moins », souligne cette fidèle cliente.
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Installé à Lacaune dans le Tarn
Voilà six ans que Christophe Vidal stationne son camion dans le village. « Je viens de Lacaune dans le Tarn. Je ne compte pas les kilomètres mais le temps. Il me faut environ une heure vingt pour être ici. Voilà dix ans que je suis installé à Lacaune où j’ai repris l’affaire de M. Milhau. » Au pays de la charcuterie, Christophe Vidal et son épouse ne possèdent qu’un laboratoire « où nous préparons nos produits. » La charcuterie, Christophe Vidal n’y est pas tombé par hasard. Après l’école, c’est dans ce domaine qu’il a commencé son parcours professionnel avant d’exercer durant dix-sept ans dans la menuiserie. « Finalement, je me suis remis à la charcuterie avec mon épouse. »
De la vente en ambulant
La maison Vidal ne possède pas de lieu de vente dans le Tarn. « On ne vend que sur les marchés ou en ambulant comme à Espondeilhan », précise Christophe Vidal. Alors, à bord de son camion, il sillonne les routes du Tarn, de l’Aveyron et de l’Hérault. « Je sors tous les jours, sauf le lundi qui est réservé à la préparation. » Le mardi, avant de s’installer sur la place du Vieux-Château à Espondeilhan sur les coups de 9 h 30, le charcutier est présent à Puissalicon. Il terminera sa tournée à Fouzilhon. Le vendredi, c’est à Caux qu’il propose ses produits. Et alors que Christophe Vidal est par monts et par vaux, son épouse tient un stand dans les halles de Millau en Aveyron.
« Ma présence fait vivre les villages »
Exercer son métier en ambulant, Christophe Vidal y est attaché. « Les déplacements ? C’est un rythme à prendre. Ma présence fait vivre les villages », juge-t-il. Un autre client arrive. Du boudin, de la saucisse de foie. Et le voilà qui repart. Le charcutier ajoute : « On a un peu plus de clients en été. Le reste de l’année, je touche des personnes fidèles. Des gens qui ne travaillent pas, qui sont âgés. Ma présence, c’est un plus pour eux. Les actifs, en revanche, ils font leurs courses à Béziers. Ici, on a une clientèle différente de celle des marchés. » Justement, c’est une fidèle qui fait son apparition. Toute pimpante, Thérèse fait ses courses et celles de ses amies. « Je suis l’enquiquineuse du village. Quand il est gentil, ça va », indique-t-elle en regardant malicieusement Christophe Vidal. Une complicité pointe entre Thérèse et le charcutier.
De la qualité et du bagou
« Vous voyez, on passe cinq minutes à discuter avec les clients. Une blague et voilà. Ça crée du lien. Il m’arrive même de leur faire la monnaie », résume Christophe Vidal. « La semaine dernière, des clients sont restés là, près du camion. Ils ont longuement échangé. Ma présence leur permet de se rencontrer, ça crée véritablement du lien social. » La qualité des produits permet également de fidéliser la clientèle. « Il faut être sérieux et répondre aux besoins des clients, indique Christophe Vidal. On se sert auprès d’éleveurs dans le Tarn et les départements voisins. Ensuite, j’élabore mes charcuteries et je prépare mes viandes. Au final, le camion est bien achalandé. Lorsqu’il manque quelque chose, le client me passe sa commande et la semaine d’après, il est servi. » De la qualité sur son étal, un bon bagou et le tour est joué. Voilà la recette de Christophe Vidal. « Surtout, il ne faut pas que cela s’arrête. »
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