Depuis un an, jour pour jour, ce samedi 21 décembre 2024, les transports sont gratuits pour tous les habitants de la métropole de Montpellier. Les trajets en bus et en tramway sont désormais accessibles pour les 510.000 habitants des 31 communes, à condition d’avoir demandé son pass gratuité. En 2024, vous êtes 407.000 à l’avoir fait.
La gratuité vous a-t-elle permis de changer vos habitudes ? France Bleu Hérault vous a posé la question près de la gare Saint-Roch, à la croisée des trams, à Montpellier. « C’est super ! Au moins, il n’y a plus rien à payer, dit Martine. J’ai complètement arrêté de prendre la voiture pour me déplacer dans Montpellier, c’est impeccable. » « C’est beaucoup plus simple, renchérit Arnaud. On met quasiment le même temps par rapport à la voiture avec moins de contrainte pour trouver un emplacement de stationnement. Ça facilite beaucoup la mobilité. » Une aubaine aussi pour les jeunes, notamment Jules, qui habite Saint-Jean-de-Védas, « je pense que c’est bien, c’est super rentable puisqu’il n’y a plus de frais d’essence. »
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La gratuité… mais pas pour tous !
Parmi les inconvénients cités par les passants que nous avons croisés ce vendredi, la fréquentation, mais aussi le fait que certains usagers ne soient pas éligibles à la gratuité. « Il y a beaucoup plus de monde qu’avant, surtout aux heures de pointe », regrette Nora. « Ce n’est pas gratuit pour tout le monde, renchérit Corinne. Moi, par exemple, je dois à chaque fois batailler pour trouver une borne, la dernière fois, je ne pouvais même pas acheter mon billet dans le tram ! »
Mais la plupart des habitants de la métropole rencontrés ce jour-là n’y voient que des avantages. « Il n’y a plus d’incivilités puisque plus personne ne fraude, constate Pierre. Ça fait des services de sécurité en moins. » « C’est plus rentable pour mon père, confie David. Avant, c’est lui qui me payait l’abonnement de tramway. Avec les études, ça faisait cher pour lui. » Pour Roger, « c’est beaucoup plus pratique, on peut lire et se reposer tranquillement, il n’y aucun soucis. »
Hausse de 33% de fréquentation dans les transports
Pour Julie Frêche, vice-présidente de la métropole de Montpellier en charge des transports, la mise en place de la gratuité dans les transports en commun est un véritable succès. Selon elle, celle-ci n’empêche en rien le développement des autres formes de mobilités douces, comme le vélo. « On fait 33% d’augmentation de la fréquentation sur le réseau TaM, et dans le même temps, plus 17% d’augmentation du nombre de cyclistes dans la ville de Montpellier, 16% à l’échelle de la métropole, et sur le nombre de trajets covoiturés, nous sommes toujours sur la première place du podium, après la région parisienne. La gratuité des transports, ce n’est pas une mesure ponctuelle, mais une mesure pivot, stratégique pour développer les alternatives à la voiture individuelle, comme le vélo, la marche ou encore les transports en commun. »
La gratuité des transports ne concerne pour l’instant que les habitants de la métropole. Un choix assumé par Julie Frêche. « Aujourd’hui, vous êtes habitant de la métropole, vous payez des impôts. Il est normal que ces impôts financent des politiques publiques, et en l’occurrence, la gratuité des transports est l’une la politique la plus redistributive de France. Elle vient redonner du pouvoir d’achat à tous les habitants de la métropole, elle agit pour la transition énergétique et la santé environnementale. Plus on prend les transports en commun, moins on prend la voiture, et donc on participe à ce grand défi qui est devant nous, en tout cas pour les villes du XXIᵉ siècle. »
La gratuité des transports ailleurs dans l’Hérault ?
Des discussions sont en cours pour étendre la gratuité des transports au-delà de la métropole, notamment avec d’autres communautés de communes, comme celle de la Vallée de l’Hérault, dont dépend Gignac. La mesure a été évoquée par le maire de Gignac et président de la communauté de communes de la Vallée de l’Hérault, Jean-François Soto, au dernier conseil communautaire.
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