Les Toulousains vont recroiser des Chiefs actuellement en difficulté, contre lesquels ils possèdent des souvenirs mitigés. Mais fondateurs.
Il est dur d’évoquer Exeter du côté d’Ernest-Wallon sans parler de la défaite (18-28), à Sandy Park le 26 septembre 2020, qui avait privé Toulouse d’une finale de Champions Cup. « Je suis resté un peu scotché à mon histoire avec Exeter, dit d’ailleurs Ugo Mola. C’est l’année où cette équipe a été championne d’Europe et où on a perdu une demi-finale particulière là-bas, en pleine période de Covid. »
Référence aux conditions dans lesquelles les Rouge et Noir avaient été reçus, obligés de se changer sous une tente sur le parking du stade. Sur le terrain, ils avaient ensuite manqué d’efficacité dans leurs temps forts et l’avaient payé cher. Un match (et sa frustration) qui avait pourtant fait grandir plus vite cette génération dorée, laquelle avait raflé la Champions Cup huit mois plus tard. La saison dernière, elle avait recroisée les Anglais dans la compétition et offert un récital (64-26), dont se souvient aussi le manager : « Contre eux, on a aussi connu un quart de finale assez incroyable, un match plutôt fou. » Difficile néanmoins de qualifier le rendez-vous de dimanche de « belle », au vu des dynamiques actuelles. Pendant que les Stadistes sortent d’un doublé et sont en tête du Top 14, les Chiefs sont derniers de Premiership, avec sept revers en autant de rencontres.
« Un combat âpre »
Mola veut toutefois se méfier de cet adversaire piégeux et sert ses arguments : « Exeter met une grosse intensité physique, va rentrer au fil de l’eau ses internationaux anglais et gallois. Il faut s’attendre à un combat âpre, malgré sa position en championnat d’Angleterre. Physiquement et sur le plan du rugby, ce sera un tout autre rendez-vous quer l’Ulster. L’uniforme de combattant sera de rigueur. Si vous vous amusez à regarder, cette équipe perd tous ses matchs de peu. Elle qui ne lâche pas, à l’image de l’endroit et du coach. »
C’est vrai, et Exeter possède le paradoxe d’avoir déjà glané… six bonus, dont cinq défensifs. « On a du mal à jauger cette équipe, par rapport à sa place dans le championnat anglais et le fait qu’elle possède des joueurs de très grande qualité, ajoute Antoine Dupont. Mais, justement, ce genre de formation arrive à basculer et à modifier sa dynamique en changeant de compétition. » Même si elle s’est inclinée (21-39) le week-end passé à Durban, face aux Sharks, le capitaine toulousain prévient : « Je suis certain qu’Exeter sera au rendez-vous. »
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