DOSSIER. Champions Cup – Genèse, coulisses, victoires françaises… Retour sur les 30 ans de la Coupe d’Europe

Longtemps rêve inaccessible, la Coupe d’Europe est sortie de terre en 1995 pour gagner vite de jolis galons. Mais elle n’a pas atteint le zénith espéré, elle garde son prestige mais n’a pas supplanté notre bon vieux championnat. Paradoxe de l’histoire.

Toulon, Toulouse, mais aussi Brive et La Rochelle… Au total, ce sont quatre clubs français qui ont remporté la Champions Cup. Icon Sport x Midi Olympique.

La Coupe d’Europe de rugby, c’est finalement la preuve que les rêves n’ont pas vocation à rester des fantasmes. Elle le fut longtemps pourtant. Dans les années 70-80, c’était une projection des fans de ballon ovale d’après ce qu’ils voyaient prospérer dans l’univers du football. Mais il fallut attendre 1995 et le passage au professionnalisme pour voir le songe devenir réalité. Il y avait bien eu quelques timides prémices dans les années 60-70 autour du grand Béziers en 1962 contre Grivita Rosie ou en 1972 contre les Gallois de Neath. Puis on vit les fameux Masters du Stade Toulousain de Jean Fabre en 1987 et 1991, pied de nez à la fédération dans un contexte tendu. Mais tout ça n’était que des ersatz, il fallut attendre le grand tournant de 1995 et le passage au professionnalisme pour voir enfin sortir de terre une compétition européenne, sur une initiative des clubs anglais en train de s’émanciper de leur fédération. La dynamique avait été lancée dès le début 1995, les Britanniques avaient d’abord contacté le président de Brive, Jean-Jacques Gourdy qui avait alerté René Bouscatel, président de Toulouse : « Ils cherchent deux présidents qui ont les c… pour s’opposer aux Fédérations et la créer. J’ai pensé à toi. » confia-t-il plus tard.

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Voilà comment René Bouscatel se retrouva dans un hôtel près de l’aéroport de Gatwick avec des présidents anglais hors de contrôle de la RFU. Ils avaient tout préparé. Rapidement, un aréopage de présidents français s’organisa pour faire bonne figurent Jacky Rodor de Perpignan, Loris Pedri de Toulon (décédé en 2022), et Pierre-Yves Revol de Castres. Il fallait tenir la route face à des Anglais très déterminés et face à une FFR qui essaierait de capter le projet. Mais les présidents voulaient mettre Bernard Lapasset devant le fait accompli pour qu’il ne puisse rien changer.
Ce désir d’une compétition continentale, il flottait dans l’air depuis longtemps, il était devenu inéluctable et fut mis sur pied finalement très vite, mais non sans difficulté.

Les allers-retours des Anglais

Le pays de Galles, l’Irlande et l’Ecosse avaient fait pareil que les Français mais ces pays n’avaient pas d’investisseurs pour se passer de leur fédération. Du coup les clubs anglais ne parvenaient plus à imposer leur vue. Échaudés, ils quittèrent la table des négociations, la première Coupe d’Europe se fit donc sans eux. Un tournoi à douze en quatre poules de trois avec Toulouse, Castres et Bègles, des Gallois et des Irlandais, deux équipes roumaines et une italienne. L’Histoire était en marche et Toulouse fut le premier vainqueur en janvier 1996 en battant Cardiff en finale. Trente ans après, elle existe encore, tant bien que mal a-t-on envie de dire. Les Anglais sont revenus pour la deuxième édition, vu le succès naissant, ont boycotté la saison 98-99 avant de faire un deuxième retour. On parlait alors de Heineken Cup du nom du sponsor.
La Coupe d’Europe a pris un envol incontestable dans les années 2000 pour apporter un piment supplémentaire à nos saisons.
Puis sa formule s’est usée à partir des années 2010, en partie à cause de la puissance grandissante du Top 14, d’une divergence de vues entre les Anglo-Français et les Celtes aussi, surtout le Munster et le Leinster trop facilement qualifiés.

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Brive et La Rochelle ne s’en plaindront pas

La Coupe d’Europe avait incarné une modernité triomphante à ses débuts, elle finit par s’essouffler à cause d’un format trop chronophage, à cause aussi de la faiblesse relative des franchises galloises, écossaises et italiennes qui ne l’ont pas rendue assez dense. En 2014, elle passa sous la gestion d’une nouvelle société, l’EPCR qui réduisit le nombre de participants de 24 à 20. Elle changea de nom au passage, au revoir la H Cup, bonjour la Champions Cup désormais organisée depuis la Suisse. La crise du covid a poussé les organisateurs à changer drastiquement le format, désormais plus ramassé. Plus fort encore, en 2022, on a vu débarquer les franchises sud-africaines. Mais cette compétition si ardemment souhaitée n’a pas encore fait ses preuves dans un secteur clé, celui des finances. Les droits télévisés n’ont pas augmenté, ils ont même baissé. Elle n’a pas eu de gros impacts sur les ventes des journaux spécialisés. Mais on garde en mémoire quelques grands matchs, et des clubs comme Brive et La Rochelle ont pu brandir sur la scène européenne leurs premiers trophées majeurs, avant le bouclier de Brennus. Rien que pour ça, ça valait le coup.
 

https://www.rugbyrama.fr/2024/12/05/dossier-champions-cup-genese-coulisses-victoires-francaises-retour-sur-les-30-ans-de-la-coupe-deurope-12367958.php

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