Depuis l’annonce durant l’été dernier de la signature de Nolann Le Garrec à La Rochelle, qu’il rejoindra à partir de la saison 2025-2026, un intense jeu de chaises mucicales s’est opéré au sein des clubs de l’élite désireux de se renforcer au poste de demi de mêlée. Explications.
Depuis l’été passé, s’il y a bien un poste qui a enflammé le marché des transferts, c’est celui de demi de mêlée. Pas la peine de compter le nombre d’articles parus sur des prospections ou transactions concernant les numéros 9, dans nos colonnes ou ailleurs, il y en a eu des dizaines. La raison est simple : une grande majorité de clubs de l’élite s’est retrouvée concernée. L’élément déclencheur de cette frénésie (qui n’est d’ailleurs pas totalement terminée) vient certainement du choix de Nolann Le Garrec.
L’international français (22 ans ; 7 sélections), qui arrivait en fin de contrat avec le Racing 92 en juin 2025, s’imposait comme l’un des joueurs les plus convoités. Logique. Mais, si sa prolongation était érigée en priorité chez les dirigeants franciliens, l’intéressé a pris très tôt (mi-août) la décision de s’engager en faveur de La Rochelle. Ce qui a forcément eu de nombreuses conséquences…
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Graou, Arata et Carbonneau en animateurs
Déjà, le Racing et les autres clubs séduits par le profil de Le Garrec ont dû se pencher sur d’autres pistes. Baptiste Couilloud, aussi en fin de contrat avec le Lou et sur les tablettes des Ciel et Blanc ou du Stade français, avait tout de l’animateur… Sauf qu’il a également et rapidement prolongé dans son écurie de toujours. Dès lors, de nouveaux noms ont émergé et furent au cœur d’une impressionnante bataille. Si beaucoup de cellules de recrutement ont jeté un œil à la situation contractuelle de Léo Coly à Montpellier, en raison d’une possible clause, ce dernier avait bien été sécurisé par le MHR jusqu’en 2026. Ce sont donc Paul Graou, Santiago Arata et Léo Carbonneau que les cadors de l’élite se sont arrachés, tant la réalité du marché a fait augmenter leur valeur, même si seul le Toulousain était en fin de contrat. Alors qu’il avait entamé des négociations depuis un certain temps pour étendre son bail dans la Ville rose et qu’il avait déjà vu l’Aviron bayonnais venir à la charge, Graou a ainsi reçu une offre agressive du Racing 92. Mais il a pourtant décidé de la décliner pour rester trois ans de plus chez le double champion de France.
Le cas Arata est encore plus éloquent. Sous contrat avec le CO, l’international uruguayen avait dans un premier temps trouvé un accord avec ses dirigeants pour quitter le Tarn au terme de la saison en cours. Voilà comment, pendant deux mois, il fut l’objet de toutes les convoitises. Il a ainsi visité les installations du Racing 92, a été en contact avec le Stade français, ou avait même prévu des rendez-vous à Pau et Montpellier avant de les annuler parce que… le joueur a finalement prolongé à Castres jusqu’en 2029 !
Alors qu’il était proche de s’engager au Racing, l’affaire a capoté et le club francilien a accéléré sur le dossier Léo Carbonneau. Aussi, Arata aurait eu entre les mains une proposition jugée très alléchante de la Section paloise et aurait même été relancé au dernier moment par le staff parisien mais il avait déjà donné son accord au CO. Ce qui montre tout de même à quel point le jeu de chaises musicales fut intense. Du côté du Plessis-Robinson, les dirigeants des Hauts-de-Seine ont donc mené des négociations poussées avec leurs homologues brivistes, Carbonneau étant engagé jusqu’en 2026. Une libération (entre les indemnités de formation et la dernière année de contrat) qui se serait négociée à plus de 500 000 euros. L’international moins de 20 ans jouera donc au Racing 92 la saison prochaine.
Price, Christie, Jantjies, Cooney, McDermott : les étrangers s’invitent dans la danse
Du coup, si Pau a fait le choix de la stabilité en faisant prolonger l’Anglais Dan Robson, Montpellier et Bayonne se sont tournés vers le marché étranger. Le MHR a obtenu la signature de l’international écossais Ali Price (31 ans, 67 sélections), après avoir discuté avec le All Black Finlay Christie (29 ans ; 23 sélections) et le Springbok Herschel Jantjies (28 ans ; 24 sélections), lequel… s’est engagé récemment en faveur de Bayonne pour deux saisons, plus une en option.
Un club basque au sein duquel il faut fixer l’avenir de Maxime Machenaud (35 ans). Ses dirigeants lui ont proposé une année de contrat supplémentaire, quand lui en espère deux. Tant qu’un accord n’a pas été trouvé, il est surveillé par d’autres formations, comme… Brive, qui doit se renforcer à la mêlée et qui regarde aussi le marché étranger. Les CV de l’Australien Tate McDermott (26 ans ; 28 sélections) et de l’Irlandais John Cooney (34 ans ; 11 sélections) circulent d’ailleurs en France actuellement. L’Union Bordeaux-Bègles, où Yann Lesgourgues (il a signé à Biarritz) et Paul Abadie sont en fin de contrat, s’est sérieusement renseignée (comme sur Martin Page-Relo) pour accompagner Maxime Lucu.
Quant au Stade français, désireux aussi d’attirer un numéro un à ce poste, il a fini par saisir l’opportunité Tawera Kerr-Barlow. Le All Black (34 ans ; 27 sélections), à La Rochelle depuis 2017, rejoindra la capitale pour les deux saisons à venir. Sachant que les Maritimes, qui ne souhaiteraient pas conserver Teddy Iribaren malgré un contrat allant jusqu’en 2026, devront sûrement chercher un renfort… Et si le marché des numéros 9 a été plus agité que jamais ces derniers mois, il promet de l’être aussi à partir de la prochaine intersaison. Pourquoi ? Notamment parce que le Clermontois Baptiste Jauneau (21 ans) sera en fin de contrat en juin 2026, et que de nombreux clubs l’auraient déjà dans le viseur…
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