Cinquante bénévoles de la Croix-Rouge intègrent le dispositif “Premiers répondants” pour une phase de test nationale, confortant l’association dans le maillage territorial des secours… avec la bénédiction du directeur du Sdis34.
« L’État providence ne pourra pas tout faire. On ne peut pas mettre une ambulance derrière chaque citoyen. »
Le nerf de la guerre. En une phrase, Eric Florès a légitimé la montée en puissance de la Croix-Rouge dans l’organisation des secours. Vendredi soir, le patron des pompiers était l’invité du lancement du dispositif “Premiers répondants” à Grabels, au siège départemental de la célèbre association de secourisme. Le contexte global ? Des finances plus que contraintes au niveau de l’État et de toutes les collectivités. À commencer par celles du département de l’Hérault, principal financeur du Sdis34, le Service départemental d’incendie et de secours. La convention date de 2023. Elle permet notamment à la Croix-Rouge (côté Montpellier et est-Hérault), mais aussi à la Protection civile (côté Béziers et ouest-Hérault) de suppléer les soldats du feu sur certaines opérations bien précises. C’est le cas le samedi soir. Savez-vous par exemple qu’en composant le 18 en fin de semaine, à Montpellier, pour une situation relevant plus du psychosocial que d’une urgence vitale, ce n’est pas une ambulance des pompiers qui pourrait se présenter à votre porte mais un véhicule de la Croix-Rouge ? Ces secouristes se placent donc sur l’offre d’interventions d’urgences… avec la bénédiction des sapeurs.
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Le patron des pompiers : « On a appris à travailler avec vous »
« La Croix-Rouge est une institution, c’est devenu un rituel de travailler avec vous, a souligné Eric Florès, rappelant que les débuts ont parfois été un peu tendus. On a appris à travailler ensemble, il est important de se connaître. Mon sujet n’est pas d’être en concurrence avec vous. Quand on a le professionnalisme que vous avez, cela permet de cranter votre compétence. Ça a commencé par le dépistage du Covid. Au début, il n’y avait que des pompiers. Puis un secouriste et des pompiers. À la fin, il n’y avait qu’un pompier et que des secouristes. Vous avez montré votre professionnalisme. »
200 interventions de la Croix-Rouge en 2024 après un appel au 18
En 2023, avec la signature de la convention liant les sapeurs professionnels et les secouristes, la Croix-Rouge est intervenue sur 80 interventions après appel au 18. En 2024, elle en est à 200 interventions sur onze mois. Avec un constat du directeur départemental du Sdis : « Rien ne m’est remonté, ça veut dire que tout baigne et nous, ça permet de nous alléger et ça permet un repositionnement indispensable dans notre activité quotidienne. Votre action, mécaniquement, permettra de sauver des vies. Vous faites partie du maillage territorial. »
Dispositif « Premiers répondants »
Et cela n’est pas près de s’arrêter. Ce vendredi, la Croix-Rouge de l’Hérault a donc officiellement intégré le dispositif « Premiers répondants ». De quoi s’agit-il ? 50 des 1 500 bénévoles de l’association ont reçu leur dotation : un sac, notamment équipé d’un défibrillateur (lire par ailleurs). « Chacun le garde avec soi, explique Clément Marragou, le président départemental. On va au travail ou passer un week-end dans l’Ardèche, on prend le sac, ou pas, c’est à la libre appréciation du bénévole. » Le secouriste est alors compétent pour intervenir sur les premiers secours. Soit parce qu’il en a été témoin direct, soit parce qu’il aura été prévenu via l’application Staying Alive qu’il est le plus proche d’un lieu où une personne est en situation de détresse.
Que contiennent les sacs
Cinquante sacs ont été distribués à des secouristes de la Croix-Rouge vendredi.
Ils contiennent un défibrillateur, un garrot tourniquet, un coussin hémostatique d’urgence, des compresses, bandes élastiques, filets tubulaires, des écharpes triangulaires, du gel, une couverture de survie… mais aussi un autocollant et un aimant à mettre sur sa porte d’entrée ou sa voiture ainsi qu’un brassard pour signifier que le volontaire est secouriste.
De l’importance des défibrillateurs
« 90 % des personnes faisant un arrêt cardiaque sont sauvées si l’on intervient dès la première minute. Ensuite, c’est 10 % de perte de chance à chaque minute qui passe », confie Johann Kalchamn, de la société LifeAz, qui commercialise le défibrillateur qui équipe les sacs en question. Clément Marragou va plus loin : « 30 % des défibrillateurs placés dans des lieux publics ne sont pas opérationnels. » Les raisons sont nombreuses : cela peut venir d’un défaut d’entretien de l’équipement, d’un gymnase fermé, rendant le défibrillateur inaccessible… En plus donc de certains lieux publics, des pharmacies, des véhicules de police et autres, ce sont ainsi cinquante volontaires de la Croix-Rouge, déployés dans tout le département, qui seront équipés. À noter que l’Hérault est le premier département à être choisi (deux autres sont à venir) pour ce dispositif Premiers répondants. Pour une phase de test. L’objectif est de généraliser ce système dans toute la France « d’ici sept à huit ans ».
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