Lancé début novembre par six copains de Sète, le jeu des joutes se propose de reproduire sur une table, un véritable tournoi se passant sur l’eau.
Vous rêvez de jeter au canal l’impressionnant Jérémy Dilibre (merci pour le clin d’œil), satelliser Grégor Morand en profitant de l’appui d’une peña et remporter ainsi un tournoi de joutes depuis votre canapé ? Le tout sans vous mouiller ? Alors le jeu des joutes est fait pour vous. Ce jeu de cartes, créé par six copains de Sète, vient de sortir. Un an après avoir été évoqué.
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Décidé lors d’une soirée anniversaire
« C’était pendant mon anniversaire, glisse Florent Marty, né un 21 novembre. On avait un peu abusé et c’est souvent dans des moments comme ceux-là que sortent les grandes idées de ce monde », dit le graphiste dans un sourire. « J’avais déjà réfléchi à faire un jeu de cartes sur les joutes, rajoute Franck Lagarde, marin au long cours, et à ce moment-là cela a été l’occasion de se lancer. L’idée maîtresse est de leur rendre hommage et d’essayer de respecter au maximum toutes les règles et l’ambiance existant pendant les tournois ».
La difficulté d’établir les règles
Un projet auquel ne pouvaient qu’adhérer les deux jouteurs de cette bande de quadragénaires. Giani Imparato ci-devant vainqueur de la Saint-Louis – « ouais c’était sur chariot il y a longtemps » – et Nicolas Privat, membre de la société des jouteurs de Balaruc jusqu’à il y a trois ans. Lui a notamment travaillé sur les cartes « décision du jury ». Mais pour construire les règles de ce jeu, les comparses, auxquels il faut rajouter Yann Brochet et Mathieu Moreno, ont beaucoup échangé « pour être au plus proche du déroulement d’un tournoi de joutes, comme le dit Florent, même si on a été obligés de faire quelques adaptations. » Les amis ont également adopté l’idée de Giani de pouvoir jouer à plusieurs.
Un jeu de 214 cartes dont 102 de jouteurs
Ainsi, le jeu des joutes peut être disputé par six personnes en même temps. « Il y a en tout 214 cartes, dont 102 de jouteurs, annonce Franck. Nous remercions d’ailleurs toutes les sociétés qui nous ont donné l’autorisation d’utiliser leur logo ». Les dix-sept sociétés représentées ont chacune six chevaliers de la tintaine. Avec des visages et des noms inventés (et humoristiques) afin d’éviter de froisser tel ou tel. Chacun des postulants a un niveau classé de 1 (le plus faible) à 6. Au moment de la passe, ce classement est additionné au chiffre donné par son dé (rouge ou bleu bien sûr) ainsi que, possiblement, des points bonus genre « Tremper l’épure de votre lance dans l’eau n’a aucune utilité, mais c’est votre rituel. Vous gagnez un point de force ». Si votre total est plus fort que celui de l’adversaire (qui peut vous coller un malus ou une décision du jury) alors la passe est remportée. Et comme dans la réalité, il faut jeter trois adversaires pour se qualifier des revanches. Puis gagner le tournoi.
En prévente
« Le plus compliqué a été finalement de trouver un fabricant de cartes en France pour y placer les créations de Florent. Et c’est cher », fait remarquer Franck. Il a été dégoté à Strasbourg. Alors, début novembre, les créateurs, qui ne tirent pas un grand bénéfice financier de l’aventure, ont commencé à mettre sur leurs réseaux et ceux du jeu de joutes les annonces des préventes (*) sur la plateforme helloasso. « Cela nous sert à amortir notre mise de départ, déclare Yann. Les acheteurs seront livrés avant Noël ». 130 exemplaires ont déjà été réservés. Les premiers d’ailleurs depuis Versailles ou Charleville-Mézières. Des exilés sétois sûrement. Fan de joutes assurément.
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