Oscar Boutez, joueur de La Rochelle de 17 ans, a été le seul à tenter de secourir Medhi Narjissi alors qu’il était pris dans les vagues, au large du cap de Bonne Espérance, en Afrique du Sud. Son père, Edouard, raconte au Parisien sa version des faits.
Le week-end dernier, Oscar Boutez a retrouvé les pelouses, en disputant avec le Stade rochelais les 80 minutes de la première journée du championnat Crabos, face au RC Vannes. Deuxième ligne solide (1,97m, 100kg), le jeune homme de 16 ans tente d’enfin passer à autre chose, après le drame qu’il a vécu le 7 août dernier, sur la place de Dias Beach, située au cap de Bonne Espérance, en Afrique du Sud. Présent avec l’équipe de France U18, Oscar est un « héros » selon Jalil Narjissi, ancien rugbyman professionnel et père de Medhi, disparu ce jour-là, emporté par les vagues. Très bon nageur, le Rochelais a été le seul à venir en aide à Medhi, alors que ce dernier se débattait pour survivre. « Aucun adulte n’est intervenu, ils sont tous restés sur la plage parce qu’ils ont eu peur. Cela pose question évidemment », raconte son père Edouard, pour le Parisien.
« Ils étaient quelques-uns à s’amuser dans les rouleaux »
Ce dernier a accepté de livrer son point de vue sur la tragédie, tout en mesurant ses mots « par respect pour Jalil et Valérie. » Lui aussi aurait pu perdre son fils ce jour-là, alors que des vagues plus grandes les unes que les autres déferlaient sur les rugbymen, qui venaient de participer à une séance de récupération dans l’eau. « Ils étaient quelques-uns à s’amuser dans les rouleaux alors que la séance venait de se terminer, décrit le père d’Oscar. Au bout de deux ou trois minutes, ils sont sortis et c’est là, alors qu’il allait rejoindre la plage, qu’Oscar a aperçu Medhi qui se débattait au large. Il a foncé, a nagé comme il sait le faire, il a pris son copain sur son dos. Mais les vagues étaient impressionnantes. La quatrième, c’était un mur de 5m de haut. Il s’est retrouvé à moitié assommé au fond de l’eau. Medhi avait disparu. Il est retourné sur la plage avec beaucoup de mal. »
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Les recherches, pourtant intenses, furent infructueuses et c’est dans la douleur la plus totale que le rugby français perdait un de ses grands espoirs, qui était aussi un de ses enfants. Pour Oscar, il s’agissait alors de surmonter ce traumatisme, une chose impensable lorsqu’on n’a même pas 17 ans. « Dès qu’on l’a retrouvé, après leur rapatriement le lendemain, on l’a gardé trois jours avec nous, détaille Edouard Boutez. Avec sa maman Isabelle, on a voulu qu’il parle, qu’il ne garde pas tout pour lui. Cela lui a fait du bien. » Suivi par une psychologue, Oscar Boutez a été entendu dans l’enquête judiciaire, qui est encore en cours. Désormais, il tente de se reconstruire dans le rugby, en espérant que ce drame ne l’empêche pas d’exercer sa passion. « Je veux que l’on me voie comme un joueur de rugby, que l’on parle de ce que je fais sur le terrain et pas seulement à travers cette histoire », clame-t-il. Ses parents, eux aussi évidemment perturbés, savent la chance qu’ils ont de l’avoir encore à leurs côtés : « Nous avons eu peur. Nous avons eu très peur. Mais maintenant, lui, il a besoin d’avancer. Alors nous nous devons d’essayer de tourner la page. »
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