Entre l’Hérault, les Pyrénées Orientales et le Gard, 433 détenus dorment au sol dans les prisons. Une situation inacceptable pour les syndicats et qui n’est pas près de s’améliorer car les moyens ne sont pas là, malgré les bonnes intentions.
« Les établissements pénitentiaires d’Occitanie sont au bord du gouffre », selon les représentants d’Ufap Unsa Justice pénitentiaire. Et les chiffres qu’ils annoncent parlent d’eux-mêmes : Villeneuve-lès-Maguelone 72 ; Nîmes 117 ; Seysses 245 ; Perpignan 106 ; Béziers 128 ; Montauban 55… « Cette situation dramatique est exacerbée par un sous-effectif chronique du personnel, qui fait face à des risques élevés pour leur intégrité physique et leur santé mentale au quotidien. »
L’inaction du gouvernement face à cette crise laisse présager une situation explosive. Les agents pénitentiaires, épuisés et démotivés, mettent en garde contre les conséquences désastreuses de cette situation : surpopulation carcérale, tensions exacerbées, violences, recrudescence des trafics, et risques d’émeutes voilà le quotidien des personnels.
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« Sensibiliser l’appareil judiciaire aux alternatives à l’incarcération »
Alors que le nouveau ministre de l’Intérieur, Bruno Retailleau, a annoncé : « Il faut qu’il y ait un dialogue, mais il faut aussi que l’on revoie vraisemblablement un certain nombre de cadres pour changer une politique pénale qui je pense, depuis très longtemps, a laissé s’installer ce droit à l’inexécution des peines. Il faut qu’il y ait des peines prononcées, qu’elles soient exécutées. Il faut construire des prisons. Ce n’est pas mon domaine mais j’en parlerai très librement avec Didier Migaud. »
Le syndicat Ufap Unsa répond : « Nous demandons instamment au gouvernement de prendre conscience de l’urgence et de mettre en œuvre des mesures concrètes pour renforcer les effectifs en personnel pénitentiaire, aussi bien sur la coursive que dans les bureaux administratifs et les services techniques. Mais aussi investir massivement dans la création de nouvelles places de prison et accélérer les projets déjà en cours » Et d’ajouter encore : « Il faut sensibiliser l’appareil judiciaire aux alternatives à l’incarcération. L’Occitanie ne peut plus faire face à cette crise carcérale sans des actions décisives. Nous appelons l’ensemble des acteurs politiques et sociaux à se mobiliser pour exiger des solutions durables. »
Transférer des détenus
Les membres de l’Ufap-Unsa Justice de l’unité régionale de Toulouse réclament dans un premier temps des transferts massifs et rapides des détenus sans liens familiaux, sous obligation de quitter le territoire (OQTF) ou interdit de territoire vers des directions interrégionales moins surchargées. Ils se demandent : « Quand est-ce que le directeur interrégional va enfin prendre conscience sérieusement de l’urgence de la situation dans sa région ? Pourquoi ne propose-t-il pas des solutions d’urgence telle que le désengorgement de notre région. » Il est, selon le syndicat « révoltant de voir une majorité d’agents souffrir. Il faut stopper l’hémorragie !!! Les personnels pénitentiaires d’Occitanie tous corps et tous grades confondus sont au bord du burn-out. »
À Béziers, il manque du personnel
À Béziers, Jordan Kauffman, le représentant local de ce syndicat explique. « Oui, des détenus dorment à terre en maison d’arrêt et c’est inadmissible. Il y en a de temps en temps dans le quartier arrivant, mais à ce jour, ce n’est pas le cas. En ce qui concerne le personnel tout est très compliqué à Béziers. 31 agents sont en arrêt de maladie, il manque 27 personnels sur l’organigramme (Il y a 216 agents à Béziers). Soit un quart du personnel qui fait défaut. La conjoncture administrative n’est pas favorable car le métier n’attire pas. Des places sont ouvertes, mais personne ne se présente aux concours et cela quel que soit le niveau de recrutement. » Enfin, en réaction aux déclarations du ministre de l’Intérieur : » C’est beau d’ouvrir des prisons mais avec quels moyens en personnels. Par exemple à Béziers on vient de nous retirer 650 000 € de budget de fonctionnement. C’est beau les projets, encore faut-il pouvoir les concrétiser. »
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