Depuis le début du mois de juillet, Isabelle, la mère de Julie Duée tente de trouver la vérité. « Pas celle qui arrange la justice », parce que je ne crois pas au suicide de ma fille. Le corps de cette dernière a été retrouvé pendu, en Espagne, quelques jours après sa disparition de Béziers, le 6 juillet dernier.
« Non ! Ma fille Julie ne s’est pas suicidée. On l’a tuée. Pourquoi serait-elle allée le faire en Espagne où elle ne connaissait personne ? Dites-moi pourquoi ? Elle aimait trop ses enfants pour leur faire ça. » Isabelle, la mère de Julie Duée ne cache pas sa colère. Son incompréhension vis-à-vis des enquêteurs, de la justice.
« L’affaire a été bien trop vite classée, parce que ça arrange de faire croire que ma fille était une toxicomane. Il faut chercher et les espagnols aussi ne doivent pas se contenter du fait qu’ils l’ont retrouvé pendue. »
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Julie travaillait comme cariste
Isabelle raconte qu’elle a fait venir sa fille dans le sud de la France et qu’elle y a immédiatement retrouvé du travail. Elle était cariste dans une grande entreprise à Maureilhan. Puis, elle a, selon les dires de sa mère, rencontré un homme qui l’a fait sombrer. Julie était mère de quatre enfants dont le dernier avait tout juste un an. En fin d’année dernière, victime de coups par son conjoint, Julie, qui avait coupé les relations avec sa famille, a été hospitalisée à Béziers avec ses deux derniers enfants. Ils avaient ingéré de la drogue.
« Son compagnon, un monstre violent »
« C’est le compagnon de ma fille qui a fait ça parce qu’elle voulait le quitter. C’est un monstre, violent. Il avait même donné de la drogue à ses enfants. Il se servait de l’argent gagné par ma fille pour vivre, sortir avec d’autres femmes. L’aîné de mes petits-fils et Julie devaient aussi aller lui chercher sa drogue. C’était un enfer pour eux. » Aujourd’hui deux enfants sont donc placés et les deux plus grands sont retournés vivre chez leur père. « Ils ont peur de l’ex-compagnon de Julie. Tout comme nous d’ailleurs. Nous savons tous de quoi il est capable. Il a même été condamné à 10 ans de prison pour des faits de violence. »
Julie devait repartir, avec ses enfants, dans le nord de la France
Selon nos informations, l’ancien compagnon a été condamné devant la cour des assises du Mans en 2009 pour des faits de violences contre un SDF. La victime avait été violée avec un manche d’outil et avait eu les cheveux brûlés. L’ex de Julie n’a été condamné que pour les violences des faits commises au mois de mai 2007. Par ailleurs, il était prévu que Julie déménage dans le nord de la France pour la rentrée. Son père lui avait légué une maison qu’elle devait vendre pour s’installer avec toute sa famille en achetant un nouveau bien. » J’ai appris ça, ces jours-ci, par le père d’un de mes petits-fils qui était dans la confidence », explique encore Isabelle. « Julie ne supportait plus les menaces de mort, les coups. Il l’a fait sombrer dans la drogue en quelques mois. Tout ce qui est arrivé est de sa faute. Elle était terrorisée par cet individu. Je crois même que le placement de ses deux plus jeunes enfants a été une décision qu’elle a préféré pour leur avenir. »
Le jour où Isabelle a appris le décès de sa fille, elle assure avoir eu le sentiment que : « tout le monde était content de se débarrasser de ce dossier et de le confier aux espagnols. » En revanche, depuis le début du mois de juillet, elle n’a plus aucune nouvelle. Les seules qui lui sont parvenues sont celles du parquet de Béziers : « En l’état, y compris au vu des constatations médico-légales, les autorités Espagnoles pensent qu’il s’agit d’un suicide. Une enquête était effectivement ouverte depuis le week-end dernier diligentée par le Service interrégional de la police judiciaire de l’Hérault sous l’autorité de mon parquet, à la suite de sa disparition inquiétante, des proches ayant reçu de sa part des messages de type SMS affirmant qu’elle avait été séquestrée. »
Des SMS troublants
Les SMS envoyés à sa famille sont en effet très troublants : » Localisez-moi, s’il vous plaît. Je suis en Espagne, on m’a pris devant chez moi à Béziers ».
On lui demande d’installer une application et on lui demande aussi de répondre à quelques questions très précises auxquelles elle répond.
Comment elle était appelée elle et une amie. Ses animaux. Puis elle termine ses messages : » Plus de batterie… Je suis enfermée dans un appartement. »
Après cela plus de nouvelle jusqu’à la découverte du corps par une femme deux jours après son décès.
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