Au lendemain de la défaite des soldats roses en demi-finale face à Bordeaux (20-22), le propriétaire du Stade français Hans-Peter Wild a pris la défense de son demi d’ouverture, malheureux sur l’ultime transformation du match, avant de revenir sur la saison réussie des siens. « Nous avons arrêté de faire des choses stupides », a-t-il alors martelé.
Dans quel état d’esprit êtes-vous, au lendemain de cette défaite en demi-finale ?
Je suis fier des garçons. Ils ont exécuté ce que voulait Laurent (Labit) et se sont très bien comportés, sur le terrain. Nous avons juste manqué de chance sur le dernier coup de pied de Joris Segonds. Lui est bon garçon, qui nous a permis de remporter beaucoup de victoires, par le passé. Personne ne l’a d’ailleurs blâmé après la rencontre. Ses coéquipiers se sont même jetés sur lui pour le consoler.
On a vu ça, oui…
Au-delà du cas de Joris, le Stade français a grandi cette saison. C’est un nouveau club, aujourd’hui. Nous avons progressé dans tous les secteurs : le stade est plein, les loges aussi et on sent un regain d’enthousiasme autour de nous. Le crédit revient à Thomas Lombard qui a construit ça. (Il soupire) Ça m’a pris plus de temps que je pensais mais nous sommes sur le bon chemin. Il m’arrive même de recevoir parfois de l’argent de la part du club, ce qui est très nouveau pour moi ! (rires)
Êtes-vous d’accord avec Laurent Labit, plutôt furieux après l’arbitrage de M. Brousset ?
C’est Laurent Labit l’expert. (Il reprend en français) « J’étais déçu mais c’est le sport ». […] Le savoir, c’est Laurent qui l’a. Pour l’instant, notre attaque craint un peu mais nous allons faire quelque chose à ce sujet.
Quelle est votre relation, avec votre patron sportif ?
J’apprécie, chez notre directeur de rugby, qu’il ne fasse pas de politique. Il va droit au but et j’aime ça. Il y a eu beaucoup trop de politique au Stade français, jusqu’ici.
Trouvez-vous le jeu du Stade français ennuyeux ? C’est la critique qu’on fait généralement à votre club…
Ce qui m’amuse, c’est de gagner. Laurent a son plan de jeu et on s’y tient, voilà tout. On ne peut pas tout changer en une saison, de toute façon. Et cet été, nous avons un autre beau projet : nous déménagerons au Camp des Loges, l’ancien centre d’entraînement du PSG, pour lequel nos voisins ont dépensé des tonnes d’argent. L’endroit est superbe, vous verrez.
Vous n’avez pas fait de commentaires après les quelques heurts ayant opposé Karim Ghezal et certains joueurs du groupe, au début de la saison. Pourquoi ?
Parce que ce sont des spéculations. Personne ne s’est plaint à moi, en tout cas…
Tout le monde devrait faire ça, d’ailleurs : regardez Siya Kolisi au Racing, il n’a aucun impact…
On dit que Karim Ghezal et Paul Gustard ont des contacts avec le Lou. Les laisserez-vous partir si cela se concrétise ?
Je ne suis pas au courant. Mais si quelqu’un veut un membre du Stade français sous contrat, il devra payer. […] Pour moi, ce staff ne bougera de toute façon qu’à la marge. Un individu ou deux arriveront pour le renforcer (l’entraîneur des avants Montois, Julien Tastet, est annonce, N.D.L.R.), c’est tout.
Y aura-t-il une réorganisation du staff ?
Pour quoi faire ? Laurent est le boss du sportif, voilà tout.
Comment avez-vous convaincu Louis Carbonel ?
Moi, je n’ai rien fait. Thomas Lombard et Laurent Labit avaient une bonne relation avec lui, c’est aussi simple que ça. Le joueur n’était pas heureux à Montpellier et on le récupère aujourd’hui. Nous avons besoin d’un buteur à plus de 80 % de réussite au pied. […] Nous ne recrutons plus n’importe comment, à Paris : si un Fidjien ou un Néo-Zélandais arrivent au club, nous allons d’abord le rencontrer dans son pays pour le connaître et savoir s’il se fera au club, s’il est fait pour s’intégrer à l’équipe. Tout le monde devrait faire ça, d’ailleurs : regardez Siya Kolisi au Racing, il n’a aucun impact… […] Au départ, nous faisions des choses stupides. On dépensait de l’argent pour rien.
Vous avez mis beaucoup d’argent dans ce club…
(Il coupe) Je mets ce qu’il faut. Et je mets surtout ce qui est légal. Je respecte le salary cap parce que je ne peux pas être pris dans une histoire de fraude au sein d’un pays qui n’est pas le mien. Ce serait catastrophique pour l’image de ma compagnie. Et ça ne me ressemblerait pas, voilà tout…
Aviez-vous réellement prévu d’organiser une fête sur votre yacht, en cas de titre ?
Vous vous moquez de moi ? Il y a douze couchettes sur le bateau, comment aurais-je pu y faire dormir cinquante individus ? Ils l’auraient détruit ! (rires)
Comment voyez-vous l’avenir ?
Toulouse est un modèle et nous y parviendrons peut-être… dix ans après ma mort ! (rires)
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