Ce vendredi soir, le Stade toulousain va affronter La Rochelle en demi-finale pour une affiche qui est désormais un classique du rugby français. Romain Ntamack avait sublimé la dernière finale de Top 14 avec un essai entré dans la légende. Le demi d’ouverture toulousain évoque cette action, mais également le duel face aux Maritimes de manière un peu plus large.
Vous allez affronter La Rochelle pour la sixième fois dans une phase finale en cinq ans, qu’est-ce que cela vous évoque ?
Cela prouve la régularité des deux équipes. On a l’impression que l’un ou l’autre, pour aller au bout, il faut que l’on se croise. Il est vrai que nos destins sont étroitement liés depuis 2019. Lors de nos trois derniers titres de champion de France, il a fallu écarter La Rochelle pour aller au bout. Il va une nouvelle fois falloir les battre si on veut disputer la finale de ce Top 14.
Cinq matchs pour le moment pour cinq victoires de Toulouse : cette statistique vous offre-t-elle de la confiance avant ce nouvel affrontement ?
Très honnêtement, je ne le pense pas. Les rencontres se sont souvent jouées à rien. Elles ont toujours basculé de notre côté mais chaque match est différent. On a vu leur prestation à Toulon, c’est une très grosse équipe. Ils ont remis l’accent sur ce qu’ils savent faire de mieux et ce sera loin d’être facile.
Avez-vous été surpris de leur copie rendue à Mayol ?
Les Rochelais ont l’habitude de ce genre de matchs. Quand on connaît leurs qualités, on ne peut pas être surpris de leur performance face au RCT. Ils aiment ces ambiances hostiles comme ça l’était à Mayol. Leur expérience a parlé.
Quand on discute avec vous avant un match contre La Rochelle, nous sommes forcément obligés de penser à votre essai victorieux lors de la dernière finale de Top 14… Que reste-t-il de cette action devenue légendaire dans votre esprit ?
Cela reste un merveilleux souvenir, que ce soit pour moi ou tout le club du Stade toulousain. Néanmoins, je suis passé à autre chose. Ce qui est fait est fait. Désormais, je suis tourné vers cette demi-finale.
Près d’un an plus tard, êtes-vous capable de raconter l’action de votre essai comme si c’était hier ?
Je suis obligé de m’en rappeler tant on me l’a remontré (rires). C’était un moment merveilleux mais encore une fois, cela prouve tout ce qu’il a fallu faire pour battre cette équipe de La Rochelle. Lors de mon essai, c’est l’une des seules fois que nous avions réussi à les faire reculer dans cette finale. Eux n’ont certainement pas oublié ce scénario et auront soif de revanche vendredi soir.
Vous en reparle-t-on souvent ?
On m’en a énormément parlé oui ! Juste pour l’anecdote, même si cet essai leur a fait mal, de nombreux supporters rochelais m’ont envoyé des messages de soutien quand je me suis blessé au genou l’été dernier. Ça m’a vraiment fait chaud au cœur et je les en remercie. À Toulouse, nous avons beaucoup de respect pour cette équipe de La Rochelle et ses supporters. Et je pense que c’est réciproque. Pour revenir à mon essai, ça va être un des sujets de la semaine, c’est certain.
Allez-vous regarder cette finale 2023 avant le match de vendredi soir ?
Je ne pense pas. Cela ne servirait pas à grand-chose. Le contexte est différent, les équipes ne seront pas forcément les mêmes… Il y a trop d’éléments qui changent pour regarder la rencontre et en tirer des conclusions. On ne va pas se servir de cette finale pour analyser ces Rochelais, mais plutôt de leurs dernières sorties.
Comment sentez-vous le groupe physiquement ?
Je sens l’équipe très bien. Nous sommes partis en stage à Faro au Portugal la semaine dernière et nous avons travaillé très dur. On essaie de préparer au mieux la demie pour être à la hauteur de l’évènement. Personnellement, je me sens frais. Sur les entraînements, il y a de l’intensité et je me sens bien. Il va falloir le démontrer vendredi.
Comment va votre genou ?
Il va bien aussi. Cela fait trois semaines que je ne mets plus le strap aux entraînements. Je pense le garder sur les matchs jusqu’à la fin de la saison mais je souhaitais l’enlever aux entraînements pour m’y habituer afin de commencer la saison prochaine sans rien sur le genou.
À quoi sert ce strap au juste ?
Je ne pense pas qu’il soit d’une grande utilité au niveau médical. Il est surtout là pour me rassurer et me permettre de ne pas penser à mon genou pendant mes matchs. Et comme j’ai repris avec, je vais finir la saison avec. Je n’ai pas envie de me prendre la tête à ce niveau-là.
Vous avez remporté la Champions Cup il y a trois semaines. Ce titre est-il déjà derrière vous ?
On en a bien profité pendant une semaine. Il fallait évacuer cette joie de remporter une nouvelle Champions Cup. Désormais, on est pleinement plongé dans le Top 14. Cela fait deux semaines qu’on s’entraîne avec le bouclier de Brennus en tête et j’ai l’impression que notre sacre face au Leinster était il y a six mois. Nous n’avons pas oublié ce titre. Nous avons seulement envie de réaliser le doublé. Pour cela, il faut remporter cette demie pour s’offrir une finale et la possibilité de gagner ce Top 14.
.

