Séquestré et extorqué entre Montpellier et Béziers : la nuit de cauchemar d’un étudiant sur fond d’achat de cocaïne

Quatre ans de prison ferme pour l’un, 18 mois pour l’autre, avec mandat de dépôt : deux Biterrois de 35 et 58 ans ont été condamnés mardi 7 mai par le tribunal correctionnel de Montpellier, pour ces faits commis dans la nuit du 30 mars au 1er avril dernier.

Nuit de cauchemar, pour cet étudiant montpelliérain et sa famille, les 31 mars et 1er avril dernier. Le jeune homme de 19 ans, en contact avec un dealer pour acheter de la cocaïne, va se retrouver retenu de force dans une voiture à Montpellier, emmené à Béziers, puis séquestré dans un appartement. Là, il devra livrer ses codes bancaires pour effectuer des virements, puis appeler son père pour lui demander de verser la somme de 10 000 €. « Une question de vie ou de mort », lui explique-t-il au téléphone, terrorisé.

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Message d’intimidation le jour de l’audience

L’enquête de police permettra d’identifier et d’interpeller les mis en cause, deux Biterrois. L’un, âgé de 35 ans, placé en détention provisoire. L’autre, 58 ans, sous contrôle judiciaire. Mardi 7 mai, ils comparaissaient devant le tribunal correctionnel pour répondre d’enlèvement, séquestration, extorsion par violence, menace ou contrainte et violence aggravée. Et pour l’un d’entre eux, « d’acte d’intimidation pour déterminer une victime à ne pas porter plainte ou à se rétracter », suite à un message reçu quelques jours après les faits.

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Ce climat de crainte pèse encore, à l’audience. L’étudiant n’est pas venu. Il a même failli renoncer à se constituer partie civile, précise son avocat, Me Luc Abratkiewicz. Ce dernier montre au tribunal un message glaçant que son client a reçu le matin même. Il y est écrit : « On espère pour toi qu’ils vont pas prendre beaucoup. Comme la mort, on n’oublie personne. » Le père, lui aussi partie civile, est venu témoigner. « C’est dur de revivre cette nuit apocalyptique », déclare-t-il. Une nuit au cours de laquelle il fera deux virements de 6 500 € et 3 500 € (seul l’un d’entre eux est arrivé sur le compte d’un des ravisseurs), avant d’aller récupérer son fils à Valras-Plage, où il a été relâché.

Piégé dans la voiture

L’étudiant a expliqué aux enquêteurs que le soir des faits, son fournisseur arrive en voiture devant chez lui, quartier Antigone, vers 21 h 30, accompagné d’un individu plus âgé. Tous deux l’invitent à monter à bord, sous prétexte de leur indiquer le chemin d’une station-service. Mais le conducteur s’engage sur l’A9, direction Béziers. Extorsion, coups de poing. Le dealer retire des mains du jeune homme le couteau qu’il a sorti pour se défendre. La main en sang, celui-ci tente de tirer le frein à main. Au volant : le prévenu de 58 ans, gérant d’un hôtel à Béziers.

À la barre, il se détache des faits : « Je n’ai pas compris pourquoi ça dégénérait. » Le président Aurélien Vitrac l’interroge sur ce pistolet (factice) qu’il pointe vers la victime dans la voiture. « C’est un jouet que mon neveu avait oublié », dit-il. « J’ai pris la première chose que j’ai trouvée, j’étais fâché qu’ils se battent avec un couteau. » La séquestration de l’étudiant dans son appartement ? « Il était pas en stress, il mangeait des bonbons ! Je lui ai soigné sa main et lui ai proposé de l’emmener aux urgences. »

Il évoque une dette de cocaïne

Dans le box, l’autre prévenu, au lourd casier judiciaire, assure que les 10 000 € correspondent à une dette de cocaïne.« Vous lui auriez avancé pour 10 000 € de cocaïne ? Vous nous prenez pour des truffes ! », s’exclame Me Abratkiewicz, rappelant que ces faits étaient passibles de la cour d’assises. Il dénonce un piège crapuleux. « Ce gamin a trop parlé de la situation de son père, il a voulu trop briller. » Dans les prévenus, il voit « des gens sans remords, sans regrets ». Me Grégoire Mercier, l’avocat du plus jeune, soutient la possibilté d’une dette de 10 000 euros accumulée par l’étudiant, qui aurait fait de la revente pour financer sa consommation personnelle. Pour Me Mathieu Montfort, l’avocat du conducteur de la voiture, « ce dossier, ce n’est pas l’histoire de deux voyous assoiffés de sang qui viennent chercher une pauvre victime. »

Des peines de 4 ans et 18 mois ferme

Pour la procureure, la séquestration et l’extorsion sont avérées. « On est sur des faits criminels », constate-t-elle aussi. À l’encontre du dealer, elle requiert 5 ans de prison, dont deux avec sursis, et pour le conducteur de la voiture, au casier vierge, deux ans dont un avec sursis, aménageable. Le tribunal est allé au-delà. Il a condamné le premier à 4 ans ferme, et deux ans de plus en cas de violation de l’interdiction de contact avec la victime. Le second écope de 30 mois de prison, dont 18 ferme, avec mandat de dépôt. Arrivé libre à l’audience, il a été arrêté à la barre et incarcéré.

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https://www.midilibre.fr/2024/05/09/sequestre-et-extorque-entre-montpellier-et-beziers-la-nuit-de-cauchemar-dun-etudiant-sur-fond-dachat-de-cocaine-11938199.php

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