Couvre-feu pour les enfants seuls : ce qu’en pensent les Biterrois

À la suite de l’instauration d’un couvre-feu pour les moins de 13 ans, Midi Libre s’est rendu à la rencontre des habitants de Béziers pour recueillir leur opinion sur cette nouvelle mesure.

L’annonce s’ébruite peu à peu dans le centre-ville de Béziers. À partir de ce lundi 23 h, dans certains quartiers de la ville, les enfants de moins de 13 ans ne seront plus autorisés à sortir seuls entre 23 h et 6 h du matin. Pour certains habitants, cette mesure est accueillie favorablement : «  Il y a deux ans, lors de la Feria de Béziers, j’ai été agressée par des mineurs en bande« , explique Alicia, 22 ans. « Ils avaient au maximum 12 ans et mon copain a reçu un coup de couteau par l’un d’eux. Cette mesure pourrait contribuer à résoudre ce type de problème« .

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Pour certains parents, laisser leurs enfants se déplacer seuls le soir était déjà impensable bien avant les annonces du maire. C’est le cas de Marion, 27 ans, maman d’une petite fille de 11 ans, qui soutient pleinement cette mesure : « Je trouve ça très bien de mettre un tel dispositif en place. Les enfants n’ont pas à être dehors tout seuls. Que ce soit après 23 heures ou même après l’école« . Marion va plus loin : « Le grand problème aujourd’hui, ce sont les réseaux sociaux. Les enfants de 13 ans aujourd’hui paraissent en avoir 20 et ils agissent en conséquence« .

« Le cœur du problème ne va pas s’arranger avec un couvre-feu »

Driss Bouhaja, président de l’association pour l’Amitié franco-marocaine, s’investit dans les associations locales et se rend depuis plus de 35 ans dans les quartiers prioritaires en tant qu’animateur et éducateur. Selon lui, « le cœur du problème ne va pas s’arranger avec un couvre-feu« . Ce qu’il préconise, c’est davantage de dialogue entre les familles, les associations de quartiers et les professeurs. Au fil des années, il a constaté la détresse de certaines familles et les défis rencontrés dans l’éducation des enfants : « Des parents peuvent se retrouver démunis dans l’éducation de leurs enfants. Il faut les aider ».

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Selon lui, les champs d’action à prioriser sont : l’éducation, le respect et le dialogue. Cela passe notamment par plus de moyens financiers alloués à la création d’infrastructures : théâtres, cinémas, salle de sport, etc. Il rappelle que « ces jeunes, ce sont eux les hommes de demain« . Et que nous sommes « tous responsables« .

https://www.midilibre.fr/2024/04/22/couvre-feu-ce-quen-pensent-les-biterrois-11906465.php

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