Le chef de la police municipale de Bessan, dans le Biterrois, sera-t-il condamné pour corruption passive ?

Prévenu de « corruption passion », le chef de la police comparaissait lundi 11 mars devant le tribunal de Béziers, aux côtés d’une ancienne collègue, toujours policière municipale dans un village du Biterrois et du compagnon de celle-ci. Le jugement a été mis en délibéré pour le 25 mars. 

Deux des trois prévenus qui comparaissent libres ce 11 mars devant  le tribunal de Béziers risquent gros. Le premier, celui par qui tout a commencé, est un Florensacois de 46 ans poursuivi pour « escroquerie, vol avec destruction ou dégradation, faux dans un document administratif (…), usage de faux (…) et « menace de délit ». La décision du tribunal ne le sanctionnera pas autant que ses acolytes présumés.

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En premier lieu, le chef de la police municipale (PM) de Bessan, qui doit répondre de « corruption passive ». Puis l’ancienne collègue et amie de ce dernier, policière municipale aujourd’hui dans une autre commune du Biterrois, poursuivie pour « complicité de vol et blanchiment aggravé »,  compagne du premier prévenu.

Si le tribunal le décide, ces deux derniers risquent de perdre leur travail, leur métier. « Une mise à mort professionnelle », comme l’ont qualifiée les avocats des deux représentants de l’ordre. Mais pour être fixés, les auteurs présumés vont devoir patienter jusqu’au 25 mars, date à laquelle la décision sera rendue. 

Les prévenus nient en bloc les faits reprochés

L’histoire, résumée par le président Christophe Rolland, commence donc par le Florensacois qui achète, répare et revend des voitures. Il établit même des cartes grises sur demande. Et des factures. Tout cela sans avoir de société, sans être inscrit au registre du commerce. L’argent issu de ses transactions va sur le compte de sa compagne : la policière municipale. Plus précisément, sur l’un de ses sept comptes. Mais celle-ci dira qu’elle pensait n’en avoir qu’un, que les autres sont d’anciens comptes.

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La situation aurait pu en rester là. Mais deux « clients » du « vendeur de véhicules » présumés (parties civiles dans ce procès, absentes ce 11 mars) portent plainte pour vol de voitures. Puis, dans un second temps, l’un des deux plaignants dépose une nouvelle plainte contre, cette fois, le directeur de la PM. Il l’aurait appelé pour lui proposer 13 000 € afin de retirer sa plainte. Il lui aurait aussi promis un contrat pour un marché (le prévenu a une entreprise de sécurité) dans son village, et l’aurait menacé de renvoyer son cousin, policier municipal sous les ordres du directeur poursuivi. Ce dernier aurait organisé un repas chez lui, invitant ce cousin et sa compagne, pour, entre autres, obtenir le numéro de téléphone du Florensacois. Objectif, annoncé par le chef de la PM ? Il voulait « arranger l’affaire », mais celle-ci a pris une mauvaise tournure et il se serait vite retiré, dira son conseil. 

Parole contre parole

Un troisième plaignant entre en jeu, lui aussi absent lors de l’audience : des factures tamponnées au nom de son ancienne société (l’homme est retourné vivre au bled) auraient été éditées par le prévenu, sans qu’il n’en sache rien.

Les trois prévenus nient en bloc les accusations. Ils indiquent tous ne pas comprendre les plaintes, les accusations, leur comparution…

Pour le procureur David Durand, la réalité n’est pas celle affichée et narrée à la barre. Pour le Florensacois, il requiert une requalification des faits en « tromperie » , et non « escroquerie », et demande 12 mois de prison avec sursis ; pour sa compagne, 6 mois avec sursis, 5 ans d’interdiction d’exercer une mission de service public : « On est bien ici sur une activité économique non déclarée et de l’argent viré sur un de ses comptes. Le blanchiment est constitué ». Pour le chef de la PM de Bessan, il requiert une peine d’emprisonnement  de 12 mois avec sursis, également une interdiction de la fonction publique pendant 5 ans : « Vous êtes chef de la police, vous n’intervenez pas » dans ce type d’affaire. 

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Les avocats des victimes présumées ont tous plaidé la relaxe de leur client. « Au parquet à faire la preuve des infractions et délits reprochés », a lancé le conseil du chef de la PM, pour qui l’intervention de son client dans cette affaire est juste « une aide à un ami ». « Il n’y a eu aucune pression sur quiconque. » Il rappelle que l’un des plaignants, celui qui a porté plainte contre son client, est actuellement  en détention pour extorsion aggravée. 

Décision donc dans dix jours.

https://www.midilibre.fr/2024/03/15/le-chef-de-la-police-municipale-de-bessan-dans-le-biterrois-sera-t-il-condamne-pour-corruption-passive-11821122.php

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