“Je ne vous cache pas, que nous allons amener la nuit prochaine des matelas car dormir à même le sol avec un simple duvet ce n’est pas très appréciable” explique Sophie Tarbouriech ce mardi. Cette habitante de Prémian, au nord de Béziers, vient de passer une première nuit dans la mairie de ce village d’un peu plus de 1.100 âmes.
Lundi soir, une poignée d’habitants était à ses côtés pour réclamer la démolition des travaux réalisés illégalement par un voisin. Cette occupation illégale, mais tolérée par la mairie, a débuté lundi. Les habitants avaient déjà occupé le bâtiment en septembre dernier
Elle avait été envisagée ce mardi. « Mais le maire Roland Coutou, qui avait eu écho de notre intention m’a appelée pour nous dire qu’il allait fermer la mairie ce mardi ». Les riverains ont donc anticipé cette mobilisation de 24 heures et n’ont pas l’intention d’en partir. « Nous y resterons autant que nécessaire« , explique l’un d’eux. Sophie Tarbouriech, voisine la plus proche, impactée par cette construction, et d’autres riverains ont reçu le soutien d’une partie de la population.
La manifestation prévue à 14h devant la mairie est maintenue.
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« Voilà neuf ans que ça dure »
Les travaux polémiques datent de 2015. L’agrandissement d’une maison a été jugée illégal par la justice. ”En novembre dernier, le sous-préfet a pris un arrêté de mise en conformité », explique Sophie Tarbouriech. « Le propriétaire avait jusqu’à mi-décembre pour le faire, ce n’est toujours pas le cas. Malgré les astreintes, rien ne bouge. Depuis le mois de décembre, le propriétaire des lieux a une astreinte de 100 € par jour. Il ne payera jamais. »
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“La situation n’a que trop duré… Voilà neuf ans que cela dure, neuf ans que l’on se bat. Neuf ans que cette réhausse à plus de huit mètres impacte notre quotidien. Il y a des risques d’éboulement à cause des malfaçons » explique-t-elle. « Je ne vois plus le soleil », ajoute Patrick Gil un autre voisin proche qui a lui aussi passé la nuit dans la mairie.
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Les travaux de démolition et de mise en conformité ont été estimés à 230.000 euros par un expert, 153.000 sont à la charge du propriétaire de la maison, mais il s’est déclaré insolvable, 60.000 à la charge de l’architecte et les 20.000 restants à l’État.
Une grève de la faim envisagée
“Ce mardi soir, j’entame une grève de la faim » conclut Sophie Tarbouriech. « Je ne vais pas en rester là. J’attends que le sous-préfet vienne en personne à notre rencontre en mairie nous écouter, comprendre ce que l’on vit, qu’il vienne sur place pour se rendre compte par lui-même. Ce n’est plus possible. Nous sommes excédés. »
La députée RN de l’Hérault Stéphanie Galzy (5e conscription) aurait fait part de son intention de venir sur place ce mardi soir vers 20h à son retour de Paris. En l’absence du maire de Prémian, des adjoints essaient de calmer la colère des riverains. Ce mardi au petit matin, des gendarmes étaient sur place.
Aucune plainte n’a été déposée par la mairie pour occupation illégale des locaux. « Le maire nous a fait comprendre qu’il tolérait cette occupation, qu’il n’avait pas l’intention de porter plainte si nous respections les lieux. Nous ne sommes pas ici pour casser. Juste qu’on nous écoute, qu’on trouve une issue la plus rapide. »
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