François-Xavier Lauch, nouveau préfet de l’Hérault, en poste depuis quelques mois, est l’invité de France Bleu Hérault.
France Bleu Hérault : Quand vous avez accepté notre première invitation au lendemain de votre prise de fonction, on avait tenté de vous baptiser « le préfet TGV ». Est-ce que ce surnom a pris ?
François-Xavier Lauch : En tout cas je constate que vous insistez ! Dans mes équipes à la préfecture, il a sans doute pris parce que mes agents constatent qu’effectivement, quand j’ai une idée, je la mets en place assez rapidement.
Vous aurez bientôt 42 ans. Vous êtes sûrement l’un des plus jeunes préfets que l’Hérault ait connu. La jeunesse, pour vous, c’est un avantage ou un handicap ?
C’est un avantage. On est frais, on peut aller vite. D’ailleurs, le ministre de l’Intérieur est plus jeune que moi. Ce n’est pas parce qu’on est jeune qu’on n’a pas d’expérience. J’ai été sous-préfet à 25 ans. J’ai déjà une petite expérience et je ne me pose pas la question tous les jours.
Outre votre parcours préfectoral qui est déjà riche, vous avez été le tout premier chef de cabinet d’Emmanuel Macron quand il a été élu président de la République en 2017. Ce président qui ne dort que quelques heures par nuit, il vous a épuisé au point de fuir le palais de l’Élysée ?
Alors non, non. Je n’ai pas fui le palais de l’Élysée. J’y ai passé trois ans et demi. J’ai considéré à un moment que c’était suffisant parce que je fais partie de ces personnes qui pensent qu’il ne faut pas passer trop de temps dans une fonction.
Justement, il fait quoi le chef de cabinet du président de la République ?
Il fait trois choses. Il gère l’agenda du président. En tous les cas, il essaye. Il essaie d’avoir l’idée du prochain déplacement, il le prépare sur le terrain, il accompagne le président de la République dans les déplacements. Donc moi, j’ai essayé d’avoir en début de quinquennat des idées un peu nouvelles pour les déplacements du président de la République. Ça m’a amené à faire des déplacements sur plusieurs jours, une itinérance mémorielle, à organiser des grands débats au moment des gilets jaunes. C’était une époque un peu particulière. Puis la troisième fonction, qui est méconnue, c’est que je suis la personne qui répond aux lettres des français à la place du président. Je pense qu’il y a trois millions de Français à peu près qui ont trouvé ma signature sur les courriers avec lesquelles on leur a répondu.
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« J’ai beaucoup appris de l’affaire Benalla »
Quel est votre meilleur souvenir de ces trois ans comme chef de cabinet d’Emmanuel Macron ?
C’est sans doute la partie mémorielle de l’activité du président de la République, des préparations de panthéonisation, des défilés du 14 juillet où en tant que chef de cabinet, vous êtes à la frontière de l’histoire du pays et de la réalité. C’était un peu étourdissant. Il y a des petites choses que j’ai décidé qui sont rentrées dans l’histoire parce qu’il y a eu derrière des images d’un président de la République qui faisait telle ou telle chose. Donc vous avez le sentiment de côtoyer finalement l’histoire qui est en création. J’en garde un souvenir absolument merveilleux.
Et votre moins bon souvenir ? L’affaire Benalla peut-être ?
Ah non, pas du tout.
Cela a beaucoup secoué l’exécutif quand même…
Oui c’était mon adjoint. Ce n’est pas un bon souvenir évidemment. Je considère avoir fait ce que j’avais à faire. J’ai porté plainte contre Alexandre Benalla parce qu’il a fait un faux à ma signature. J’ai d’ailleurs gagné au tribunal contre lui. Ça m’a appris des leçons en matière de management. Mais non, ce n’est pas ça mon plus mauvais souvenir. Mon plus mauvais souvenir c’est quand j’ai accueilli le président au retour d Argentine et que nous l’avons amené à l’Arc de Triomphe, complètement détruit après le premier week end des gilets jaunes. Ça, c’est un très mauvais souvenir.
Des questions un peu plus personnelles maintenant, si vous me permettez. Je crois que vous êtes jeune papa ?
Oui, tout à fait.
Alors soyez franc et honnête. Quand on est préfet, est-ce qu’on se lève quand même la nuit pour donner le biberon ?
Oui. Mais maintenant c’est terminé parce que mon jeune fils Oscar a maintenant un an et trois mois. Mais je l’ai fait. D’autant plus que sa maman a une activité professionnelle à Paris trois jours par semaine. Quand ele n’est pas là, j’en ai la charge. Alors avec une nounou que nous avons à domicile. C’est un vrai bonheur d’être seul avec mon fils trois jours par semaine.
Quelle est votre principale qualité ?
Elle est liée sans doute aux valeurs des paysans limousins que sont mes ancêtres. C’est l’acharnement, le fait que je ne lâche rien. Mais très souvent avec le sourire. Mais quand j’ai une idée en tête, je n’abandonne pas.
Et votre principal défaut ?
C’est peut être d’avoir des jours avec et des jours sans. Et donc, comme toute personne, parfois le moral est bon et parfois moins bon. Et quand il est moins bon, eh bien voilà, il ne faut pas trop me chatouiller et venir me voir ce jour là. Il faut me laisser tranquille et sinon, ça part assez vite.
Est-ce qu’un préfet a le temps de lire ? Et si oui, quel est le livre qui est sur votre table de chevet en ce moment ?
Mon secrétaire général en préfecture m’a passé le tome deux d’un roman qui a été écrit sur Romain Gary. Je suis passionné par la lecture de Romain Gary. Je crois avoir lu à peu près tout sur lui.
« Je n’aime pas les cadeaux utiles ! »
On est en pleine période des cadeaux. Quel est le cadeau que vous n’aimeriez surtout pas qu’on vous fasse à Noël ?
Moi, j’aime pas les cadeaux utiles. Sans doute mon épouse va m’en faire un. Une chemise ou une cravate, le genre de choses que je mets tous les jours. J’ai envie de m’évader à Noël.
Quand vous n’avez pas le costume cravate, vous portez quoi ? Pulls de Noël ou tee-shirts universitaires ?
Ça peut m’arriver de porter des pulls de Noël. Ce matin, on m’a offert un très beau tee shirt de la police nationale. Donc je pense que je le mettrai le week end. Moi, je suis quelqu’un de simple. Le week end je mets un gilet, des baskets, un polo et ensuite, vous me voyez comme ça dans les rues de Montpellier.
Quel est le cadeau que vous vous avez fait un jour et dont vous êtes le plus honteux ?
Peut être des cadeaux utiles justement que j’ai fait à mes parents quand j’étais jeune. On se creuse pas assez la tête. On les achète au dernier moment. Or ça mérite réflexion. Car la vie est dure en ce moment. On allume la télé et on voit toutes ces tragédies. On a besoin de se retrouver en famille. En plus, ça aide nos amis commerçants des petits ou des gros cadeaux qui font plaisir à nos proches. C’est vraiment une période importante et vraiment je souhaite à tout le monde de pouvoir le faire.
Pour terminer, j’ai bien compris que « le préfet TGV » ça n’avait pas vraiment pris. Mais du coup, dans l’intimité ou parmi vos amis, on vous a donné un autre surnom, qui est resté celui-là ?
Tout le monde m’appelle FX, pour François-Xavier. François Xavier c’est trop long pour tout le monde. Il y a peut être d’autres surnoms, mais fort heureusement, je ne les connais pas.
Et bien merci Merci FX Lauch !
Bonne fêtes à toutes et à tous !
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