“Cette agression me fait penser aux scènes cinématographiques plutôt violentes d’Orange Mécanique de Stanley Kubrick”. Dans ses réquisitions, Christian Daudens, le substitut du procureur, résume en quelques mots le calvaire vécu par un retraité de 63 ans à son domicile à Béziers. Ce handicapé mental a été frappé au visage à de multiples reprises avec un club de golf le 4 novembre dernier.
Les coups portés sur l’ensemble du corps ont été si violents (et répétés) que l’équipement en métal a fini par se tordre. 45 jours d’ITT ont été prononcés.
Malgré son âge, la victime en fait à peine 10 en raison à cause son handicap mental. Ce Biterrois a été si traumatisé qu’il lui est impossible de se rendre au tribunal de Béziers ce mercredi 13 décembre, alors que son agresseur explique difficilement cette violence : “Je n’ai pas réussi à me maîtriser” explique ce sans-domicile-fixe de 33 ans originaire d’Ariège. “Je suis allé chez lui parce qu’il m’avait demandé de venir pour récupérer un chauffage d’appoint. Mais il a cassé mon téléphone portable. J’ai été dans une colère noire. Je ne me suis pas contrôlé et je me suis emporté”.
La victime a été attachée, pieds et mains liés sur une chaise avec du scotch, sa bouche bâillonnée pour que ses cris n’alertent par les voisins. Des traces de sang ont été retrouvées dans nombreuses pièces de la maison.
“Mon client a vécu un véritable calvaire” explique son avocate. “Il est si traumatisé qu’il ne veut plus retourner chez lui. C’est pourtant le seul endroit où il se sentait bien. Cette maison appartenait à ses parents. Aujourd’hui il ne veut plus y mettre les pieds ».
L’agresseur a-t-il seulement prémédité son acte ? Ce jour-là, il s’est présenté avec la réplique parfaite d’une arme semi-automatique en plastique.
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« Je suis reparti avec sa voiture pour apprendre à conduire »
« Vous rendez-vous compte de votre violence ? Pourquoi autant de sauvagerie ? Ce monsieur a été sacrément amoché » lâche la présidente du tribunal. « Non. pas vraiment au départ. Ensuite, il a beaucoup saigné notamment au niveau l’arcade. Je me suis dit que j’étais peut-être allé un peu loin… »
« Ce monsieur n’est pas très riche (NDLR : 630 euros de retraite). Pourquoi être allé chez lui ? Pourquoi être reparti avec sa voiture alors que vous n’avez pas le permis de conduire ? » demande la présidente. « Je voulais tout simplement apprendre à conduire », répond le prévenu.
« J’ai eu subitement une haine contre lui »
L’expertise réclamée démontre que cet homme déjà placé sous curatelle souffre de troubles psychiatriques, de déficience intellectuelle et d’une altération du discernement. « En temps normal, je ne suis pas violent. J’ai besoin d’être occupé. De travailler. Je m’emporte quand je ne fais rien. Je n’ai pas besoin de médicaments pour me soigner. Les cachets, je ne les prendrai pas. D’habitude je ne suis pas comme ça » explique-t-il.
Déjà condamné à neuf reprises pour menaces, outrage, violences, vols et port d’arme
« Mon client souffre de nombreuses contusions » dit l’avocate de la victime. « Il est sorti du centre hospitalier. Aujourd’hui, il est dans un centre de rééducation. Son traumatisme est immense. Cette agression est traumatisante. »
Le prévenu est décrit par le parquet comme capable d’une violence extrême et d’une dangerosité criminologique. « Il refuse de se soigner. Ce qui le rend particulièrement inquiétant » dit Christian Daudens. Le ministère public réclame trois ans de prison « pour protéger la société et lui laisser le temps de se soigner ».
Le trentenaire, reconnu coupable, est condamné à 5 ans de prison dont la moitié avec sursis, une obligation de soins, de travailler, d’indemniser la victime. Il est parti purger sa peine à l’énoncé du jugement.
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