Il y a un peu plus d’une semaine, l’association de protection des animaux One Voice mettaient en ligne une vidéo pour dénoncer des actes de maltraitances dans le gîte « L’Arche de Noël » à Béziers. Des chiens laissés dans leurs excréments, des cages exiguës, des animaux qui ne voient jamais la lumière du jour. L’association dénonçait aussi le trafic d’animaux avec de la reproduction organisée sur le site avec des animaux revendus sous le manteau sans déclaration, sans vaccination.
Plusieurs plaintes ont été déposées par One Voice et d’autres associations de défense des animaux depuis plusieurs années sans que le parquet ne donne jamais suite.
Mais la médiatisation de la vidéo a fait bouger les choses. Ainsi ce jeudi matin, les forces de l’ordre son intervenues dans le gîte avec le soutien de plusieurs associations pour faire évacuer les animaux. Le gérant, qui nous avait expliqué la semaine dernière que tout était en règle, a été placé en garde à vue.
Au total 80 chiens ont été récupérés, mais aussi des tortues, des oiseaux et des serpent (25 au total). Ils ont été pris en charge par la SPA de Béziers et de Montpellier. Le propriétaire du gîte a pu prouver qu’il était légalement propriétaire de certains animaux qui ont donc été laissés dans le gîte, deux salariés sont encore sur place pour s’en occuper.
L’association One Voice se félicite de cette opération de police tout en regrettant qu’il ait fallu autant de temps pour que le propriétaire soit enfin arrêté. « C’est un soulagement pour les animaux qui vont être secourus aujourd’hui. Cet homme, ce tortionnaire, va arrêter ses activités. Mais il aura quand même fallu 42 ans et une enquête qui sorte dans les médias pour qu’on en arrive là. Alors que tous les protecteurs qui sont dans la région dénoncent depuis tant d’années. Comment se fait il que cette affaire ait duré aussi longtemps et que personne ne soit intervenu avant ? « explique Muriel Arnal, présidente de l’association One Voice.
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« Nous serons parties civiles pour que cet homme ne puisse plus jamais s’occuper d’animaux »
« On pense aussi aux adoptants qui se disaient « je viens adopter, là je fais une bonne action » et qui en fait alimentaient un trafic. Tout est choquant dans cette affaire. Le fait qu’il se fasse passer pour un refuge, les conditions de détention des animaux, mais le traitement également. La dernière fois que nos enquêteurs y sont retournés, en quelques secondes, ils avaient déjà frappé les animaux. Tout était étalé au grand jour. Il suffisait de s’intéresser au cas et il suffisait aux autorités d’intervenir. On espère que pour les prochaines fois, ce sera différent. Nous serons partie civile. Nous avons des heures et des heures d’images puisque une personne a été infiltrée là-bas pendant des mois et nous espérons surtout que cet homme aura une interdiction de détenir des animaux et de toute activité avec des animaux. »
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Eric Sanchez, éducateur canin, a été appelé en renfort mercredi pour participer à la capture des animaux. Il connaissait la réputation du refuge, mais a été malgré tout surpris par l’état sanitaire des lieux et des animaux. « C’est une décharge. Toutes les installations sont complètement vétustes, les chiens sont dans la terre ou sur du carrelage et rien n’est nettoyé. Je suis à peine entré que déjà, j’étais couvert de merde. Il y avait de la merde partout. Rien qu’au portail, on sent déjà l’odeur. Et avec tout un tas de bric à brac, ça ressemblait à une décharge. «
« Tous les chiens voulaient sortir, on voit que personne ne les sort pour les promener »
« Il y avait 80 chiens qu’on a sortis un par un. Il n’y avait pas de grosses blessures, de gros signes de maltraitance, mais la chose flagrante, c’est que tous les chiens voulaient sortir. Parce que je pense que dans ce refuge, si on peut appeler ça un refuge, personne ne sort les chiens pour les promener, et puis là, on voit qu’il n’y a pas de suivi vétérinaire. Tout le monde a été un peu choqué de voir dans quel état étaient les chiens. C’est la tristesse de se rendre compte qu’il existe encore des lieux comme ça et en plus connus. Après, je comprends, au niveau légal, c’est très très compliqué de faire bouger les choses. Mais c’est triste de voir ça. »
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Des cadavres de chiens découverts dans des sacs plastiques en 2019
Dorothée, ancienne enquêtrice, a été une des premières a dénoncer les dysfonctionnements de ce refuge. En 2019, elle avait même découvert des cadavres de chiens dans des sacs plastiques, elle s’en est remis difficilement. « Quand je suis entrée dans le charnier, que j’ai ouvert les sacs, il y a des choses qui m’ont coulé sur les jambes et cette odeur, on l’oublie pas. Pendant trois semaines, j’en ai été malade, j’en ai pas dormi. »
« Moi qui suis biterroise de naissance, on a toujours entendu qu’il y avait des problèmes dans ce refuge. Moi, je l’ai dénoncé auprès de la DDPP en 2018-2019, il y a eu un dépôt de plainte. La SPA de Montpellier a été la seule à me suivre, mais ça n’a pas abouti. S’il y a eu une intervention, c’est que d’autres personnes que moi ont glané des informations. Il était temps. On ne peut être que contente et soulagée. »
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