Les sapeurs-pompiers de l’Hérault sont mobilisés depuis mardi en fin de matinée sur deux incendies autour des communes de Gignac, Saint-Bauzille-de-la-Sylve et Aumelas. Deux feux qui se sont rejoints. Le feu est stabilisé depuis 23 heures mardi soir, 650 pompiers restent mobilisés (500 de l’Hérault et 230 d’autres départements arrivés en renfort) avec les moyens aériens, cinq Canadair et un avion Dash sont mobilisés ainsi que deux avions de la cellule départementale des pompiers de l’Hérault.
Mille hectares ont été parcourus et entre 850 et 900 hectares de végétation ont brûlé. L’inquiétude concerne toujours le vent qui va toujours souffler ce mercredi à 60 km/h.
L’incendie est particulièrement difficile d’accès. Ce ne sont pas des pins qui brûlent comme en Gironde, mais des chênes verts et de la garrigue.
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Le feu ne progresse plus
Le SDIS de l’Hérault a repris les largages à 7h ce mercredi matin avec les trois avions de la cellule départementale de lutte contre les incendies. Il n’y aura pas d’appuis des moyens aériens nationaux de la base de Sécurité civile de Nîmes, les Canadair sont réquisitionnés pour les Bouches-du-Rhône et le Var, deux départements placés en risque incendie très élevé.
« Le feu ne progresse plus« , indique Jérôme Bonnafoux, responsable de la communication du SDIS34 ce mercredi matin. L’incendie s’est stabilisé mais « il n’est pas encore fixé« , précise-t-il. « Il faut encore sécuriser deux lisières qui font plusieurs kilomètres, on veut les sécuriser avant que le vent ne se lève« , ajoute Jérôme Bonnafoux.
La nuit a été longue pour les pompiers
L’attention s’est portée sur la partie ouest et sud de Saint-Paul-et-Valmalle, où les habitants les plus exposés ont été invités à se confiner. Les populations concernées ont dû se protéger des fumées générées par l’incendie en se mettant à l’abri et attendre la dispersion du nuage. Les pompiers ont évité que les flammes sautent l’A750 mardi soir au niveau de la commune.
Pour le sous-préfet de Lodève, Eric Suzanne, « notre priorité a été atteinte : protéger les biens et les populations, personne n’a été blessé et aucune habitation n’a été détruite »
Les pompiers luttent sur plusieurs fronts. D’abord le village d’Aumelas où il a fallu protéger deux lotissements, une trentaine de maisons. 280 personnes ont été évacuées dont plus d’une centaine du domaine du Château Bas où se déroulait un mariage franco-brésilien. Les uns ont pu être logés chez des proches, d’autres à la salle de fêtes de Vendémian et au centre équestre les Trois Fontaines.
Il y a eu de l’inquiétude aussi mardi soir du côté des Causses d’Aumelas où se trouvent deux lignes à très haute tension de 400.000 volts et 225.000 volts qui alimentent le département. Les pompiers ont travaillé en concertation avec RTE, réseau transport d’électricité et sont parvenus à les sécuriser dans la nuit.
Un poste de commandement avancé a été installé sur la commune de Saint-Bauzille-de-la-Sylve pour coordonner les moyens d’intervention au plus près de l’incendie. La salle communale a été réquisitionnée pour servir de base arrière pour les pompiers, pour leur permettre de se reposer. Le préfet de l’Hérault a aussi ouvert une cellule de crise en préfecture.
Cinq pompiers ont été légèrement blessés mardi soir : des petites coupures et une entorse. Ils ont été soignés sur place et sont repartis au feu dans la foulée.
La piste criminelle ?
Pour le maire de Gignac, deux départs de feux aussi proches, c’est forcément criminel : « Deux feux qui partent en même au plus fort d’un moment de vent à un kilomètre de distance, la probabilité que ce soit d’origine criminelle est quand même très très importante. Nous invitons la population à nous signaler s’ils ont aperçu quelque chose d’anormal », demande-t-il.
Le parquet de Montpellier a décidé d’ouvrir une enquête judiciaire Le lieutenant-colonel Jérôme Bonnafoux, porte-parole de sapeurs-pompiers de l’Hérault, a jugé l’origine des feux « assez suspecte ».
« C’est dramatique en termes de patrimoine environnemental, poursuit le maire de Gignac. C’est une vraie souffrance pour le maire, pour tous les maires, tous les habitants. Bien sûr, ça nous fait très, très mal au cœur et à nos tripes parce qu’on aime notre territoire. Surtout s’il est avéré que c’est un acte volontaire, c’est impardonnable. »
150 personnes réunies pour un mariage évacuées
« C’est un mariage franco brésilien, les invités ont fait 15 heures d’avion pour venir célébrer un mariage dans le sud de la France dans une petite pépite. Et puis, en plein milieu de mariage, ils ont été obligés d’évacuer tout le monde. Donc forcément, les mariés sont dévastés. Là, je suis le seul sur place, entouré de pompiers, explique Geoffroy d’Albenas, le patron du domaine de Château Bas où la fête de mariage était organisée. Le feu est gigantesque, c’est énorme, on est tout près. Puis il y a un vent qui est très, très fort et qui rabat les fumées sur le château. Ce qui fait qu’on est dans une espèce de lumière rougeâtre. C’est vraiment impressionnant, vraiment. Après, la chance que l’on a, c’est qu’on est entouré de vignes. C’est peut être notre vignoble qui va sauver le château. Moi, le domaine, c’est ma vie. Je resterai sur place. Je sais, c’est peut-être inconscient, mais il y a 20 ans de travail, c’est 20 générations derrière moi. Je reste jusqu’à ce que je peux. »
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