Stéphane Fillion sur la Scène de Bayssan dans « Le Chant du vertige » : « Comment la chute peut être belle, gracieuse »

La Scène de Bayssan accueille la compagnie Lapsus- Pierre Tallaron dans « Le Chant du vertige », ce dimanche 15 octobre à 17 h. Entretien avec Stéphane Fillion, le cofondateur de la compagnie.

Présentez-nous votre compagnie, Lapsus-Pierre Tallaron.

Découvrir La Tenue des Pros

C’est une compagnie de cirque contemporain qui a une douzaine d’années, fondée par des amis qui se connaissaient depuis longtemps. Elle compte quatre créations en douze ans. C’est donc une histoire inscrite dans un temps long. La compagnie est toulousaine. Deux choses la caractérisent : un fonctionnement et une écriture collectifs, et un parti pris esthétique épuré, avec la création son et lumière. Nous sommes tous coauteurs du spectacle. Et puis, il y a la pluridisciplinarité des arts du cirque. Notre base est la jonglerie et les portés acrobatiques mais avec tout le reste aussi.

Est-ce cela le cirque contemporain ?

Oui. Nous sommes vraiment dans la veine du nouveau cirque et c’est très révélateur dans Le Chant du vertige. Pour certains, le spectacle s’apparente plus à de la danse contemporaine, avec le mouvement des corps et la chorégraphie de l’espace. Nous revendiquons aussi cet axe-là.

De quoi parle ce nouveau spectacle « Le Chant du vertige » ?

Ce projet date d’il y a cinq ans. Sur la même thématique que l’œuvre du romancier Pierre Ducrozet « Le Grand vertige ». Sur les enjeux environnementaux ou comment on a besoin d’atterrir dirait Bruno Latour. Comment on s’ancre dans le terrestre et comment on habite le territoire. Nous avons échangé avec Pierre Ducrozet et l’écriture de son roman s’est faite en parallèle de l’écriture du spectacle. Nous avons partagé une réflexion commune pour deux objets artistiques autonomes mais qui se répondent. Nous donnons à voir la différence et comment on embrasse ces réflexions-là. Nous avons beaucoup travaillé en se posant des questions mutuellement sur la méthodologie. Et en imaginant cette bête à deux têtes.

PLUS INFO  Croix gammée et menace taguée sur le mur de sa maison : une habitante de Servian profondément choquée

En termes de thématique, il est question des effondrements à l’œuvre sur la biodiversité et la bioclimatique. Nous sommes à un endroit de bascule, charnière. Comment s’approprie-t-on ce temps-là ? C’est exaltant et bon car plein d’incertitudes. Nous traitons du vertige sous le biais de l’exaltation pas de la peur, de l’imaginaire et de la promesse. Comme un récit collectif pour montrer le point de bascule du monde. Comment la chute peut être belle, gracieuse. Nous ne voulions pas seulement voir le chaos. Nous trouvons de la grâce dans ce temps de suspension.

Cela change du pessimisme ambiant sur ces sujets-là…

Oui. Ces sujets sont possiblement inquiétants mais aussi très stimulants et nous avons cette obligation morale, riche d’imaginaires et de possibles. C’est un peu ce qu’on essaie de convoquer avec ce partage de littérature et de culture, conscients de cet état de fait. Nous nous interrogeons sur comment on arrive à penser un futur désirable, dans une approche pas du tout didactique mais par une évocation et une écriture esthétique. Un spectateur peut très bien trouver du sens à notre spectacle sans savoir de quoi il traite. 

Vous jouez ce dimanche juste avant l’équipe de France de rugby, cela vous inquiète-t-il en termes de fréquentation ?

Non ! Ce sont deux façons d’investir les corps, pas tout à fait avec les mêmes gestes ! Il y a bien dans certains sports, cette générosité corporelle qui nous portent. L’esthétique du sport est parfois remarquable.

« Le Chant du vertige » par la compagnie Lapsus-Pierre Tallaron, ce dimanche 15 octobre à 17h au théâtre Michel-Galabru de la Scène de Bayssan à Béziers. Et lundi 16 octobre à 154 h, séance scolaire ouverte à tous. Tarifs : de 5 à 20€ ; réservations sur scenedebayssan.fr ou au 04 67 28 37 32.  
PLUS INFO  Il avait consommé de la drogue, il percute et tue une cycliste de 19 ans, un automobiliste placé en détention provisoire

    

   

  

https://www.midilibre.fr/2023/10/14/stephane-fillion-sur-la-scene-de-bayssan-dans-le-chant-du-vertige-comment-la-chute-peut-etre-belle-gracieuse-11518806.php

.

S'inscrire

spot_imgspot_img

A découvrir aussi
Toute l'info à Béziers

« Il ne faut surtout pas être souffrant plus de trois jours » : cette commune du littoral instaure le stationnement gratuit mais fait la guerre...

La mairie de Banyuls-sur-Mer (Pyrénées-Orientales) a instauré la gratuité sur une grande partie des stationnements de la ville tout au long de l'année. Certains secteurs restent payants pour la saison estivale. Depuis le 15 juin 2026, une surveillance accrue a été mise en place pour empêcher les voitures de stationner plus de 72h au même endroit.

« Trafic de stupéfiants qui sévit dans le quartier »

Ce jeudi, Robert Ménard et les forces de l’ordre sont allés à la rencontre des commerçants et des riverains de...

L’article « Trafic de stupéfiants qui sévit dans le quartier » est apparu en premier sur Le Petit Journal.

« Un honneur dont je ne mesure pas le privilège » : des lycéens de Sérignan au Panthéon pour l’entrée du héros Marc Bloch

Marc et Simonne Bloch ont fait leur entrée au Panthéon à Paris, ce mardi 23 juin 2026. Cette cérémonie officielle de panthéonisation, marquée par la présence de sept lycéens de Sérignan, consacre l’héritage civique et...

21 familles suspectées de vivre du trafic de stupéfiants dans les HLM à Béziers

Plus de 130 policiers sont mobilisés depuis ce lundi dans le quartier de la Devéze à Béziers, à l'occasion d'une opération d'envergure contre le trafic de stupéfiants. Robert Ménard, le maire, se dit impuissant pour lutter contre ces familles qui vivent de ces trafics.