L’arrière, dernier chantier avant 2023 ?

« Ovni » de l’été dernier et titulaire lors du grand chelem, Melvyn Jaminet demeure le choix numéro 1 mais a vu son statut se fragiliser, ainsi qu’en témoigne la titularisation de Max Spring. Après les expériences Bouthier et Dulin et l’épineux cas Ramos, le poste d’arrière semble plus que jamais la dernière inconnue du XV de France, à un an du début de la préparation pour le Mondial…

C’est une constante que Fabien Galthié martèle depuis le début de son mandat : une sélection n’est pas un cadeau. À ce titre, et sachant que le staff des Bleus attache une importance capitale à la notion de hiérarchie (qui doit être claire et établie aux yeux de tous), il est devenu évident depuis le Tournoi 2020 que le moindre changement dans le groupe des 23 s’avère tout sauf anodin, a fortiori s’il concerne un joueur du XV de départ. Cela d’autant plus que hormis dans des circonstances dictées par les blessures, les cas de joueurs remplacés en plein milieu d’une « compétition » (tournées comprises) se comptent sur les doigts d’une main depuis deux ans… Une rareté qui vient précisément de tomber sur le coin de la figure du futur Toulousain Melvyn Jaminet, supplanté pour ce dernier test au Japon par Max Spring.
 

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Jaminet, état de grâce terminé

Choix logique ? Si on ne peut enlever à Jaminet qu’il fut décisif dans le maintien de Perpignan lors du barrage à Mont-de-Marsan, les suiveurs réguliers de l’Usap assureront que oui. Constat un brin sévère, peut-être, si l’on veut considérer un instant la trajectoire « ovniesque » (pour paraphraser Galthié) de Jaminet, qui appelait forcément à un moment ou un autre la fin d’un certain état de grâce. Reste que si sa progressive baisse de régime n’empêcha pas Jaminet de contribuer à l’intégralité du grand chelem des Bleus, celle-ci contribua aussi à entretenir certains doutes levés lors du Tournoi, comme une sécurité jugée insuffisante sous les ballons hauts, une défense individuelle friable et une influence moyenne sur les contre-attaques. La balance avec la qualité de son jeu au pied lui ayant longtemps été favorable, jusqu’à pencher du mauvais côté au Japon, la faute à quelques pépins physiques au bras et à la cheville hérités d’une fin de saison éreintante, ainsi qu’à la présence dans le XV de départ d’un autre buteur longue portée nommé Maxime Lucu…
 

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Jalibert à l’arrière, ce serpent de mer

Alors, ce coup de frein est-il irrémédiable pour Jaminet ? Bien sûr que non, puisque celui-ci conserve dans sa manche d’être le buteur numéro un des Bleus, qui présente en outre une longueur et une précision hautement appréciables dans les si peu sexys (mais indispensables) secteurs comme la recherche des pénaltouches ou les renvois d’en-but. Reste qu’un constat demeure : depuis le début du mandat de Galthié, aucun arrière n’a encore retrouvé sa place après l’avoir perdue (voir frise). De fait, on peut facilement voir dans cette relégation une petite « pique » adressée par le staff à son joueur, qui relance forcément un chantier au poste d’arrière d’autant plus compliqué qu’un joueur comme Thomas Ramos, si précieux sur le banc, n’a encore jamais eu l’occasion/l’opportunité d’être testé sur le long terme, et sera l’an prochain en concurrence frontale avec Jaminet.

Un flou relatif que l’entraîneur de l’attaque Laurent Labit s’est appliqué à entretenir cette semaine, louant les qualités de Spring et « son profil à la Brice Dulin, explosif en contre-attaque et doté d’un bon pied gauche » tout en rappelant que « Melvyn Jaminet n’a jamais déçu lors des douze derniers tests qu’il a commencés » et en mettant en exergue « les très belles saisons dans leurs clubs par Brice Dulin, Thomas Ramos et Anthony Bouthier. »

De quoi distiller le doute, et voir rejaillir in fine le serpent de mer de l’association Ntamack-Jalibert, avec le second nommé au poste d’arrière cette fois ? Il semble en tout cas que plus la Coupe du monde approchera et plus cette éventualité devra être prise au sérieux, au cas où Jaminet ne parviendrait pas à se (re) dégager de la concurrence…

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