Une intersyndicale des personnels du ministère de la Justice et de l’administration pénitentiaire dénonce une inflation de bracelets électroniques sans moyens supplémentaires à Toulouse (Haute-Garonne).
La CGT, le Syndicat National de l’Administration Pénitentiaire (SNEPAP) et FO-Justice dénoncent un manque de moyens face à une explosion de bracelets électroniques.
Né dans les années 80 aux Etats-Unis, le placement sous surveillance électronique (PSE) à traverser l’Atlantique et constitue une peine alternative à la prison. Elle peut également être décidée dans le cadre d’une libération sous contrainte ou pour des personnes mises en examen et assignées à résidence.
Une Intersyndicale dénonce une explosion de bracelets électroniques. Selon les organisations professionnelles, 3 997 personnes sont concernées actuellement à Toulouse (Haute-Garonne). Et, surtout, le nombre s’accroît de mois en mois.
436 bracelets en avril. 543 en juin 2002
CGT-FO-SNEPAP
Cette augmentation ne s’accompagne pas de moyens supplémentaires. « Malgré nos suppliques, nous sommes aujourd’hui médusés par ce manque constant de personnel qu’il soit administratif, d’insertion ou de probation ou qu’il s’agisse d’agent de pose » estiment, dans une déclaration commune, 3 syndicats de la Justice et de la Pénitentiaire.
Pour les représentants du personnel, cette situation équivaut à un « enfer » et s’explique par la volonté du législateur de promouvoir la surveillance électronique. Une volonté qui repose sur des raisons « contingentes » (faire baisser la surpopulation carcérale ou encore la difficulté à faire exécuter les peines) mais aussi sur une motivation de fond à savoir éviter une incarcération afin de favoriser une meilleure réinsertion.
Pour la Secrétaire générale adjointe de FO-Justice, chargée de la filière SPIP « le problème n’est pas que l’on ait trop de bracelets. Oui, c’est bien, mais est-ce que l’on en a les moyens ? « . Farida ED Farida rappelle qu’un conseiller pénitentiaire d’insertion et de probation (qui intervient en milieu ouvert comme en prison) est censé avoir « 60 personnes » en charge alors que, dans les faits, il gère « 145 dossiers.«
On fait du quantitatif et pas du qualitatif. Il faudrait recruter entre 800 et 1000 conseillers pénitentiaires d’insertion et probation
Farida ED DAFIRISecrétaire générale FO-Justice
La tension dans le SPIP de la Haute-Garonne, comme dans tous les autres SPIP de Lille ou Bordeaux, n’est pas, selon la syndicaliste, uniquement liée à un problème de sous-effectifs. Ces services sont également fragilisés par des difficultés de recrutement.
Au-delà des moyens humains, FO-Justice demande au gouvernement de mener une campagne de promotion du métier de conseiller pénitentiaire d’insertion et probation.
