Bagarre à la sortie d’une discothèque près du Cap d’Agde : l’étudiant en droit libéré après sept mois de détention

Mouran nie avoir eu le moindre geste de violence lors de cette rixe, en août 2021, devant une boîte de nuit proche du Cap d’Agde. Un jeune homme était resté longtemps dans le coma, après que l’un de ses adversaires lui avait sauté à pieds joints sur la tête.

« Je ne veux pas me victimiser, je comprends tout à fait que ce qui s’est passé est très grave, mais je suis inséré. J’aurais pu continuer mes études, on me l’a refusé en disant : « C’est pas possible, ici tu es à Nîmes, c’est la pire prison de France ».

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En visioconférence depuis la maison d’arrêt nîmoise, Mouran se tient bien droit, et parle d’une voix claire aux juges de la cour d’appel de Montpellier. « Je souhaiterais vous dire que je ne comprends pas pourquoi je suis en détention provisoire. Le vice-doyen de mon université s’est donné la peine de vous écrire une lettre. Ici, on est à trois dans une cellule de 9 m2 » poursuit ce garçon de 21 ans, étudiant en licence de droit à Valence, incarcéré depuis octobre.

Il est l’une des huit personnes mises en examen après une bagarre aussi violente qu’absurde, le 21 août dernier devant une discothèque de Marseillan, près du Cap d’Agde. D’un côté, un groupe de jeunes Drômois, qui s’offrent leurs premières vacances. De l’autre, Ryan, qui vient de se faire voler son portefeuille avec toute sa paye de l’été. Il a noyé son chagrin dans l’alcool, il est affalé sur la voiture de Mouran qui lui demande de se relever, et reçoit un coup de poing au visage qui le sonne. Dans la foulée, certains de ses amis se déchaînent sur Ryan : l’un d’eux ira jusqu’à sauter à pieds joints sur sa tête, le plongeant plusieurs semaines dans le coma.

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Des résultats brillants à l’école

« Il avait des résultats particulièrement brillants et venait en soutien financier à sa maman » insiste l’avocat de Mouran, Me Emmanuel Le Coz. L’enquête, avec un juge d’instruction qui vient d’en remplacer un autre, doit au moins durer encore un an. « C’est vertigineux. Une scolarité est en train d’être massacrée. Je suis inquiet pour son intégrité physique et sa santé mentale en détention » insiste l’avocat, qui contre-attaque en déposant plainte pour le coup de poing reçu par Mouran.

Sur les conditions de détention nîmoises, l’avocat général ne bronche pas. « Il me semble me souvenir que la norme c’est 3 m2 par personne, donc 9 m2 à trois ne me paraît pas anormal. Il n’est pas établi que c’est lui qui a sauté à pieds joints sur le visage de la victime, mais c’est quand même très triste de voir des jeunes s’amuser à cela. » L’étudiant, lui, insiste sur ses conditions de détention. « Je ne sors pas en promenade. Dans la cour, on m’a demandé de ramasser une projection (un colis lancé depuis l’extérieur NDLR) j’ai refusé et je me suis fait gifler. »

Après une semaine de réflexion, la cour d’appel de Montpellier décide le 31 mai de libérer l’étudiant et de le placer sous contrôle judiciaire.

https://www.midilibre.fr/2022/06/01/bagarre-a-la-sortie-dune-discotheque-pres-du-cap-dagde-letudiant-en-droit-libere-apres-sept-mois-de-detention-10331228.php

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