Un troisième foyer officiel de charançon noir du figuier vient d’être confirmé en France, dans un verger bio de la forêt de Bouconne, à l’ouest de Toulouse. Découvert grâce à la vigilance d’un producteur, ce nouveau cas relance l’alerte dans toute l’Occitanie, où particuliers et professionnels sont appelés à surveiller leurs figuiers pour éviter un scénario à l’italienne : une production divisée par deux en quinze ans.
Le troisième foyer officiel de charançon noir du figuier en France a été identifié dans un verger situé en forêt de Bouconne, à l’ouest de Toulouse (Haute-Garonne). L’alerte a été donnée par le propriétaire des lieux, Boris Presseq, qui cultive en agriculture biologique et compense l’absence de traitements chimiques.
« Je suis en bio, c’est-à-dire que je n’émet aucun produit de traitement et je compense par l’observation, résume Boris Presseq, propriétaire du verger. Il se trouve que j’ai commencé à voir les jeunes bourgeons du figuier en avril consommer. Je me suis mis à chercher et là, devant moi, sur une branche, est tombé un insecte qui était ce charançon ».
La présence de ce redoutable ravageur dans un nouveau département doit être signalée aux pouvoirs publics pour pouvoir stopper son invasion.
C’est très important d’alerter, d’indiquer qu’on a suspecté la présence de cet insecte, que les pouvoirs publics, eux aussi, de leur côté, fassent passer des sensibilisations, des professionnels, des amateurs, des pépiniéristes, puisque cet insecte peut aussi faire des dégâts en pépinière
Bernard Peyre, consultant en arboriculture
Originaire d’Asie (Taïwan), le charançon noir du figuier est probablement arrivé en Italie dans les années 2010 avant d’être détecté en France, d’abord dans le Var, puis dans le Lot-et-Garonne. Au total, il a été repéré dans une dizaine de départements français. « C’est un insecte qui vole, donc il se déplace peu tant qu’il a de la nourriture sur place, mais il peut se déplacer en volant et de proche en proche contaminer les figuiers. C’est ce qui était en train de se passer, » explique Lionel Valladarès, ingénieur entomologiste à l’école d’ingénieur de Purpan.
La France ne produit que 8 000 tonnes de figues par an, un volume modeste mais stratégique pour certaines filières locales, notamment dans le Var. Pour éviter le scénario italien, où la production a chuté de moitié en quinze ans sous l’effet combiné du ravageur et d’autres facteurs, des actions préventives sont possibles, témoigne Nadège Bellot, productrice de figues à Labège à l’Est de Toulouse :
On peut badigeonner les troncs avec de la chaux ou de l’argile, de même que sur les fruits, on peut aussi pulvériser de l’argile blanche, donc de la kaolinite, ça fait partie des mesures préventives qui peuvent limiter les piqûres d’insectes
Nadège Bellot, productrice de figues à Labège
Les particuliers qui possèdent des figuiers dans leur jardin, et ils sont nombreux en Occitanie, sont invités à surveiller de près leurs arbres. La présence de sciure et de galeries à la base du tronc là où se développent les larves du charançon, mais aussi les feuilles dévorées coupées nettes, ou encore aux fruits abîmés en surface sont autant d’indications de la présence de ce ravageur.
Article rédigé d’après le reportage de Matthieu Chouvellon et Pascale Félix
