Jamais le XV de France n’a semblé bénéficier d’une telle ressource à de très nombreux postes. Et c’est encore plus vrai après les trois premiers matchs du championnat des nations disputés en juillet. Voici les tendances.
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Quels joueurs en danger ?
« Les sélections, on ne les donne pas comme ça, elles se méritent », a martelé Fabien Galthié. La légende Gaël Fickou fêtera-t-elle un jour sa centième ? Rien n’est moins sûr tant, à son poste, l’embouteillage de talent est important. « On va les laisser s’expliquer entre eux », disait Galthié cet été. Et encore, au moment de s’exprimer, le sélectionneur ne pensait qu’aux joueurs qu’il avait à disposition cet été, à savoir les Moefana, Brau-Boirie, Gourgues, Depoortere et autres Gailleton… Pour le néo-Toulonnais, l’heure est peut-être malheureusement passée. Le constat vaut-il pour le Toulousain Pierre-Louis Barassi, revenu du diable Vauvert lors du dernier Tournoi ? Il a déjà prouvé qu’il savait rebondir et son profil de combattant plaît au staff.
Le cas de Damian Penaud est différent, puisque celui-ci s’est envolé en tournée avec les Bleus. Mais le joueur de l’UBB, victime d’une entorse d’une cheville et sorti dès la mi-temps du premier match face aux Blacks, demeure qu’on le veuille ou non l’un des grands perdants de ce voyage au vu de l’émergence d’Aaron Grandidier-Nkanang. Autre perdant de l’été, l’arrière parisien Léo Barré, victime d’une entorse en demi-finale du Top 14, n’a pu que constater la réussite de l’intérim Jalibert à l’arrière, qui a offert de nombreuses perspectives. Un autre absent semble avoir perdu gros, en la personne du demi de mêlée Baptiste Serin. Remplaçant de Dupont lors du Tournoi, le Toulonnais ne faisait même pas partie de la première liste et a vu Maxime Lucu reprendre tranquillement sa place dans le rôle de « numéro bis ».
Quant aux avants ? Difficile de ne pas évoquer le cas de Grégory Alldritt. Le Rochelais misait beaucoup sur cette tournée pour retrouver grâce aux yeux du staff. Las, une blessure à un mollet ne lui a pas permis de prendre le départ… Ce qui a permis, la nature ayant horreur du vide, à Marko Gazzotti de prouver qu’il pouvait incarner une solution d’avenir au centre de la troisième ligne… On songe également à Romain Taofifenua, encore finisseur lors du dernier Tournoi, qui a vu Tom Staniforth s’imposer en cette fin de saison tandis qu’il faudra toujours compter sur le Lyonnais Mickaël Guillard. Quant au Toulousain Rodrigue Neti, également remplaçant lors du dernier Tournoi, pourra-t-il résister sans encombre au retour en grâce de Jefferson Poirot ?
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Quels cadres sous la menace ?
Rien n’est vraiment gravé dans le marbre, mais la bousculade en troisième ligne est impressionnante. Des éléments d’expérience comme François Cros, Charles Ollivon et Anthony Jelonch ou encore Paul Boudehent ont sans doute observé avec attention la montée en puissance de la jeunesse dorée française. Les prestations des champions du monde U20 – Lenni Nouchi, Marko Gazzotti et Oscar Jegou – ont frappé les esprits durant cette première salve du Championnat des Nations. Les joueurs cités sont-ils en danger ? Ils sont plus sûrement en balance.
À la mêlée, Baptiste Jauneau, pourtant retenu lors du match de préparation face à l’Angleterre XV à Vannes, a vu Maxime Lucu s’imposer comme un élément indispensable, tandis que Nolann Le Garrec semble avoir un temps d’avance. En première ligne, le dossier du pilier droit reste quant à lui totalement ouvert. Fabien Galthié l’a dit : « On n’a pas de certitude. On cherche à développer des potentiels. C’est un secteur qui est prioritaire dans notre agenda. » Les difficultés éprouvées par Demba Bamba lors des deux premiers tests prouvent que rien n’est figé. Toutefois, si Dorian Aldegheri a montré durant le Tournoi des 6 Nations qu’il pouvait tenir la baraque, la copie rendue par Régis Montagne lors du dernier match pourrait donner des envies au staff de poursuivre avec le Clermontois en novembre. Fabien Galthié n’a fermé la porte à personne. Mais, si les galons gagnés par le passé offrent du crédit, ils ne distribuent plus aucun totem d’immunité.
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Quels sont les intouchables ?
Si la tournée des Bleus a rebattu bien des cartes, certains des « ménagés » du séjour austral gardaient suffisamment de marge sur la concurrence pour voir venir, et ne pas avoir à craindre de voir leur crédit aux yeux des coachs dilapidé par leur absence. En premier lieu, les cadres Antoine Dupont et Thomas Ramos, certes bousculés par les bonnes prestations de leurs concurrents mais dont la place au sein du groupe France n’est évidemment pas remise en question. Même son de cloche en ce qui concerne Louis Bielle-Biarrey, cet atout maître dans tous les jeux de transition, dont Fabien Galthié a déploré à demi-mot l’absence face aux All Blacks. On ne mesure que mieux l’actuelle richesse du rugby français que de pouvoir se montrer aussi performant sans ces trois joueurs qui sont autant de références mondiales à leur poste…
Au-delà des « stars », d’autres joueurs n’ont pas forcément perdu de terrain, et en ont peut-être même gagné un peu. On songe ici à Jean-Baptiste Gros, titulaire indiscutable lors du Tournoi et qui devrait le rester en novembre. On mentionnera également le talonneur Julien Marchand, dont le coéquipier de club Peato Mauvaka a manqué l’occasion de renverser la hiérarchie même s’il reste une valeur sûre. Maxime Lamothe a tout de même du terrain sur lui. Enfin, impossible de ne pas mentionner en deuxième ligne Thibault Flament qui reste encore loin devant dans le rôle de numéro 4 de par sa densité physique et sa maîtrise du rôle de capitaine de touche, comme Emmanuel Meafou à ses côtés.
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