Avant d’assister au derby opposant l’ASBH au RCN ce vendredi soir à Béziers, quelques-uns des joueurs ayant fait les beaux jours des deux clubs se retrouveront autour des mets « étoilés » du restaurant biterrois de Gilles Goujon. Et les souvenirs, notamment ceux de la finale épique de 1974, remonteront assurément à la surface.
« C’est le premier derby depuis quatre ans, alors il fallait marquer le coup ! » Pour fêter les retrouvailles autour du ballon ovale entre Narbonne et Béziers, ce vendredi en Biterre (19 h), Gilles Goujon, le chef triplement étoilé des Corbières, a ainsi invité de grands noms du rugby d’ici et notamment des finalistes du championnat 74 (où Béziers s’était imposé 16 à 14 devant Narbonne, sur un drop de dernière minute) : avant de se rendre au stade, douze anciennes gloires du RCN et autant de l’ASBH referont ainsi l’histoire des derbys d’antan, autour du chef biterrois, du plus célèbre des vignerons narbonnais, Gérard Bertrand, et des maires des deux cités voisines, Robert Ménard et Bertrand Malquier, et donc autour d’une bonne table.
Non pas celle de l’Auberge du Vieux Puits, à Fontjoncouse, et ses trois étoiles au Michelin, mais celle de l’Alter-Native, à Béziers, l’autre restaurant gastronomique de Gilles Goujon nantie d’une étoile depuis 2022. L’année justement de la dernière confrontation, en Pro D2 aussi, entre les deux clubs à la rivalité ancestrale. L’ASBH avait alors triomphé du Racing, pour le plus grand bonheur du chef étoilé qui a grandi ballon en main en Biterre, et avait organisé pour l’occasion déjà le même genre d’avant-match goûteux.
Je croyais que la vie était une fête
Au menu ce vendredi, autour de vins de Béziers et de Gérard Bertrand, apéritif, amuse-bouches sur cordes d’huîtres et moules, rouget en moulinade au safran, la grande spécialité maison, dessert framboises chocolat du fils du maître des lieux… et des souvenirs indélébiles. « J’ai vécu dix titres de champion de France à Béziers, où si tu ne jouais pas au rugby tu n’avais ni copains ni copines, se remémore Gilles Goujon. Pour le gamin que j’étais, c’était fabuleux, je croyais que la vie était une fête ! » Il a appris depuis à relativiser. Pour ce « grand supporter de l’ASBH » qui n’hésite pas toutefois à aller soutenir le RCN cher à ses enfants, nés à Narbonne, quand il le peut, « la rivalité entre les deux clubs n’est plus aussi grande qu’avant même s’il y a encore quelques énergumènes résolument chauvins ».
Pour ce retour du derby languedocien en 2026, « mon prono du cœur est pour Béziers, mais la raison me dit que Narbonne a de fortes chances de l’emporter car le RCN joue très très bien en ce moment, mieux que l’ASBH en tout cas ». Le perdant aura bien sûr l’occasion de prendre sa revanche en avril, à Narbonne, où le match retour culinaire, lui, pourrait avoir lieu chez Bébelle, chez un autre Gilles donc, Gilles Belzons.
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