Top 14 – « Le groupe commence à prendre, mais il nous faut un déclic », avoue Rabah Slimani (Toulon) avant la réception de Vannes

Avec calme, l’international français (59 sélections) livre un regard lucide sur le début de saison du RCT, toujours en quête d’une première victoire en Top 14. Rassuré par la performance à Castres, le pilier droit avoue tout de même qu’il ne faut pas trop s’habituer aux « défaites encourageantes ».

Vous êtes l’un des joueurs les plus expérimentés de l’effectif. Comment avez-vous vécu le revers à Castres et les multiples faits de jeu

Forcément, c’est frustrant parce que c’est un troisième match que l’on perd. Cette fois, il manque deux points, et on a encore eu l’opportunité de gagner ce match-là dans les dernières minutes. C’est ça le plus frustrant, c’est qu’on est présents mais qu’on ne gagne pas. Notre début de saison aurait pu être complètement différent avec trois victoires. Finalement, on doit se construire avec ces trois défaites. Au niveau comptable, sans se mentir, c’est très défavorable. Mais, à Castres, on a senti l’envie, un peu plus de maîtrise. Pour les faits de jeu, c’est comme ça. On n’y reviendra pas. À l’heure actuelle, ça n’y changera rien. Maintenant, on se focalise sur les prochains matchs, et notamment Vannes. 

Est-ce que l’on évacue plus vite un scénario défavorable avec votre vécu ?  

On en a parlé un petit peu dans le bus du retour parce qu’on était tous touchés par le scénario. C’est un match qu’on pouvait gagner. Mais, finalement, on l’a bien perdu. Au niveau comptable, il y a une grosse différence. On serait actuellement au milieu de tableau avec une victoire, et nous sommes avant-derniers. Pour être honnête, on en a parlé une dernière fois lundi matin, parce qu’il a encore fallu évacuer. De toute façon, comme je le disais, ça n’y changera rien. Il y a des décisions qui ont été prises. Nous, on est là pour jouer, mais, oui cela a été dur à vivre pour tout le monde, moi y compris. Franchement, parfois, je me dis que je préfère prendre une rouste que de perdre comme ça d’un point ou de deux. Certes, il y a le bonus, mais quand tu prends une rouste, tu sais que tu n’es pas invité, et que tu as été mauvais. Là, ce n’est clairement pas le cas. 

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Mignoni a souhaité vous signer parce qu’il savait, qu’en plus du terrain, votre vécu compterait dans la vie du groupe. Est-ce que vous êtes obligé, avec ce début de saison assez contrasté, de prendre plus rapidement la parole que ce que vous aviez prévu ?  

Oui, mais je ne me suis pas forcé. J’ai discuté avec certains joueurs, plus pour rassurer tout le monde. Je ne suis pas un leader de la parole, mais j’aime bien parler et dire mon ressenti en aparté. Franchement, on n’est pas largués par rapport à nos premiers adversaires. Il y a eu des bonnes choses, d’autres qui étaient un peu moins bien, mais on est présents sur les trois matchs. La chance n’a pas tourné en notre faveur, mais ça va venir. Ça va payer. Contre Castres, surtout, on a réglé nos rucks. C’était moyen contre Bayonne, nous sommes passés à côté contre La Rochelle. Là, on n’a pas perdu un seul ballon dans le jeu au sol. Pour le reste, il y a des nouveaux joueurs, un nouveau système en place, avec que quelques semaines pour l’intégrer. C’est dur à accepter pour nos supporters, mais il faut un peu de temps.

Votre relation avec Pierre Mignoni semble déjà assez forte, n’est-ce pas ? 

J’avais discuté avec Toulon avant d’aller au Leinster. C’était déjà des discussions assez poussées. Le Leinster est arrivé après Toulon, et j’en avais d’ailleurs discuté avec Pierre. Pierre est un compétiteur et il avait été très honnête en voyant cette incroyable opportunité pour moi. Il m’avait dit un truc comme : « Je ne peux pas te priver de rejoindre l’un des meilleurs clubs en Europe. Si tu ne vas pas vivre cette expérience maintenant, tu ne la vivras jamais. Vas la vivre. On se rappelle une fois que ton contrat est terminé là-bas pour voir où on l’on en est tous les deux. » Le Leinster voulait me prolonger encore une année, mais je voulais rentrer en France par rapport à ma famille. Pierre m’a alors rappelé. C’est une histoire un peu à l’ancienne, entre deux hommes. J’ai été réglo avec lui à l’époque et il a tenu sa parole en me rappelant l’an passé pour savoir de quoi j’avais envie pour la suite. On a négocié, ça a pris un peu de temps, mais c’est vraiment plaisant de découvrir Toulon. 

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Pour revenir au groupe, qu’avez-vous dit aux joueurs pour digérer le revers de Castres ? 

J’ai pris un exemple, surtout pour les plus jeunes : l’an passé, avec le Leinster, on a commencé par deux défaites en Afrique du Sud dont une assez dure avec un 35 à 0. Tout le monde nous disait que nous ne serions pas dans le coup cette année. On a même entendu que nous ne serions pas champions et finalement… (il sourit) on l’a été ! Il faut être froid dans les têtes. En revanche, ne vous inquiétez pas, si au bout de dix journées, nous avons huit points, je vais venir en vous disant : « On est dans la merde. » Cet été, Toulon a fait le choix d’amener beaucoup d’expérience avec Gael (Fickou), Judicael (Cancoriet) et moi. On est là pour amener du calme et de l’intelligence dans ces situations. 

Est-ce qu’il n’y a pas déjà une urgence comptable tout de même ? 

Il n’y a pas d’urgence, mais bien évidemment qu’il faut vite remonter au classement. À mon sens, c’est toujours dur de se dire qu’on se rassure après une défaite. C’est frustrant parce qu’on a envie de gagner. Je pense que les supporters ont aussi envie que l’on gagne. Quand on voit qu’on est 13e avec 3 points, ce n’est pas notre ambition commune, mais on reste qu’à six points de la quatrième place. Il faut rester froid dans les têtes, rester ensemble et solidaire. Ce n’est pas le moment de se mettre la tête au fond du saut. Il reste 23 matchs, et il faut que tout le monde prenne conscience de ça. Le championnat est une course de fond. L’an passé, jusqu’en janvier, le RCT était troisième pour finir au-delà de la huitième place. Certes, si tu démarres bien, c’est bien pour la confiance, c’est bien pour la tête. Mais le plus dur, c’est de rester constant dans les efforts. 

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Vannes semble tout du match piège… 

Je vous rassure, il n’y aura rien de facile. On a vu le match contre Toulouse, et ce n’est vraiment pas une petite équipe. Il n’y a plus la place pour souffler dans le Top 14. Je sors d’un championnat différent, où la gestion des hommes est complètement différente. À côté, le Top 14 ne pardonne pas, mais le format te donne plus de chances de te rattraper. Le groupe commence à prendre, mais il nous faut un déclic. On aurait pu l’avoir à Castres, mais on ne l’a pas eu. 

Néanmoins, dans le Tarn, on a le sentiment que le groupe était bien plus aligné que lors des deux premières sorties. Le déclic passe-t-il forcément par une victoire, même moche ? 

Dans le contenu, vous avez raison, ça n’avait rien à voir, mais dans les têtes, tout aurait été différent avec un juste un drop de plus, une pénalité de plus, ou un essai de plus. À mon sens, on a vraiment dominé cette rencontre, tu peux le gagner mais tu ne le fais pas. Le concept des défaites encourageantes montre rapidement ses limites. Tu ne peux pas te cacher derrière des défaites encourageantes. Une défaite, ça reste une défaite. Nous faisons des choses positives, mais on doit gommer un trop-plein de déchet. 

https://www.rugbyrama.fr/2026/09/22/top-14-le-groupe-commence-a-prendre-mais-il-nous-faut-un-declic-avoue-rabah-slimani-toulon-avant-la-reception-de-vannes-13562202.php

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