Dimanche après-midi, des dizaines de caravanes ont investi les terrains du stade municipal du Mouton, dans le onzième arrondissement de Marseille. Engagé en Fédérale 3, le club Marseille Rugby Méditerranée se retrouve privé de stade, à quelques jours de la reprise de l’entraînement, prévue le 3 août. La colère gronde…
« C’est la septième fois en douze ans. » Le constat est là, implacable. Pour Augustin Marie, président du Marseille Rugby Méditerranée, la coupe est pleine. Une nouvelle fois, le dirigeant est confronté à une vague de caravanes prenant possession des terrains du stade du Mouton, dans le onzième arrondissement de Marseille. Une nouvelle fois, Augustin Marie se sent impuissant. « On est écœurés, clairement. Tout le monde s’en moque, il n’y a pas d’autres mots« , déplore l’homme à la tête du club depuis 12 ans.
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Deux des trois terrains du complexe sont impraticables, à une semaine de la reprise de l’entraînement
Dimanche après-midi, une cinquantaine de familles de gens du voyage ont pris possession des lieux, sous le regard médusé d’Augustin Marie et du maire du secteur Olivier Rioult (RN). « La Ville de Marseille avait lancé des travaux pour changer les cahutes de joueurs et tout ce qui s’ensuit. Ils (les agents de la mairie, N.D.L.R.) ont cassé le mur du parking pour faire rentrer les engins et comme ils ne l’ont pas réparé, on ne pouvait pas mieux faire pour rentrer. Il ne manquait plus que le panneau : « Bienvenue et bon séjour au camping » pour les accueillir« , regrette le Marseillais.
Désormais, deux des trois terrains du complexe sont impraticables, alors que la reprise de l’entraînement est prévue pour le 3 août. Pire encore, un seul terrain est homologué pour accueillir des matchs officiels, et forcément, il fait partie des terrains occupés par les gens du voyage. Alors que la Fédérale 3 doit reprendre le 13 septembre prochain, le club marseillais est plongé dans l’incertitude et l’incompréhension la plus totale. « Les joueurs en ont marre. On est clairement agacés de la situation, on est agacés de tout ce qui se passe. On a l’impression de vivre les mêmes choses tous les ans et que rien ne change. On se moque de nous. On se moque de nous, il n’y a pas d’autre mot« , peste Augustin Marie.
L’année dernière, ils sont partis le 20 juillet mais on a récupéré les vestiaires que le 20 mars
L’histoire semble en effet se répéter pour le club phocéen. Il y a un an à peine, en juillet 2025, le club de 687 licenciés avait déjà subi pareille mésaventure, et les dégâts avaient été considérables. « On n’avait toujours pas récupéré correctement les terrains depuis l’invasion de l’année dernière. Je peux encore vous dire où étaient posées les piscines et où étaient mises les voitures, dans quel sens et comment« , se remémore Augustin Marie. Avant d’ajouter : « Quand on reste un mois sur place, ça fait des ornières terribles ! Et puis il y a les infrastructures, les vestiaires. L’année dernière, ils sont partis le 20 juillet mais on a récupéré les vestiaires que le 20 mars ! Imaginez 100 caravanes, avec quatre personnes dedans, qui passent leur journée comme si c’était un camping, alors que ce n’est pas un camping. C’est clairement ça le résultat, ni plus ni moins« , enrage le président du Marseille Rugby Méditerranée.
Habitué, Augustin Marie sait qu’il devra prendre son mal en patience. Car, dans ces situations, les procédures d’expulsion peuvent durer, surtout quand les différentes entités politiques se renvoient la balle. Il faut dire que le problème est complexe entre la mairie de secteur et la mairie de Marseille. Maire du onzième et douzième arrondissement de Marseille, Olivier Rioult (RN) aimerait intervenir et déloger les occupants illégaux le plus rapidement possible. « Mais sans pouvoir de police et sans personnalité juridique, on (les maires du secteur, N.D.L.R) est assez dépourvus de moyens« , souffle l’édile d’extrême droite.
La décision revient donc au propriétaire des lieux, à savoir la mairie de Marseille et donc à Benoît Payan (DG). Pour faire évacuer les terrains, le maire de Marseille doit faire un référé, qui doit ensuite être examiné par un juge et à partir du moment où la décision de faire évacuer les lieux est prise, le préfet peut avoir recours à la force publique si les occupants refusent de quitter les lieux. D’après le quotidien régional La Provence, la Ville de Marseille aurait indiqué qu’ « elle saisirait dans les meilleurs délais le juge des référés du tribunal administratif afin d’obtenir une ordonnance d’évacuation. » Avant de préciser : « Si cette décision de justice n’était pas exécutée volontairement, sa mise en œuvre forcée relèverait alors de la compétence exclusive du préfet. » La reprise s’annonce mouvementée…
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