EN IMAGES – Les huit « Forteresses royales du Languedoc » sauront si elles entrent au patrimoine de l’Unesco cette semaine

Huit forteresses de l’Aude et de l’Ariège, dont la cité de Carcassonne, sont candidates à une l’inscription au patrimoine mondial de l’Unesco. Une réponse est attendue entre le 19 et le 28 juillet lors de la 48e session du comité du patrimoine mondial, découvrez ces huit sites.

Elles étaient jusqu’ici connues sous le nom de « châteaux cathares » ou de « citadelles du vertige », huit monuments répartis dans l’Aude et l’Ariège – la cité de Carcassonne, Aguilar, Lastours, Montségur, Peyrepertuse, Puilaurens, Quéribus et Termes – attendent la décision cette semaine concernant leur candidature à l’inscription sur la liste du patrimoine mondial de l’Unesco.

Déposée par la France le 31 janvier 2025 après 12 années de préparation, elle est portée par le département de l’Aude, celui de l’Ariège et l’Association mission patrimoine mondial (AMPM). Les huit sites y sont présentés comme un « bien en série », non pas comme des châteaux isolés, mais comme un même ensemble défensif. Bâties par Louis IX et ses successeurs dans la seconde moitié du XIIIe siècle, à la suite de la croisade contre les Albigeois, ces fortifications marquaient la nouvelle frontière entre le royaume de France et celui d’Aragon.

De « Châteaux cathares » à « Forteresses royales du Languedoc »

Après l’évaluation de la candidature par l’organisme expert de l’Unesco, la décision est attendue lors de la 48e session du comité du patrimoine mondial qui se déroule du 19 au 26 juillet à Pusan en Corée du sud. Reste un point qui divise localement : le nom donné à cette candidature. L’association porteuse a retenu « Forteresses royales du Languedoc », un choix que les élus justifient par la volonté de coller à la réalité historique, c’est à dire une architecture militaire commandée par le pouvoir royal, et de proposer une appellation accessible au grand public.

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Un parti pris qui irrite les défenseurs de l’appellation la plus utilisée jusque là, celle du « Pays cathare », ils y voient un effacement de la mémoire des cathares et de la résistance occitane face aux croisés. « Changer de nom, c’est glorifier les oppresseurs et effacer la mémoire des victimes cathares, brûlées au nom de Dieu », peut-on lire sur le site d’une pétition qui a réuni plusieurs milliers de signatures. L’historien Patrick Boucheron a lui-même pris la plume dans une tribune pour soutenir cette émotion populaire. Pour eux, l’appellation royale revient à célébrer les vainqueurs de la croisade.

Les porteurs de la candidature soulignent de leur côté que cette inscription à l’Unesco repose sur un patrimoine matériel, jugé pour ce qu’il est aujourd’hui, pas sur une lecture identitaire de l’histoire. L’appellation « cathare » est un contresens historique puisque « les châteaux cathares n’ont jamais existé. Les forteresses ont été détruites puis reconstruites, à la demande du Roi de France, pour asseoir sa souveraineté et surveiller la frontière avec le royaume d’Aragon » souligne Hervé Baro, directeur de l’Association mission patrimoine mondial.

Découvrez les huit forteresses de la candidature ?

  • Carcassonne

Tête du réseau de cette candidature, la cité de Carcassonne est aussi le seul des huit sites à être déjà inscrit à l’Unesco, depuis 1997. Dressée sur la rive droite de l’Aude, cette cité médiévale fortifiée est connue pour sa double enceinte de trois kilomètres ponctuée de 52 tours, qui protégeait le château comtal et la basilique. Centre militaire et administratif au XIIIe siècle, elle commandait l’ensemble des forteresses qui l’entouraient. Restaurée, non sans critique, au XIXe siècle sous la direction de Viollet-le-Duc, elle fait aujourd’hui partie des villes fortifiées médiévales les plus visitées d’Europe. Selon les chiffres publiés par le Centre des monuments nationaux, le château et les remparts de la cité médiévale ont accueilli 616.012 visiteurs en 2025 et la ville revendique près de 2,5 millions de touristes chaque année.

La forteresse de Carcassonne, dans l’Aude, est le seul des huit sites à être déjà inscrit à l’Unesco. © AFP – Jacques Sierpinski

Au nord de Carcassonne, dans l’Aude, ces quatre châteaux forts se dressent côte à côte sur un même éperon rocheux, au flanc des vallées de l’Orbiel et du Grésillou. L’ensemble domine le village de Lastours et forme un paysage fortifié impressionnant. Foyer religieux cathare important au début du XIIIe siècle, les châteaux de Lastours ont été reconstruits et remaniés de nombreuses fois jusqu’au XVIIe siècle. L’ensemble de leurs vestiges sont classés au titre des monuments historiques.

Au nord de Carcassonne, à Lastours, quatre châteaux se dressent sur un éperon rocheux. © Getty – Shaun Egan

Niché au cœur des Corbières dans l’Aude, le château de Termes a été construit sur un promontoire rocheux escarpé dominant les gorges du Sou. Assiégée durant la croisade contre les Albigeois, cette place forte est ensuite passée sous autorité royale pour venir compléter le dispositif défensif du Midi. Le château de Termes est classé au titre des monuments historiques depuis 1951.

Dans l’Aude, le château des Termes surplombe les gorges du Sou. © AFP – Manuel Cohen

Le château d’Aguilar est le plus méridional des huit sites de la candidature des « Forteresses du Languedoc », dressé sur une colline près de Tuchan, dans l’Aude, sa taille est plus discrète que ses voisins. Les ruines du fort d’Aguilar sont classées au titre des monuments historiques depuis 1949 et les vestiges du château depuis 2023. Aguilar se distingue par sa double enceinte et ses tours hexagonales d’influence aragonaise. C’était le poste avancé de ce réseau de forteresses, idéal pour surveiller les routes vers la frontière

L’ensemble des vestiges du château d’Aguilar, dans l’Aude, sont classées au titre des monuments historiques. © Getty – David Clapp

  • Peyrepertuse

Perché à près de 800 mètres d’altitude au sommet d’un longue crête calcaire qui domine le vignoble des Corbières, Peyrepertuse est le plus vaste des châteaux de la candidature au patrimoine mondial de l’Unesco. Cette place forte est implantée à une position stratégique, permettant de voir loin dans les différentes vallées qui l’entourent, mais aussi de contrôler les cols. Longue de plusieurs centaines de mètres, elle est surnommée la « Carcassonne céleste ».

Les vestiges du château de Peyrepertuse se dressent sur une crête calcaire à près de 800 m d’altitude. © Getty – René Mattes

Les vestiges du château de Quéribus se dressent sur un piton rocheux étroit qui domine le village de Cucugnan, dans l’Aude. Considéré comme l’un des derniers refuges de seigneurs et de croyants pourchassés à la fin de la croisade, Quéribus a ensuite été cédé à la couronne de France. La forteresse a été remaniée et s’est dégradée jusqu’en 1951, où sa restauration progressive a commencé. L’imposant donjon en forme de polygone et sa salle voûtée subsistent encore.

Le château de Quéribus se dresse sur un étroit piton rocheux au-dessus de Cucugnan, dans l’Aude. © AFP – Stéphane de Sakutin

  • Puilaurens

Accrochée à un promontoire boisé au-dessus de la vallée de la Boulzane à près de 700 mètres d’altitude, Puilaurens compte parmi les forteresses les mieux conservées de cette candidature. Avec ses murailles découpées et ses chemins d’accès en chicane, cette place forte verrouillait les portes du Fenouillèdes. Les vestiges du château se dressent sur la commune de Puilaurens dans le département de l’Aude, et sont classés au titre des monuments historiques.

La forteresse de Puilaurens, dans l’Aude, verrouillait les portes du Fenouillèdes. © Getty – Gérard Sioen

  • Montségur

Seul site de la candidature situé dans le département de l’Ariège, le château de Montségur a été construit à 1.207 mètres d’altitude, sur le point culminant de la montagne qui surplombe le village du même nom, un pic nommé le Pog. Le site de Montségur est impressionnant et chargé de symboles : haut lieu cathare, cette place forte a été le théâtre d’un siège de dix mois qui s’acheva en 1244 par un immense bûcher au pied de la montagne. La visite de la forteresse classée au titre des monuments historiques se mérite, il faut monter une vingtaine de mètres pour y accéder et profiter d’un majestueux panorama sur les Pyrénées.

Les vestiges du château de Montségur sont les seuls de cette candidature à se trouver dans le département de l’Ariège. © AFP – Ed Jones

La carte des huit « Forteresses royales du Languedoc »

https://www.ici.fr/occitanie/ariege-09/en-images-les-huit-forteresses-royales-du-languedoc-sauront-si-elles-entrent-au-patrimoine-de-l-unesco-cette-semaine-2408190?at_medium=lien_RSS&at_locale=28

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