C’est une grande première. Pour la toute première fois de son histoire, un loup a été filmé en Andorre au cœur des Pyrénées. Il s’agit d’un loup isolé, qui a été observé dans la vallée de Madriu-Perafita-Claror. Aucun incident associé n’a été recensé.
Le ministère andorran de l’Environnement, de l’Agriculture et de l’Élevage a signalé la présence sporadique d’un loup dans le cadre du suivi régulier de la faune mené dans la vallée de Madriu-Perafita-Claror. Cette observation conforte la présence de l’animal dans le massif pyrénéen.
La découverte remonte au mois de septembre 2025. Grâce à un piège photographique, installé dans le cadre d’une étude scientifique sur le suivi du félin sauvage, un loup isolé a été observé en Andorre. L’étude est menée par un organisme extérieur mandaté par le ministère andorran.
« Il s’agit d’une observation isolée, sans incident associé » a précisé l’Andorre. « Un suivi rigoureux de la situation est néanmoins maintenu en permanence conformément aux critères techniques et scientifiques, et en coordination avec l’ensemble des acteurs de l’environnement pyrénéen ».
Pour la première fois donc que des images vidéo de cette espèce sont disponibles en Andorre. Cette observation spécifique s’inscrit dans la dynamique naturelle des déplacements de l’espèce dans les Pyrénées. Ce type de suivi nécessite le maintien de dispositifs de contrôle pendant de longues périodes en montagne, permettant ainsi la collecte de données fiables et l’établissement de conclusions rigoureuses quant à la présence et à l’évolution de l’espèce.
« Ce n’est pas étonnant », confirme Pierre Jouventin, directeur de recherche en éthologie à Montpellier et grand spécialiste du Loup.
« Le loup peut faire des centaines de kilomètres par semaine », poursuit-il. « Rien ne l’arrête. Il peut passer les fleuves, les autoroutes, les voies ferrées. Il est très mobile ».
Ces dernières années, la présence du loup a été détectée sur des territoires proches d’Andorre, notamment en Catalogne et en France, dans le cadre de l’expansion de l’espèce dans les Pyrénées et même jusqu’en Bretagne. Pour Pierre Jouventin, ce phénomène est lié au manque de protection de l’espèce.
« Actuellement on tue les dominants chez les loups », explique Pierre Jouventin. « Ce sont pourtant eux, qui permettent aux meutes de rester stables car ils sont les seuls à se reproduire ».
Dès qu’ils disparaissent, la meute explose et essaime très vite », rajoute-t-il. « Les loups vont parcourir des centaines de kilomètres pour trouver un nouveau conjoint et un territoire ».
Depuis le 1er avril 2026, loup a été supprimé de la liste nationale des mammifères terrestres protégés en France. Pour les éleveurs de moutons et de chèvres, les tirs létaux sont désormais possibles en l’absence de mesures de protection (chien, clôture électrifiée ou gardiennage). Une situation que dénoncent les scientifiques.
« La France a choisi de faire plaisir à ceux qui ont peur du loup », affirme Pierre Jouventin. « À mon avis, elle commet une erreur stratégique, car plus on tue de loup et plus les attaques augmentent en raison de cet essaimage. Nos voisins italiens et espagnols ne le font pas et tout se passe bien sur leurs territoires ».
On dénombre une population d’un millier de loups en France en 2026.
Le ministère andorran poursuit, lui, son travail de surveillance coordonné du loup et d’autres espèces.
