« Mon honneur s’appelle fidélité » : arborant un tatouage d’une devise de la SS, un agent de mairie suspendu

Un agent de la mairie de Perpignan (Pyrénées-Orientales) a été écarté après avoir été épinglé dans un article du média Reflets, au sujet d’un tatouage sur son bras figurant une devise de la SS, l’organisation paramilitaire du régime nazi. Il avait été un temps au conseil municipal de la ville.

La phrase « Mon honneur s’appelle fidélité » s’étale en grosses lettres gothiques sur l’avant-bras de cet agent de la mairie de Perpignan, et désormais dans la presse. Le journaliste Ricardo Parreira a révélé dans le média Reflets l’existence de ce tatouage, repéré sur un contractuel embauché au service de l’état civil de cette municipalité gérée par le Rassemblement national depuis 2020.

Il s’agit de la traduction littérale de « Meine Ehre heißt Treue », la devise officielle de la Schutzstaffel, la SS, l’organisation paramilitaire officielle du régime nazi. Prononcée par Adolf Hitler, la phrase a été adoptée par Heinrich Himmler, qui la fait graver sur les ceinturons et les poignards de membres de l’organisation.

Impossible, selon Ricardo Parreira, de ne pas l’identifier. « Il existe des symboles cryptiques, mais celui-là n’en est pas un« , assure le journaliste qui recense ces signes dans un index. Indissociable du national-socialisme, la phrase est aujourd’hui largement employée par des militants d’extrême droite radicale, comme ces néonazis intégrés à l’armée française, ainsi que le révélait Mediapart en 2020. Son utilisation est même interdite par le Code pénal en Allemagne depuis 1947.

PLUS INFO  Roman graphique. « Chroniques de Tunisie – une Française au cœur de la révolution » est sorti le 15 janvier.

C’est un habitant de Perpignan, venu en mairie pour des démarches administratives, qui a repéré le tatouage et l’a pris en photo. « Plusieurs signalements avaient été faits« , indique le journaliste, qui dénonce de la « complaisance« , voire de la « connivence » au sein de la mairie.

Sur des photos consultées par France 3 Occitanie et datant de juillet 2025, on peut en effet apercevoir le tatouage sur le bras de cet homme lors d’un évènement organisé par la mairie. Il était alors membre du conseil municipal, qu’il avait rejoint en 2023 après plusieurs démissions, alors qu’il était présent sur la liste de Louis Aliot aux élections municipales de 2020. Avant cela, l’homme travaillait à la mairie en tant que chargé de mission.

Contactée, la municipalité assure ne donner « aucune caution » à la symbolique du tatouage et indique que l’agent a été suspendu de ses fonctions après la parution de l’article. Son contrat ne sera pas renouvelé.

Bien que mobilisé aux côtés du maire sortant pour la campagne pour les élections de 2026, comme l’attestent des photos partagées sur les réseaux sociaux, il n’apparaissait pas sur la liste du candidat du Rassemblement national et avait été embauché comme agent contractuel à l’état civil après les municipales.

Le journaliste à l’origine de la révélation dit vouloir alerter sur ces symboles, parfois ignorés du grand public. « Au fur et à mesure que l’extrême droite gagne en puissance, il y a de plus en plus de symboles haineux dans l’espace public« , déplore-t-il, les associant à des « signaux faibles de radicalisation« , « une machine à créer de la haine » qui « doit inquiéter » et a « des conséquences pour la population. »

PLUS INFO  Disparition inquiétante d'un adolescent de 17 ans : un appel à témoins lancé par la gendarmerie

Source

S'inscrire

spot_imgspot_img

A découvrir aussi
Toute l'info à Béziers

Top 14. Cinq recrues, cinq histoires insolites : Dan du Plessis et Damian Penaud onze ans après, Inia Tabuavou vendeur de rôtis

Comme à chaque intersaison, de nouveaux visages – encore inconnus du grand public – fouleront les terrains du Top 14. Derrière ces masses de muscles, des vies, des parcours. Nous avons choisi cinq recrues venues de...

Il met le feu avec un sac de déchets, un aérosol et un briquet : le pyromane est condamné à six mois de prison...

Un incendiaire a été condamné à 18 mois de prison, dont 12 avec sursis, par le tribunal de Perpignan. Il avait mis le feu à l'aide d'un sac rempli de déchets, d'un aérosol et d'un briquet, brûlant 100m² de végétation à Saint-Estève, dans les Pyrénées-Orientales.

À bord de l’Ange Gardien, une balade en mer sur les traces de Claude Terrisse

Six jours sur sept durant l’été, l’Ange Gardien embarque les visiteurs pour des sorties en mer au départ du Grau d’Agde. À son bord, Michel Rezé, capitaine et propriétaire du voilier, partage avec passion l’histoire...

Immobilier : construire ou acheter une maison ancienne à Béziers ?

Le marché immobilier biterrois attire chaque année de nouveaux...