Le XV de France « A » disputera un match non officiel contre l’équipe d’Angleterre XV, à Vannes le 19 juin prochain. Cinq jours après le dernier barrage de Top 14, c’est l’occasion pour Fabien Galthié d’appeler certains joueurs des équipes non-qualifiées. Dans l’optique de leur laisser une chance pour le Championnat des nations cet été ?
Le Championnat des nations, dans lequel le XV de France aura fort à faire, commencera le 4 juillet prochain face à la Nouvelle-Zélande. Galthié et ses hommes se déplaceront ensuite en Australie, le 11 juillet, et au Japon, le 18 juillet. D’ici là, la phase finale du Top 14 aura rendu le verdict de la meilleure équipe de France, le 27 juin. Toulouse, Montpellier, Paris, Pau, le Racing 92 ou La Rochelle ? Le mystère reste entier et haletant.
Mais huit autres équipes, absentes du sprint final, voient leurs joueurs désormais disponibles pour le Coq, qui ouvrira sa saison internationale avec un match de gala à La Rabine (Vannes) entre le XV de France « A » et l’Angleterre XV, le 19 juin prochain. Dès lors, parmi les non-qualifiés, quels joueurs peuvent prétendre à une place sous le maillot bleu pour ce test amical et, pourquoi pas, pour la tournée qui suivra ?
- Baptiste Jauneau, le revanchard
Quelle saison de la part du demi de mêlée de l’ASM ! Patron du bulldozer jaune, Baptiste Jauneau (22 ans) a guidé les siens, qui meurent à un point d’une place qualificative. Dans une saison à huit essais, il est aussi dans le top 10 des joueurs qui battent le plus de défenseurs, le top 5 des joueurs qui ont le plus franchi et, bien au-delà des stats, l’un des joueurs les plus impactants de la saison. Dans l’hypothèse où les Dupont, Le Garrec, Daubagna sont qualifiés, on peut imaginer que Maxime Lucu et Baptiste Serin, absents de la phase finale et appelés lors du dernier rassemblement des Bleus, seront de la partie en terre bretonne. Difficile de penser que le jeune talent clermontois sera oublié.
D’autant que dernièrement, dans un entretien accordé à Midi Olympique, le Béarnais d’origine ne cachait pas ses regrets en Bleu lors de la dernière tournée estivale. « Je n’arrivais pas à prendre de la hauteur sur certaines choses, j’étais très frontal, que ce soit avec le staff ou les joueurs. Je n’étais pas le Baptiste naturel, et ça s’est vu sur mon entrée en jeu à Dunedin. J’ai fait un très mauvais match ce jour-là, et, partant de là, il était tout à fait normal que je ne joue pas les deux autres matchs. » Tout en gardant cette flamme bleue au sujet de ce premier Championnat des nations : « Forcément, c’est un objectif », a-t-il répondu laconiquement. Parmi les autres Clermontois que l’on pourrait citer également, Léon Darricarrère, qui n’a jamais connu de sélection en Bleu mais qui, lui aussi, prend de l’épaisseur dans la maison auvergnate au poste de centre. Tout comme un Anthime Hemery intéressant à plusieurs égards cette la saison.
- Boris Palu, un revenant d’outre-tombe ?
Souvenez-vous à quel point il était loin dans la hiérarchie des transferts les plus attendus à l’intersaison. Pourtant, en juin, il est sûrement le principal pari gagnant de notre championnat édition 2026. Boris Palu, trente ans au compteur, a réalisé une saison magnifique sous le maillot bordelais, lui arrivé tout droit de saisons manquées au Racing 92. Apprécié par son manager Yannick Bru, il est le deuxième joueur le plus utilisé de l’effectif bordelais-béglais avec 1 510 minutes, juste derrière son ami Cameron Woki. Celui qui a retrouvé une seconde jeunesse en Gironde peut espérer un retour en équipe de France, qu’il n’a plus connue depuis l’hiver 2020 (deux remplacements au Tournoi des 6 Nations). Capable de jouer en 5, bien que préféré en 4, l’ancien Racingman pourrait avoir une carte à jouer en l’absence de Mickaël Guillard, victime d’une rupture des ligaments croisés, ou au vu de l’inconstance d’Emmanuel Meafou. Interrogé par RugbyPass à ce sujet, il n’écarte d’ailleurs pas la possibilité de vêtir à nouveau la plus symbolique des tuniques, celle des Bleus : « Pendant des années, je n’y pensais plus du tout. Je me concentrais sur ma performance, la performance collective. Je n’ai que 30 ans, je n’ai pas mis de terme à ma carrière internationale. Si ça arrive, ce serait quelque chose de magnifique. » Dans un club où les internationaux sont déjà nombreux, Palu mériterait, lui aussi, de s’ajouter à la liste.
- Mathis Ferté et Tom Spring : les joueurs poly-talents
D’un bord à l’autre de l’Hexagone, la jeunesse française éclabousse son talent. Non loin de la rade de Toulon, Mathis Ferté a capitalisé sur la confiance que Pierre Mignoni lui a accordée : l’ancien Briviste est le joueur du RCT le plus utilisé de la saison avec plus de 2 000 minutes disputées. Placé à l’aile, à l’arrière et même à la mêlée, Ferté a montré des certitudes à son poste de prédilection et des promesses au dépannage. Le manager toulonnais disait de lui en fin d’année 2025 : « J’ai rarement vu un joueur aussi talentueux que lui dans sa compréhension du rugby. Tu peux le mettre de partout, même en 10, il sera bon et il ne tremble pas quand tu lui demandes de changer de poste. Il connaît son rôle et il se trompe rarement. Pour moi, il sera en équipe de France dans peu de temps, mais ce n’est que mon avis et ce n’est pas moi qui décide. » Mais les étoiles pourraient bien s’aligner cet été.
Beaucoup plus à l’ouest, c’est le cadet de Max Spring qui fait des merveilles alors que l’Aviron a ramé cette saison. Tom, 23 ans, a beaucoup compté dans les plans de Grégory Patat puis de Gérard Fraser. Après une saison déjà complète lors de l’exercice précédent, il avait pris place dans l’avion pour la Nouvelle-Zélande. Cette année, il a aussi confirmé, par force, après la mise à l’écart de Joris Segonds, qu’il savait aussi être un excellent ouvreur. Sa présence dans la liste, alors même qu’il est dans le giron du XV de France, semble plausible.
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