Christophe Urios est revenu sur la victoire « inutile » de Clermont à Bordeaux. Il dit notamment beaucoup regretter les défaites à domicile et se rend compte que la qualification a échappé aux siens.
Quel est votre sentiment après cette victoire à Bordeaux, qui ne vous permet pas de vous qualifier en phase finale ?
Forcément, il y a de la déception, de la frustration et un brin de tristesse. Tout ça pour ça… Mais bon, on le savait. On avait la feuille de route avant le match : il fallait gagner ici et même en le faisant, on n’avait pas notre destin entre les mains. Cela remet un peu en perspective cette défaite contre le Racing 92, qu’on n’arrive toujours pas à expliquer. Pourquoi on a eu ce comportement ? C’est là qu’on perd le fil de la saison. Aujourd’hui, je dois juste féliciter les mecs qui ont réussi à se remobiliser, car ce n’était pas facile de le faire. Et franchement, on a fait un match incroyable aujourd’hui. Pour le moment, on est sous le coup de la déception. Mais en même temps, si on va un peu plus loin que le bout de notre nez, c’est bien pour la saison prochaine.
Se rendre compte que vous avez gagné à Toulouse, à Bordeaux et à Montpellier rend les choses encore plus frustrantes ?
Le Top 14 est impitoyable, mais ça, je ne l’ai pas découvert cette année. Vous semblez toujours étonnés, mais le Top 14, c’est tout le temps comme ça. C’est tout le temps pareil. Au début, tu as douze équipes qui jouent le top 6, puis t’en as dix, puis t’en as huit, et ça se joue à la dernière journée à un point. L’an dernier, on avait réussi à être dans le bon wagon. Cette année, on ne l’est pas. Après, effectivement, malgré toutes ces victoires à l’extérieur chez les gros, on n’arrive pas à se qualifier. C’est incroyable. Mais on a aussi perdu trois fois chez nous, et ça, depuis que je suis à Clermont, on perd tout le temps trois fois chez nous. Ce n’est plus possible. Ce sera vraiment le message à faire passer à la reprise l’an prochain : on doit être beaucoup plus durs et injouables chez nous. On ne peut pas se permettre de perdre des matchs comme ça, parce que c’est tellement dur.
Est-ce que ces gros coups à l’extérieur ont pu jouer sur les défaites à domicile ?
Non, franchement, je ne crois pas. Si je les prends dans l’ordre, la première était à la première journée, contre Toulouse qui a fait probablement son meilleur match de la saison… À l’extérieur du moins. La deuxième, c’est contre Montpellier. Une défaite vraiment très dure, parce qu’on perd de quelques points. C’est un match qu’on aurait pu gagner avec le bonus offensif. Celle-là nous a fait mal. Et après, la semaine dernière. Encore aujourd’hui, avec le recul et après en avoir discuté avec les uns et les autres, on n’arrive pas à comprendre comment on a été à ce niveau-là. J’ai ma petite idée, mais ce n’est pas clair. Ce qui est certain, c’est qu’il faut qu’on soit beaucoup plus robustes à la maison. On ne peut pas se permettre de perdre trois fois chez nous, ce n’est pas possible. L’année prochaine, il y a Vannes qui monte et qui sera un concurrent important.
Vous passez à côté de la Coupe d’Europe et de la phase finale. Est-ce une anomalie ?
Je ne suis pas en train de faire le bilan. Je n’ai pas la tête à faire le bilan. Mais vous avez raison de dire que nous n’avons pas rempli les objectifs qu’on s’était fixés. Il y a des endroits où on a progressé mais la vérité, c’est le « planchot ». Et le « planchot », c’est ce que tu ramènes. On n’a pas su le faire. Pour le reste, je ferai le bilan quand il faudra le faire.
Qu’est-ce qui s’est passé dans la semaine pour voir une ASM si différente de la semaine dernière ?
J’ai envie de dire que je ne sais pas ce qui s’est passé la semaine dernière ! Ce samedi, on a été normaux, comme on l’a été à Pau, comme on l’a été à Toulouse. Ce que je n’arrive pas à comprendre, c’est qu’on a pu déraper la semaine dernière, en menant 13-7 pendant 20 minutes et en dominant les débats pendant 20 minutes. Après, on s’est complètement désunis, on s’est complètement échappés et on n’était plus une équipe. C’est là-dessus que je suis très frustré, parce que c’est un truc qu’on travaille. Ce samedi, on a vu une équipe parfois maladroite, parfois en difficulté, mais on a vu une équipe qui ne lâchait pas. C’est toujours difficile de battre une équipe qui ne lâche pas. Et comme on a des joueurs de talent, eh bien quand on est connectés, on n’est pas faciles à jouer. Mais ça, il faut qu’on arrive à se le mettre dans la « pigne ». J’espère qu’on va apprendre de cette saison. Ça fait la troisième saison complète. La première, on ne se qualifie pas pour un point, la deuxième on se qualifie et la troisième, on ne se qualifie pas pour un point.
Les espoirs ont été sacrés champions de France, quel est votre regard là-dessus ?
Je ne vais pas dire que c’était plus important que nous, mais ça fait partie du projet du club. C’est très important. Moi, j’ai connu Clermont quand j’étais à Oyonnax, et que je venais tout le temps chercher les jeunes de l’ASM, parce que je savais qu’ils étaient bien éduqués. Je savais qu’ils travaillaient et qu’ils étaient bons sur le poste. Ils ont été champions, en 2011, 2012, 2013 et 2014. À cette époque, le club marchait très fort. Ensuite, il y a eu une traversée du désert, jusqu’en 2018. Et depuis 2018, ils n’avaient plus été champions. Ça correspond à la traversée du désert du club. On a une belle génération 2006, 2007 et 2008. Beaucoup ont été intégrés à l’équipe et l’année prochaine, il y en aura encore plus. Parce que ça fait partie du patrimoine de l’équipe de Clermont. C’est à travers ces gamins qu’on arrivera à remettre le club au plus haut niveau. Les voir gagner aujourd’hui valide plein de choses. J’attendais vraiment ça.
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