INFO MIDI LIBRE. Mohed Altrad est président du Montpellier Hérault Rugby depuis 2011. Le sera-t-il encore la saison prochaine ? Plusieurs sources indiquent qu’il pourrait passer la main.
Une rumeur enfle ces derniers jours à Montpellier. Mohed Altrad (78 ans), patron de la société éponyme au chiffre d’affaires estimé à plus de six milliards d’euros, pourrait passer la main au MHR. L’homme d’affaires, appelé en pompier de service en 2011 alors que le club était au bord du gouffre financier et qui a injecté plus de 120 millions d’euros depuis, travaillerait à boucler la fin de son aventure de quinze ans.
Selon nos informations, une réunion est prévue lundi matin avec l’état-major du club pour évoquer le sujet. Certains ont été mis au courant du rendez-vous sans en savoir la teneur. Bernard Laporte, directeur du rugby depuis novembre 2023, devrait être présent.
Toujours selon nos informations, un groupe d’entreprises serait en train d’être monté pour prendre la suite. Entre quatre et six pourraient être sollicitées. Le nom de Septeo, entreprise montpelliéraine de rang international spécialisée dans l’édition de solutions logicielles et de services informatique (évaluée à plus d’un milliard d’euros), et son PDG, Hugues Galambrun, revient avec insistance. Contactée samedi, Septeo « dément officiellement la rumeur ». Pourtant, ce fleuron de la French Tech, déjà investi dans le rugby avec le Rugby Club Méditerranée (Fédérale 2) et partenaire du MHR depuis plusieurs années, surveillerait de très près l’évolution du dossier. Une entreprise parisienne entrerait aussi dans l’équation.
Aucune de ces sociétés, en revanche, n’a les reins suffisamment solides pour assumer un club de Top 14 à elle seule. Chaque année, Mohed Altrad injecte entre dix et douze millions d’euros pour combler le déficit financier du club. Un montant colossal que l’homme d’affaires n’a jamais rechigné à sortir de sa poche pour remettre les finances du club à flots. D’où l’idée d’un consortium.
« En effet, quelque chose se trame. Il se pourrait que ça se décide avant juillet », confie un proche du club. « Ce sera réglé avant le procès », ajoute une autre.
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« On peut parler d’une forme de lassitude »
Le procès fait aussi partie des éléments incontournables dans ce processus. Du 9 au 23 septembre, Mohed Altrad et Bernard Laporte seront jugés devant la cour d’appel pour une affaire de corruption liant les deux hommes. Le premier cité est loin d’être insensible à cette échéance, lui qui a été très marqué par son passage devant le tribunal correctionnel en décembre 2022 pour cette histoire. Pour rappel, il avait été condamné à 18 mois de prison avec sursis, 50 000 euros d’amende et une peine d’inéligibilité pour corruption active, trafic d’influence et abus de biens sociaux.
Plusieurs actualités autour de Mohed Altrad indiquent aussi qu’une lassitude s’est installée. Récemment, dans une interview accordée à Midi Libre, il déclarait ceci : « Un peu comme au football avec les frères Nicollin, qui sont mes amis, on peut parler d’une forme de lassitude. » L’impossibilité de racheter le stade, le conflit ouvert avec la mairie de Montpellier, les tensions avec le patron de l’Association, la perspective du procès et la défaite aux élections municipales en mars dernier ont peut-être été les gouttes de trop. « Je ne suis pas éternel. Et aucun de mes enfants ne va prendre le relais », a-t-il aussi dit.
Procès, situation géopolitique, Béziers…
Cette semaine, on a également appris qu’Altrad ne devrait pas prolonger son contrat avec la Fédération française de rugby, qui s’arrête en juin 2027. En 2018, il était devenu le premier sponsor maillot de l’histoire du XV de France. En revanche, son investissement avec les All Blacks jusqu’en 2028 ne serait pas menacé.
Autre élément à prendre en compte, la situation géopolitique mondiale. Avec la guerre au Moyen-Orient et les conflits internationaux, il y a une instabilité économique à gérer pour le groupe Altrad, particulièrement présent dans les pays arabes et anglo-saxons. Protéger son entreprise pourrait devenir une priorité pour le président du MHR.
Enfin, des bruits de couloir propulsaient l’homme d’affaires du côté de Béziers et de l’ASBH, actuellement en Pro D2. Le projet immobilier autour du stade et son excellente relation avec le maire, Robert Ménard, sont des arguments de poids. Mais on en est qu’à l’étape du fantasme. Les prochaines semaines s’annoncent agitées en coulisses, et pas qu’au niveau sportif, qui, lui, se porte à merveille.
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