Entre un contexte extra-sportif tendu et des cadres « rincés » par leur surutilisation depuis cinq ans, c’est un Toulouse encore peu convaincant face à Lyon (39-31) qui a paradoxalement été le premier club à valider sa place pour les demi-finales à Marseille. Avec la perspective d’un quadruplé comme moteur, mais aussi une usure physique et mentale palpable, qu’il s’agit désormais aux Stadistes de surmonter…
« Je n’ai pas regardé. » Voilà, en cinq mots, comment Romain Ntamack a expliqué comment il avait vécu le deuxième sacre européen des rivaux girondins du côté de Bilbao. Sans filtre, comme à son habitude, lorsqu’il s’agit d’exprimer ses sentiments de compétiteur. Rageux, diront certains ? Et alors… Parce qu’il est dans la nature des sportifs que d’aller puiser dans leur orgueil bafoué pour trouver les ressources de se relever, encore et encore, on ne lui jettera certainement pas la pierre, pas plus qu’à son équipe. Parce qu’il est évident que les Toulousains, battus par l’UBB en quarts de finale de Champions Cup, ont été titillés par la démonstration de force de leurs plus farouches adversaires, ainsi que par les lauriers qui leur ont été tressés à juste titre. Une situation finalement assez semblable l’an passé, ainsi qu’en convenait dans la semaine le pilier Joel Merkler. « Le contexte à ce moment était un peu pareil la saison dernière. On a connu pire, on a connu mieux, c’est aussi l’histoire d’un groupe. Il faut continuer, travailler les points où on a fauté ces dernières semaines, mais aussi être convaincus de nos capacités pour aller chercher mieux. »
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Lessivés physiquement et nerveusement
La différence ? Elle est que, la saison dernière, le Stade toulousain s’était présenté en demi-finale face à l’UBB sans Antoine Dupont et Thomas Ramos. Cette fois, c’est dès les quarts de finale que les Rouge et Noir ont chuté, avec toutes leurs stars sur le terrain. De quoi craindre une fin de cycle, pour ne pas dire un début de déclin, suggérant que les Stadistes n’auront cette saison plus les moyens physiques et mentaux d’aller chercher un énième rebond, pour décrocher le quadruplé après lequel ils s’étaient mis en tête de courir dès leur dernière finale gagnée ? C’est tout l’enjeu de cette fin de saison, en tout cas, et les raisons d’en douter existent bel et bien…
L’appétit est-il toujours là ?
Pourquoi ? Tout simplement parce que, cette saison plus que jamais, les cadres toulousains apparaissent rien moins que lessivés physiquement et nerveusement par leurs incessantes campagnes, eux qui, depuis la fin du Covid sont allés jusqu’au bout de toutes les saisons, réduisant d’autant leurs plages estivales de repos… Une usure des corps et des esprits à laquelle il faut malheureusement ajouter « l’habitude » de gagner, sur tous les plans qui plus est puisqu’au-delà des trois derniers Boucliers de Brennus, les internationaux qui garnissent l’effectif toulousain ont aussi remporté les deux derniers Tournois des 6 Nations. De quoi forcément rassasier quelques appétits, fut-ce ceux des plus grands fauves, ainsi qu’on a encore pu le constater face à Lyon, certains cadres donnant même l’impression d’avoir envie d’être un peu partout, sauf sur le terrain… « Il ne faut pas oublier que les joueurs ont fait un gros travail physique ces dernières semaines, excusait l’entraîneur de la défense Laurent Thuéry. On sait bien qu’il nous reste beaucoup de réglages à faire. »
Dupont espéré pour la demi-finale
Étonnant ? Pas vraiment, si l’on veut bien admettre que le climat de défiance lié aux infractions au salary cap qui pèse plus que jamais sur le quotidien du sportif (une nouvelle fois entendus ce mardi par la commission de discipline de la LNR, les dirigeants toulousains attendent désormais le verdict pour le 7 juillet, redoutant d’une amende record de cinq millions d’euros). Alors, ajoutez à cette « rançon de la gloire » des sollicitations toujours plus nombreuses en dehors des terrains (à l’image de cette apparition d’Antoine Dupont à Cannes qui n’a pas forcément permis de soigner son problème d’adducteurs constaté avant La Rochelle, ainsi qu’en a attesté son forfait contre Lyon), et vous comprendrez un peu mieux pourquoi l’étoile toulousaine semble avoir un peu pâli. Aiguisant les espoirs des nouveaux challengers montpelliérains, palois ou parisiens, sans oublier évidemment les bordelais… Reste qu’à une journée de la fin, Toulouse demeure bel et bien la seule écurie du Top 14 certaine de disputer les demi-finales. Et que devant l’histoire, à chaque fois que le Stade a terminé premier de la phase régulière, celui-ci s’est toujours débrouillé pour terminer champion. Jusqu’à cette saison, en tout cas…
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