Le centre de santé sexuelle de Montpellier risque de fermer dès septembre 2026 en raison d’un déficit prévisionnel de 44.000 euros ce mois de mai. Le Planning familial, qui dépend des dons et subventions, a déjà subi une crise financière en 2023. L’association a déjà récolté 20.000 euros de dons.
Il y a urgence pour le Planning familial de l’Hérault. Ce mois de mai 2026, l’association présente un déficit prévisionnel de 44.000 euros. Elle risque le redressement judiciaire et une fermeture dès septembre 2026. Le centre de santé sexuelle a déjà récolté 20.000 euros grâce à sa cagnotte lancée la semaine dernière.
“Avorter est un droit fondamental”, “tout le monde est le bienvenu ici”… Les affiches recouvrent les murs du Planning familial de l’Hérault. Aurore, bénévole depuis trois ans, est assise dans la salle de réunion. Elle scrute sur son téléphone l’avancée de la cagnotte en ligne, qui a déjà eu beaucoup de succès. “On y est hyper heureuses, ça fait du bien de voir qu’il y a plein de gens qui se mobilisent. Ça donne envie de continuer cette campagne », se réjouit la jeune femme.
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« On a besoin de fidéliser les dons »
Une quarantaine de bénévoles travaillent avec les 14 salariés du Planning familial, dont un médecin généraliste, une sage-femme et des conseillers conjugaux et familiaux. Ce centre de santé sexuelle accueille des personnes de tout le département. Dans ce local situé dans le quartier des Beaux-Arts de Montpellier, il est possible de faire un dépistage, une interruption volontaire de grossesse, ou encore d’être accompagné après des violences sexistes ou sexuelles.
Léa Millet, administratrice dans l’association, est elle aussi satisfaite des dons récoltés grâce à la cagnotte. Mais difficile de se réjouir, lorsqu’on sait que ce modèle économique a ses limites. “Souvent, les gens donnent en pic lorsqu’il y a une crise comme celle-là, on le voit avec la cagnotte. Mais nous, on a besoin de fidéliser le don, que des personnes ou des entreprises s’engagent mensuellement,” explique-t-elle.
En 2023, le Planning familial était aussi en déficit, et a évité le pire grâce aux dons. Mais pour Léa Millet, ces crises vont revenir tous les trois ans si le modèle économique ne change pas. “On a un problème de volatilité de l’argent. On n’est pas sûr d’avoir les subventions d’année en année, et lorsqu’un projet s’arrête, on est en déficit cumulé,” se désole la bénévole. Des discussions entre le planning familial et la mairie de Montpellier ont commencé autour d’un financement régulier.
Un lieu essentiel dans l’accès à la santé sexuelle
“C’est absolument nécessaire d’avoir un Planning familial dans une ville comme Montpellier et dans tout le département,” affirme Mia Ferret. “La maternité de Ganges a fermé et le Nord de l’Hérault est un désert médical,” ajoute la bénévole. Si le planning médical ferme, “les personnes vont être redirigées vers l’hôpital”. Dans le cas d’une interruption volontaire de grossesse, “les délais sont plus longs et le risque est concret, alerte l’administratrice. Notre survie est indispensable. »
Sur les 2.000 à 3.000 personnes que le centre de santé sexuelle accueille chaque année, 1.000 ont entre 15 et 25 ans. Dans un contexte où “les infections sexuellement transmissibles augmentent chez les jeunes” et où “les idées masculinistes se répandent chez les jeunes hommes”, la survie du Planning familial est d’autant plus cruciale. Mia Ferret l’assure : “Nos actions sont nécessaires à l’avènement d’une société égalitaire et féministe.”
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