Dans sa série consacrée aux imprimeurs du Biterrois, Midi Libre poursuit son immersion dans un métier en constante évolution. Quatrième volet avec Christophe Coso, qui a créé l’imprimerie Créa’Pub à seulement vingt ans et traversé, depuis plus d’un quart de siècle, les mutations du secteur.
Rien ne prédestinait Christophe Coso à devenir imprimeur. Pourtant, après un baccalauréat scientifique, celui qui envisageait des études de mathématiques ou une carrière dans l’armée de l’air choisit finalement de suivre les traces de son père, ancien maître typographe. Avec une vieille machine conservée comme souvenir de famille et quelques conseils paternels, il crée Créa’Pub en 2000, dans un petit local du boulevard de la Liberté à Béziers. « Je n’étais pas sûr que cela fonctionnerait », sourit-il aujourd’hui. L’activité se développe pourtant rapidement et un quart de siècle plus tard, l’entreprise est toujours là. Elle a simplement déménagé quelques mètres plus loin. Entre-temps, Christophe Coso s’est formé tout seul, apprenant aussi bien le graphisme que les techniques de fabrication ou la maintenance de ses machines d’impression et de façonnage. « J’ai appris toutes les facettes de ce métier par moi-même », souligne l’imprimeur.
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Se réinventer pour durer
Lorsque Créa’Pub ouvre ses portes, le secteur s’apprête à vivre l’une de ses plus grandes révolutions. Après quelques années favorables, l’arrivée des plateformes d’impression à bas coût dans les années 2010 bouleverse le marché. « Les imprimeries de labeur ont souffert de cette concurrence. Les prix étaient devenus difficiles à suivre », observe Christophe Coso. Mais plutôt que de subir cette évolution, l’entrepreneur adapte son modèle. Il se spécialise dans des productions abandonnées par de nombreux ateliers, notamment les carnets, liasses et autres blocs autocopiants. Un positionnement qui lui permet aujourd’hui de travailler pour des imprimeurs dans toute la France. « Certains n’ont plus les machines ou le savoir-faire pour réaliser ce type de travaux », explique-t-il. Cette activité représente désormais près de 60 % de son chiffre d’affaires.
La réactivité comme marque de fabrique
En parallèle, Créa’Pub conserve une clientèle locale composée de collectivités, d’entreprises et de particuliers. Faire-part, mémoires, dépliants, pancartes, flyers ou affiches abribus : les commandes sont variées et vont de quelques exemplaires à plusieurs milliers. « On nous appelle parfois le vendredi matin pour des flyers nécessaires le soir même », sourit Christophe Coso. Un délai que l’imprimeur s’efforce de tenir car, face aux plateformes d’impression en ligne, il mise sur ce qui fait encore la différence : la réactivité ainsi que la proximité et le conseil. « Nous sommes là pour accompagner les clients avant tout. » Dans son atelier où ils sont seulement deux à assurer l’ensemble de la production, la polyvalence est devenue la règle. « Avant, dans une imprimerie, il y avait une personne par machine. Aujourd’hui, il faut savoir tout faire », conclut-il.
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