À l’issue du très large succès bordelais en finale de Champions Cup (41-19), les médias étrangers n’ont pas tari d’éloges sur l’UBB et en particulier sur un Maxime Lucu qui a attiré toute l’attention sur la pelouse de San Mamés. Côté Irlandais en revanche, le bilan est logiquement moins agréable.
Samedi après-midi, l’Union Bordeaux-Bègles a marqué l’histoire. Celle du club, avec un doublé inédit, mais aussi celle de la Champions Cup. Car ce n’est pas tous les jours qu’on inflige un 41-19 en finale continentale. La domination fut sans partage. Les Bordelais le savent bien, les Leinstermen aussi. Alors, dans les colonnes des médias irlandais, c’est la soupe à la grimace : « Balayé par une superbe performance bordelaise en première mi-temps, cette défaite sera sans doute plus douloureuse que les autres. Samedi, le fossé n’aurait pas pu être plus flagrant. Ils ont fait passer le Leinster, une équipe composée de 14 stars irlandaises et d’un All Black, Rieko Ioane, pour une équipe ordinaire », peut-on lire dans les colonnes de la BBC. Un constat largement partagé par les journalistes de Rugby Pass : « Cette défaite restera dans les annales comme l’une des plus douloureuses de l’illustre histoire du Leinster, notamment en raison de son caractère sans appel. »
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Série de défaites angoissantes
L’Irish Independent, lui, n’a pas peur des mots : « Le Leinster pensait avoir déjà tout vécu en matière d’émotions lors de sa série de défaites angoissantes en Champions Cup, mais cette fois-ci, c’était une expérience totalement nouvelle. C’était une véritable humiliation ». Voilà qui a le mérite d’être clair… Et au-delà de la performance collective manquée, les médias étrangers ne se sont pas privés de pointer du doigt les erreurs individuelles ou encore de dénoncer le manque d’influence de joueurs dont on attend bien plus, comme Rieko Ioane, trois-quarts néo-zélandais aux 88 sélections avec les Blacks. Dans ses colonnes, Planet Rugby assure : « Il a été pratiquement invisible en première mi-temps, il s’est retrouvé complètement dépassé en défense. Ioane avait été préféré à James Lowe pour ce match, mais il a eu du mal à justifier ce choix ».
Lucu, le « maestro chauve » qui met fin au débat
Parmi les joueurs qui ont brillé à Bilbao, le talent de Louis Bielle-Biarrey ou encore celui de Matthieu Jalibert n’ont évidemment pas échappé aux médias irlandais. Mais c’est bien Maxime Lucu qui a catalysé toute l’attention. « Tommy O’Brien a marqué un essai en début de match, mais ce qui a suivi a été une démonstration de puissance et de maîtrise, largement dictée par Maxime Lucu, Matthieu Jalibert et Louis Bielle-Biarrey », assure la BBC avant de poursuivre : « Avec Maxime Lucu, ils disposent sans doute du meilleur demi de mêlée du rugby actuel, ce qui n’est pas peu dire quand on sait qu’Antoine Dupont est le capitaine de l’équipe de France ». Dans les colonnes de The Guardian, même son de cloche : « Parmi les figures de proue de l’effectif de l’UBB, Maxime Lucu en est le cœur et l’âme. Son duel avec Jamison Gibson-Park semblait toujours décisif, mais il n’y avait qu’un seul maestro chauve sur le terrain. Ce fut une victoire personnelle pour celui qu’on surnomme ici « le roi », lui qui a grandi au Pays basque, juste de l’autre côté de la frontière française »
Enfin, Planet Rugby va encore plus loin : « Le débat sur l’identité du meilleur numéro 9 du monde est clos, puisque le fier Basque originaire de Saint-Pée-sur-Nivelle l’a tranché par la force des faits. Antoine Dupont a les distinctions internationales, mais Lucu a remporté deux fois de suite le titre de meilleur joueur de la finale de la Champions Cup. Aujourd’hui, c’est ce dernier qui l’emporte sur le premier ». Une prestation majuscule qui a marqué les esprits bien au-delà de l’Hexagone.
Une chaleur étouffante et une programmation qui questionne
Et si les Irlandais n’ont eu aucun mal à reconnaître la domination bordelaise dans cette finale, un point semble tout de même faire grincer des dents : la météo… Ce fut loin d’être un sujet dans les médias français, alors que cela a pourtant été évoqué à plusieurs reprises côté britanniques. Personne ne pourra nier qu’il faisait une chaleur étouffante à Bilbao, mais est-ce pour autant un véritable argument pour justifier une partie de la défaite du Leinster ? « L’ambiance était bien différente la dernière fois que Leinster s’était rendu à Bilbao pour une finale de la Champions Cup. En 2018, le temps était pluvieux et maussade, et on se serait cru à Ballsbridge en mars. Il n’en va pas de même cette fois-ci, avec des températures avoisinant les 35 °C et un nouvel après-midi caniculaire en perspective », raconte The Guardian.
Sur son site, le média anglais va plus loin : « Lorsque Leo Cullen, l’entraîneur principal au teint clair du Leinster, est sorti pour l’entraînement du capitaine, cela rappelait un documentaire de David Attenborough mettant en scène un ours polaire solitaire sur un iceberg en train de fondre rapidement. Les avants puissants n’auront nulle part où se cacher, un facteur exacerbé par le coup d’envoi prévu en milieu d’après-midi ».
Pour rappel, le coup d’envoi de cette finale a été donné à 15h45. Un horaire qui n’était visiblement pas au goût de tout le monde : « Apparemment, un créneau en soirée était impossible pour la télévision française en raison d’un conflit d’horaires avec – tenez-vous bien – la cérémonie de clôture du Festival de Cannes ». Une pointe d’ironie qui n’enlève heureusement rien à la réalité : l’Union Bordeaux-Bègles a écrasé les Irlandais pour poursuivre son règne sur le toit de l’Europe.
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