Journée du Souvenir de la Déportation

Discours de M. Robert Ménard, maire de Béziers. Mesdames, messieurs, Ce qui nous réunit aujourd’hui, c’est le pire de l’humanité. L’humanité qui a sombré. L’humanité qui s’est abandonnée dans les abysses de la barbarie. Et cette histoire n’est pas très ancienne. C’est l’histoire de la déportation de millions de gens. 18 millions. Oui, 18 millions. Dans les camps de concentration nazis. De 1933 à 1945, sous la dictature d’Adolf Hitler, le gouvernement allemand a massivement déporté, torturé, exterminé. Dans les jours qui suivent sa prise de pouvoir, tout va très vite. Les chemises brunes occupent la rue. La société civile est pétrifiée devant la violence qui s’installe. C’est d’abord une de vos connaissances, puis un voisin qu’on vient chercher un matin à l’aube. Et un jour, c’est à votre porte qu’on frappe. Il est six heures du matin et votre vie bascule. Ils ont commencé par envoyer dans les camps les communistes et, plus généralement, les militants de gauche. Puis sont venus les gens de droite ou les chrétiens qui n’acceptaient pas la répression. La population de ces lieux d’enfer n’a cessé d’augmenter. Les Juifs d’abord et surtout, mais aussi les homosexuels, les handicapés, les témoins de Jéhovah, les pacifistes, les étrangers, les tziganes. Tous déportés. Tous transformés en chair palpitante, habillée de pyjamas rayés, terminant dans d’immenses fours crématoires. La machine s’est emballée. Dans toute l’Europe occupée, une constellation de camps, de cheminées, de baraquements. La frontière du cauchemar est soudain une immense ligne barbelée. Les hurlements des SS, les aboiements des chiens, les pleurs des bébés, c’est la bande-son de ce film d’horreur. C’est la « solution finale » qu’ont imaginée des cerveaux malades. À Amsterdam, dans son grenier, Anne Frank et sa famille survivent en silence. À Varsovie, les Juifs du ghetto comptent les heures avant le prochain convoi. À Béziers, les familles réfugiées rasent les murs dans la crainte de la dénonciation. L’Europe entière n’est plus qu’un cri d’épouvante. Plus à l’Est, aux lisières du continent, une noire fumée assombrit le ciel d’Auschwitz. Les cendres d’enfants tombent comme de la neige sur les plaines de Pologne. Dans ce conte diabolique, le sorcier, le Führer, hypnotise des foules entières à la radio, dans ses meetings qui sont autant de messes noires. En France, il a ses fanatiques. Ses collabos. Ils ont encore des héritiers au moment où je vous parle. Dans les années 30 et 40, il n’y avait pas tous nos moyens d’information. Pas de téléphone portable, pas d’Internet. Mais on pouvait savoir. Hitler lui-même a écrit son programme dans un livre. Dès 1933, une partie de la presse française évoque ce régime dictatorial, ses violences, ses camps. Mais la plupart des Français regardent ailleurs. Estiment que ces faits sont « exagérés », qu’il « ne faut pas croire » ceux qui parlent des rafles, des bastonnades de pauvres gens en pleine rue, des magasins juifs ou des synagogues incendiés. Comment oublier que certains grands patrons disent alors préférer Hitler à Léon Blum ? Certains ne veulent pas croire à ces histoires de gazages qui parviennent à leurs oreilles. Beaucoup de Français juifs paieront d’ailleurs cette incrédulité de leur vie. 80 ans plus tard, nous avons le devoir absolu, je dis bien absolu, de continuer à honorer les millions de victimes des camps. Nous avons le devoir absolu de ne jamais oublier que le totalitarisme, de gauche comme de droite, finit toujours derrière des miradors !  Toujours. Seule cette mémoire peut nous préserver du retour du Mal. Plus que jamais : vive la liberté. Vive la démocratie. Vive la République. Et vive la France ! Merci à la chorale du Chœur de la Cantarela pour avoir interprété Le Chant des Marais ainsi que La Marseillaise.

PLUS INFO  Législatives 2022 : les résultats du 1er tour dans l'Hérault

GS

https://www.lepetitjournal.net/34-herault/2026/05/06/journee-du-souvenir-de-la-deportation-2/

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