Selon nos informations, Provale s’apprête à proposer l’introduction d’un système de “marquee player” en Top 14. Un mécanisme qui permettrait d’exclure certains joueurs très cotés du salary cap. Explications !
Le dossier du salary cap continue de s’épaissir dans le rugby français. Quelques jours après le refus du comité directeur de la Ligue Nationale de Rugby de modifier, à l’initiative du Stade toulousain, certains articles du règlement, le débat se poursuit. Selon nos informations, le syndicat Provale, à la demande directe des joueurs, s’apprête à formuler à la LNR et aux clubs plusieurs propositions structurantes pour faire évoluer le cadre actuel. Au cœur des discussions : la question sensible des droits à l’image. Aujourd’hui, tout contrat liant un joueur à un partenaire de son club doit être intégré dans le calcul du salary cap. Une règle pensée pour éviter les contournements du plafond salarial, mais qui est de plus en plus contestée par les joueurs.
Provale, qui agit ici comme l’émissaire et la voix d’une partie du vestiaire, souhaite introduire une distinction plus fine. L’idée serait de permettre à une quinzaine ou une vingtaine de joueurs, dont la notoriété dépasse le strict cadre de leur club, de valoriser leur image plus librement, y compris avec des partenaires liés à celui-ci, sans que ces revenus ne soient systématiquement intégrés à la masse salariale. Une évolution ciblée, qui concernerait un nombre limité de profils, définis selon des critères précis comme l’exposition médiatique ou le statut international.
Les droits d’image encore au cœur des débats
Dans le même temps, une autre piste majeure devrait être mise sur la table : l’introduction d’un système de “marquee player”. Inspiré de la Premiership anglaise, ce mécanisme permettrait à chaque club de désigner deux joueurs, un JIFF (joueur issu de la formation française) et un étranger, dont une grosse partie de la rémunération serait de facto exclue du salary cap. Un outil destiné à retenir les meilleurs profils et à renforcer l’attractivité du championnat, sans remettre en cause son équilibre global.
Pour autant, ces propositions s’inscrivent dans un contexte déjà tendu. À l’automne 2025, le capitaine tricolore Antoine Dupont avait publiquement dénoncé un système jugé à ses yeux trop restrictif, concernant les droits d’image. Dans les faits, ni Provale ni les joueurs ne remettent en cause le principe même du salary cap, pilier de l’équité sportive et de la stabilité économique du rugby professionnel. Pour le syndicat, l’enjeu est plutôt ailleurs : adapter ses règles à l’évolution du marché et à la montée en puissance de l’image individuelle de certains joueurs. Reste désormais à savoir si la Ligue et les clubs se montreront réceptifs à ces propositions. À défaut d’avancée, le risque d’un durcissement des positions n’est pas à exclure. Le dialogue suffira-t-il à faire évoluer les lignes, ou ce dossier sensible est-il prochainement promis à un véritable bras de fer ?
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