Comme de nombreux centres pénitentiaires en France, ce lundi 27 avril, la prison de Béziers a été bloquée par des personnels mobilisés pour demander davantage de moyens face à une population carcérale qui explose.
À peine plus de dix jours après leur dernier blocage, le personnel pénitentiaire de la prison de Béziers s’est à nouveau rassemblé, ce lundi 27 avril aux aurores, afin de bloquer l’entrée de l’établissement aux visiteurs et aux 270 employés. Les plus de 70 grévistes ont effectivement répondu à l’appel national de blocage lancé par le syndicat Ufap UNSa Justice.
« On se devait de répondre présent car nous aussi, nous sommes touchés de plein fouet par le manque d’effectif, explique David Parmentier, le secrétaire local Ufap UNSA Justice. Très concrètement, on nous a promis un poste supplémentaire alors qu’il nous en faudrait une trentaine, à Béziers. C’est la réalité du terrain et qui dit pas de moyen dit pas de considération. »
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184 matelas au sol à la prison de Béziers
Au sein de l’établissement biterrois, la situation « est un cocktail explosif », selon David Parmentier. « On est totalement en sous-effectif, poursuit-il. C’est un agent pour environ 120 détenus. Nos missions de base que sont la garde et la réinsertion, on ne peut plus les faire correctement. »
Les chiffres de la population carcérale du centre pénitentiaire du Gasquinoy sont alarmants : plus de 1 100 détenus au total pour 821 places au total. Concernant la maison d’arrêt, d’une capacité théorique de 389 places, 750 prisonniers sont recensés. « Nous avons 184 matelas au sol, précise le syndicaliste. Tout cela créé de la promiscuité, de la mésentente entre détenus et, au final, ce sont des agressions physiques et verbales au quotidien pour les agents. »
« Qu’on nous donne les moyens »
Une situation qui touche directement le moral du personnel, selon les syndicats. « L’état d’esprit, il est dramatique de manière générale, souffle encore David Parmentier. Les collègues ne sont pas seulement fatigués, mais ils sont usés de cette routine sans perspective d’avenir. Je pense aux jeunes collègues qui se disent qu’ils vont devoir travailler 30 ans dans ces conditions. »
Face à cela, quelles sont les demandes du syndicat au ministère de la Justice ? « On souhaite une réponse simple et claire, qu’on nous donne les moyens de pouvoir travailler correctement pour simplement assurer nos missions », répond le secrétaire local.
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