Après treize ans à la présidence, Thierry Dominguez quitte le club, évoquant notamment lassitude et critiques internes. Il laisse un ROA stable et surtout champion de France de Fédérale 2, en 2022. Il se livre avant la rencontre de barrages entre Mazamet et Agde, qui a lieu dimanche 26 avril, dans le Tarn.
Il n’avait pas encore pris la parole depuis l’annonce plus ou moins officielle de son départ : président du Rugby olympique agathois depuis treize ans, Thierry Dominguez nous donne les raisons qui l’ont poussé à prendre cette décision. Entre déception et soulagement.
C’est donc officiel : après le manager Damien Bes, vous nous confirmez que vous quitterez le ROA dans quelques jours, semaines au mieux ?
Oui je vous le confirme. J’éprouve un certain ras-le-bol. J’ai subi pas mal de critiques en interne ces derniers temps et comme je suis quelqu’un de très sensible, forcément ça laisse des traces. Cela fait treize ans que je suis président, personne n’est irremplaçable. Je n’ai pas tout bien fait sans doute, mais j’ai donné le maximum. Et je profite de votre interview pour remercier les bénévoles, les partenaires qui nous ont aidés durant toutes ces années. Sans eux, il n’y a pas de club.
Votre départ coïncide donc avec celui de Damien Bes.
Il ne pouvait en être autrement. Damien, je le connaissais très peu à mon arrivée au club. Il arrêtait sa carrière de joueur et a accepté de m’épauler pour tout ce qui touche au sportif. Notre duo a bien fonctionné, de suite. Pourtant, la mission de succéder à un président comme Jean-Luc Fabre n’était pas simple. Chacun a respecté ses prérogatives, sans empiéter sur le domaine de l’autre. Au bout d’un an, on s’est même associés dans un restaurant (rires), Au Bout du quai. Sans Damien, nous n’aurions pas réussi tout cela. Je l’ai souvent dit, mais je me demande comment aucun club pro ne l’a encore recruté dans son staff !
Le bouclier de champion de France, on ne nous l’enlèvera pas
Vous parliez de réussites. Quelles sont ces satisfactions justement, au bout de ces treize années ?
Bien sûr, le titre de champions de France de Fédérale 2, en 2022. Ce bouclier, on ne nous l’enlèvera pas. En plus on gagne 15-3, les chiffres de ma date de naissance (le 15 mars). J’y vois un signe (rires).
Les satisfactions, ce sont aussi les rencontres avec des joueurs, des entraîneurs, des dirigeants qui ont marqué le club. Certains sont et resteront des amis. Enfin, pérenniser jusqu’à aujourd’hui l’équipe première en Fédérale 1 est aussi une grande satisfaction. Nous allons laisser un club sain financièrement en partant.
Vous l’affectif, vous vous retrouvez dans le rugby d’aujourd’hui ?
Plus vraiment. Il y a moins d’affect et je le regrette, quelque part. Mais bon, c’est aussi l’évolution de notre sport qui veut ça. Même si le rugby, qui plus est à notre niveau, restera toujours et avant tout une aventure humaine.
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