Plus d’un mois après sa course-poursuite pendant une vingtaine de kilomètres dans Agde et aux alentours, un homme de 18 ans a été condamné à un peu plus de cinq ans de prison, ce lundi 20 avril, par le tribunal correctionnel de Béziers. Sans permis, il était en état d’évasion d’un centre de Montpellier, lors des faits datant du 10 mars, et il avait percuté un équipage de police en tentant de s’enfuir.
De l’aveu de toutes les parties prenantes à ce dossier, les choses auraient pu finir bien plus dramatiquement. Le 10 mars dernier, dans les rues d’Agde et à la sortie de la commune, un homme d’à peine 18 ans a tenté d’échapper à une vingtaine de policiers municipaux et nationaux lors d’une course-poursuite de près de 20 kilomètres. Lors de cette dernière, une femme avec une poussette ainsi qu’un homme avec une trottinette ont failli être percutés, selon les dépositions des forces de l’ordre.
Mis en joue alors qu’il était esseulé, en direction de Marseillan, le conducteur a tenté une dernière escapade en reculant contre un véhicule de la Brigade anticriminalité, blessant deux policiers au passage. Le tout sous l’emprise du cannabis, et après avoir consommé des bonbonnes de protoxyde d’azote. À l’arrière, plusieurs individus recherchés – et condamnés depuis – pour cambriolages, étaient également présents.
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« Je ne maîtrise pas bien, je n’ai pas fait exprès de caler et c’est pour ça que j’ai tapé en arrière »
Bien qu’il ait reconnu les faits devant le tribunal correctionnel de Béziers, ce lundi 20 avril, ce jeune majeur sans permis a alterné entre excuses en tous genres, et des moments où il a préféré garder le silence. Ce qu’il a pensé de son comportement ? « C’était dangereux pour moi, a-t-il d’abord répondu. Mais aussi pour ceux qui étaient avec moi et les autres autour. » Comment explique-t-il avoir percuté les policiers en reculant ? « Je ne maîtrise pas bien, je n’ai pas fait exprès de caler et c’est pour ça que j’ai tapé en arrière », s’est-il justifié.
Et pourquoi n’était-il pas rentré, depuis le 17 février, à l’Unité éducative d’activités de jour, où il était détenu à Montpellier, après une condamnation criminelle de trois ans de prison, par le tribunal des enfants pour violences avec une arme, en 2025 ? « J’ai quand même envoyé un message pour prévenir que j’avais un empêchement et que je ne pouvais pas rentrer », a-t-il encore expliqué, lui qui avait déclaré, en garde à vue, avoir paniqué en voyant les policiers voulant l’arrêter car il n’avait pas sa ceinture de sécurité.
« Quand on conduit comme un fou, il ne faut pas s’attendre à de l’indulgence »
« Oui je suis habitué à de nombreux faits, mais les bras m’en tombent, aujourd’hui, a soufflé le représentant du parquet de Béziers. Il a mis en danger tous ceux qu’il a croisés. Il y avait une femme avec une poussette et un homme à trottinette ! Il n’a aucun respect pour la vie humaine. Il a inventé ce concept de panique mais moi j’ai cette image de cette femme en train de promener son enfant… Je suis là pour la protéger et protéger tous les policiers engagés pour le bien de la société. Et puis même vous, vous auriez pu mourir dans l’histoire ! Regardez, ce week-end, il y a un homme qui est mort au volant sans ceinture dans un accident. » Avant de requérir quatre ans de prison pour la course-poursuite où il a mis en danger autrui, un an pour l’évasion ainsi qu’une révocation de quatre mois d’un sursis précédent : « Quand on conduit comme un fou, il ne faut pas s’attendre à de l’indulgence ».
« Bien évidemment qu’il a paniqué, quand on a un revolver pointé vers soi, c’est humain »
Des réquisitions qu’a tenté de démonter l’avocate du jeune conducteur, Me Rebecca Smith. « Il est essentiel de ne pas tomber dans le sensationnalisme, a-t-elle voulu rappeler. Tout cela montre simplement un manque extrême de maturité. Pendant 20 minutes, il n’a conduit qu’en regardant devant lui. Il a ralenti sur les dos d’ânes et les rues étaient quasiment désertes, fort heureusement. Les coups de volants contre les policiers ? C’est en totale contradiction avec le compte rendu de la vidéosurveillance. Le témoignage de cette femme avec poussette ? Il n’y a aucune déposition de sa part. Et lorsqu’il a percuté les policiers à l’arrière, bien évidemment qu’il a paniqué, quand on a un revolver pointé vers soi, c’est humain. » Ce que n’a pas retenu le tribunal correctionnel qui a condamné son client à une peine totale de cinq ans et quatre mois de prison.
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