Un drame s’est produit dimanche 12 avril aux abords de la gare de Moissac dans le Tarn-et-Garonne. Un homme de 38 ans a perdu la vie après avoir été heurté par un Intercités. Plus de 600 passagers ont été immobilisés pendant plusieurs heures, parmi lesquels de nombreux supporters toulousains de retour d’un déplacement à Bordeaux.
C’est un dimanche soir qui a viré au cauchemar pour des centaines de voyageurs. Aux alentours de 20 heures, un homme de 38 ans a été percuté de plein fouet par un Intercités en circulation à proximité de la gare de Moissac, dans le Tarn-et-Garonne.
Les passagers ont pris leur mal en patience sur les quais de la gare comme ici à Bordeaux (Gironde). • © Gaetan Guetière
Le conducteur du train, qui reliait Bordeaux à Nîmes avec 633 passagers à bord, n’a pu éviter la collision. Selon les premiers éléments, il s’agirait d’un suicide.
La victime, originaire de la région de Valence-d’Agen, était portée disparue depuis plusieurs jours. De retour de vacances, ses parents avaient signalé sa disparition aux gendarmes, qui le recherchaient activement depuis le début de la semaine. L’homme avait laissé sa voiture et son téléphone sur place avant de partir à pied. Malgré le déploiement d’un chien pisteur, les recherches n’avaient rien donné. Son compte bancaire avait permis d’établir qu’il était parti peu avant le retour de ses parents.
Les secours, gendarmes, pompiers et SMUR, se sont rapidement rendus sur place. Le conducteur du train a été soumis à un test d’alcoolémie, qui s’est révélé négatif. Il n’y a pas eu de blessé parmi les passagers.
Les passagers ont été pris en charge par la SNCF. • © Gaetan Guetière
Le train, parti de Bordeaux à 18h09 et attendu à Nîmes à 23h23, est resté immobilisé à Moissac pendant plus de trois heures. Le drame a entraîné une interruption totale du trafic ferroviaire entre Montauban et Agen, même si la circulation a été maintenue entre Toulouse et Agen. Après une réunion de coordination organisée par la SNCF, le convoi a finalement quitté Moissac aux alentours de 23h15, pour une arrivée prévue à Nîmes vers 2h00 du matin.
De nombreux trains entre Bordeaux et Toulouse ont été impactés. • © Gaetan Guetière
Parmi les voyageurs bloqués ce soir-là, de nombreux supporters du Stade toulousain avaient pris le train pour assister au match de rugby opposant Bordeaux à Toulouse, en Gironde. De retour vers la Ville Rose, c’est une bien mauvaise surprise qui les attendait sur le quai de la gare de Bordeaux. L’un d’eux témoigne :
Quand on est rentré dans le train, une première annonce nous a informé de 45 minutes de retard sans donner de précision sur le pourquoi, puis une demi-heure après, c’est passé à 1h15 en nous informant qu’il s’agissait d’un accident de personnes. Après une heure trente d’attente, on nous a proposé des paniers repas dans la voiture bar. Les gens sont restés calmes, l’ambiance était bon enfant malgré la fatigue des passagers. Au final nous sommes arrivés à Toulouse avec 2h40 de retard, à 1h22 du matin. Le train est resté bloqué en gare de Bordeaux entre 20h24 et 22h54.
Un supporter du Stade toulousainvoyageur dans le train Bordeaux–Toulouse
Les passagers ont vécu une longue attente, dans un calme relatif malgré les circonstances. La fatigue d’une journée de déplacement sportif, les annonces progressives et l’incertitude ont mis les nerfs à rude épreuve, même si aucun incident n’est à déplorer dans les voitures.
