Ce vendredi soir, 10 avril, les urgences de l’hôpital de Béziers étaient totalement saturées et c’est au compte-goutte que les patients ont été pris en charge. Une situation qui s’était aussi produite la veille selon un ambulancier envoyé à Béziers par les régulateurs du centre 15 et qui dure depuis une semaine.
« Mais qu’est-ce qu’ils font ? », demande un accompagnant à un ambulancier. « On ne peut pas rentrer ? » « Non, on nous a demandé d’attendre et d’être patient. » Ce vendredi soir 10 avril, les pompiers de la compagnie de Béziers et les ambulanciers privés ont attendu jusqu’à plus d’une heure avant de pouvoir repartir à disposition de leurs casernes.
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60 patients en attente à 22 heures
La raison ? La saturation des urgences de l’hôpital de Béziers et une arrivée massive de patients qui sont envoyés vers le service public. « C’est une situation exceptionnelle, confirme Carole Gleyzes de la direction de l’hôpital. Depuis samedi dernier nous accueillons en moyenne plus de 220 patients tous les jours aux urgences. C’est ce que nous faisons au plus fort de l’été. » Et ce vendredi soir, à 22 heures 60 patients étaient en attente de soins dans les couloirs, sur des brancards, aux urgences.
Devant les urgences, sur un banc, une famille attendait que sa mère passe enfin. « Cela fait 4 h 30 que nous attendons. C’est vraiment très long et on ne sait pas pourquoi. Quand on va voir, on nous répond tout juste, mais on sent que les pauvres, ils sont totalement dépassés par la situation. »
« Les ambulances ne doivent pas manquer dans les casernes »
Un peu plus loin, des officiers des pompiers de la compagnie de Béziers. Il faut gérer les flux. Comprendre ce qu’il se passe. « Nous sommes là parce que le centre 15 nous a orientés vers l’hôpital. Les patients sont dans les véhicules et ces derniers sont totalement immobilisés tant que les malades ne sont pas pris en charge. Nous n’allons pas les laisser sur place. En revanche nous nous devons de nous organiser parce que dans des centres éloignés, il peut y avoir un besoin d’ambulance alors il faut travailler à la répartition de nos moyens. »
Deux établissements pour les urgences à Béziers
À Béziers l’hôpital peut accueillir des urgences non programmées. La clinique Saint-Privat aussi, mais il semble que les médecins de cet établissement ne prennent que les urgences urologiques. La clinique Champeau, quant à elle, n’a pas les autorisations nécessaires pour ce genre de service au public. Sur le Biterrois, il reste donc comme possibilités, la clinique Pasteur à Pézenas, la clinique des trois vallées à Bédarieux et enfin l’hôpital de Sète. Les urgences à Agde ne fonctionnent que la journée et ce sont toujours les régulateurs du centre 15 qui décident de l’orientation des patients.
« Il n’y a quasiment plus de lits de disponibles »
« Recevoir autant de patients en urgences implique aussi une hospitalisation derrière, avance encore Carole Gleyzes. Et là, il faut le dire, l’hôpital de Béziers est saturé. Il n’y a quasiment plus de lits disponibles. Aucun médecin ne souhaite déprogrammer des hospitalisations que seraient prévues pour un de ses malades. Et là, depuis le week-end de Pâques, nous accueillons un monde fou. Ce sont ces deux facteurs, l’activité programmée et les urgences qui, mis ensemble, font que l’hôpital de Béziers est plein. Nous réfléchissons pour comprendre. Il y a de moins en moins de médecins de ville et les gens viennent chez nous. C’est peut-être une explication. Quoi qu’il en soit, ce n’est jamais arrivé à cette période de l’année. Les soignants font face. Difficilement, mais ils font face. »
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