Journée blanche, ce mercredi 8 avril 2026, pour les ambulanciers. Ces professionnels sont mobilisés dans toute la France pour dénoncer leurs difficultés financières et un projet de loi touchant à l’organisation du transport sanitaire d’urgence. Exemple dans l’Aveyron.
Un convoi de véhicules blancs, toute sirène hurlante, dans les rues de Rodez. Ce mercredi 8 avril 2026, les ambulanciers de l’Aveyron ont répondu à l’appel à la mobilisation de la Chambre nationale des services d’ambulances. Au cœur des revendications : la participation et la rémunération de ces professionnels du transport privé sanitaire qui assurent notamment des permanences dans le cadre des services d’urgence.
Un cortège d’ambulanciers dans les rues de Rodez, mecredi 8 avril 2026, pour alerter sur la situation économique de ces professionnels du transport sanitaire privé. • ©Corentin Belard / FTV
Chaque jour, un service d’ambulance se met à la disposition du Samu, 24h sur 24, pour assurer des transports sanitaires d’urgence sur un département. Dans l’Aveyron, ce dispositif de garde ambulancière est actif sur six secteurs. Et chaque année, ce sont environ 10.000 missions assurées par les ambulanciers privés dans le cadre de cette astreinte. Ce service de transport sanitaire d’urgence est rémunéré à hauteur de 64 euros de l’heure. Insuffisant pour couvrir les coûts de ces professionnels.
« Les tarifs appliqués ont été mis en place en 2020, sur des contraintes de 2018 en gros. Entre-temps, il y a eu la crise Covid, l’inflation, sans parler aujourd’hui du prix du carburant qui explose. Donc on est vraiment en dehors des coûts à ce niveau-là« , estime Thierry Delseriès, délégué de la Chambre nationale des services d’ambulances dans l’Aveyron.
Selon le premier syndicat représentatif des ambulanciers privés, ces professionnels travaillent aujourd’hui à perte et jugent les tarifs de l’Assurance maladie pas suffisamment élevés. Autre point de crispation financière pour les ambulanciers : les délais de paiement des transports de patients hospitalisés, dans le cadre de contrat dit « Article 80« . Des transports à la charge des centres hospitaliers. Selon Thierry Delseriès, les délais de paiement seraient de cinq à six mois pour le groupement hospitalier de territoire dans l’Aveyron.
On est étouffés. On fait partie de la chaîne de soins. Si on enlève les ambulanciers de la chaîne de soins, il va y avoir un gros problème.
Thierry Delseriès, délégué de la Chambre nationale des services d’ambulances dans l’Aveyron
« Sur les six derniers mois, le nombre de défaillances d’entreprises a été multiplié par trois« , a déploré sur franceinfo ce 8 avril 2026, Dominique Hunault, le président de la Chambre nationale des services d’ambulances. Résultat : les ambulanciers réclament le déblocage de fonds d’urgence « pour éviter les faillites en chaîne« .
Le département de l’Aveyron compte quarante-deux entreprises d’ambulances. Et pour cette journée de manifestation, ils étaient une trentaine à exprimer leur exaspération. Après l’organisation d’un cortège dans les rues de Rodez, les ambulanciers ont symboliquement sorti leurs brancards devant l’ARS, puis jetés leurs anciens matériels. « Si on ne sert plus à rien, autant jeter nos affaires« , ont-ils expliqué. Le gouvernement Lecornu entend profiter du projet de loi de décentralisation pour confier aux préfets l’organisation des secours d’urgence aux personnes dans leur département.
