La semaine de mobilisation des transporteurs routiers contre la flambée des prix du gazole se poursuit. Après Paris ce lundi, la grogne s’étend à l’Occitanie ce mardi 31 mars avec une opération escargot à Rodez (12). Une grande journée d’action est également annoncée pour ce mercredi à Toulouse.
Les transporteurs routiers ne désarment pas. Ils sont bien décidés à obtenir des aides supplémentaires de l’Etat pour compenser la hausse des carburants due à la crise au Moyen-Orient. Ce mardi 31 mars, la mobilisation s’étend à l’Aveyron avant la grande journée d’action à Toulouse.
Après Paris ce lundi, la région Occitanie n’est pas épargnée par la colère des professionnels des transports routiers. Le secteur emploie plus de 30 000 personnes dans la région. À Rodez ce mardi 31 mars, des camions et des autocars ont organisé une opération escargot sur la RN88 en direction du centre-ville de Rodez.
La colère des routiers s’étend à l’Occitanie. Un opération escargot a été organisée ce mardi 31 mars à Rodez (12) avant la grande journée d’action ce mercredi à Toulouse (31). • © FTV – Luc Tazelmati
« L’augmentation subite des coûts du pétrole entraîne des problèmes de trésorerie », explique un des transporteurs présents. « Sur la facture du mois de mars, c’est 35% de plus. On attend une aide ponctuelle pour ce mois de mars ». Les routiers ont été rejoints par les professionnels des travaux publics. « Nous, on est les oubliés du gouvernement », affirme l’un d’eux. « On doit faire aujourd’hui avec une augmentation de 50 centimes du GNR et nos fournisseurs nous annoncent une nouvelle hausse de 10 à 15% au 1er avril ».
C’est surtout la mobilisation toulousaine, qui promet d’être marquante avec des acteurs venus de toute l’ex région Midi-Pyrénées. Ce mercredi, l’OTRE Occitanie, la principale organisation du secteur, prévoit un rassemblement dès 8h30 dans la zone d’activité Fondeyre, au niveau du rond‑point de la plateforme logistique. Le trajet annoncé devrait passer par la Barrière de Paris, le pont des Minimes, les Boulevards, le Grand Rond et l’Hôtel de Région, avant une progression vers le périphérique toulousain. Ce parcours est susceptible de changer.
La raison de leur colère : le peu d’aide accordé par l’Etat au secteur : « Ça fait un mois qu’on échange avec le gouvernement pour obtenir des aides significatives pour la filière, touché de plein fouet par la flambée des carburants due à la crise au Moyen-Orient », explique Philippe Chastrusse, délégué régional OTRE Occitanie. « 50 millions, ce n’est clairement pas suffisant« . Ce type d’action entraîne habituellement de forts ralentissements, en particulier sur le périphérique et les principaux axes d’accès à Toulouse. Des opérations similaires menées en 2024 avaient déjà provoqué de fortes perturbations du trafic.
Outre le montant de l’enveloppe, les professionnels du secteur jugent que « le plan annoncé par le gouvernement manque de clarté et de précision avec des aides trop ciblées » et que ce plan débute trop tard, à partir du mois d’avril et pour des TPE et PME « qui devraient justifier de problèmes de trésorerie majeure liés à la crise ». Depuis 2 ans, plus de 4.000 défaillances d’entreprises routières ont été enregistrées.
📢🚨 Les routiers bloquent. Encore. Parce que c’est le SEUL langage que l’État comprend. Quand tu manifestes poliment, on t’ignore. Quand tu signes des pétitions, on les jette. Quand tu bloques l’autoroute avec 40 tonnes de camion, là subitement on t’écoute. Les routiers sont les… pic.twitter.com/WAlDFWE5Cb
— ChienSurpris (@ChienSurpris) March 30, 2026
« On va poursuivre nos actions », explique Philippe Chastrusse. « Nous, ce qu’on veut ce sont des aides pour toute la filière avec une enveloppe de 400 millions d’euros comme en 2022 pour la guerre en Ukraine. À l’époque, le prix du baril et le coût d’un litre de gazole étaient au même niveau. Si nous n’avons pas de réponse rapidement, nous aurons des mobilisations qui vont s’inscrire dans la durée ».
Les usagers désirant circuler autour de Toulouse ce 1er avril sont invités à anticiper leur trajet, à prévoir des marges supplémentaires et à s’informer sur les sites de trafic routier.
