L’entraîneur du club de football de l’US Colomiers est suspecté d’avoir filmé de jeunes garçons, sous la douche, après les entraînements. 46 mineurs sont concernés. Un an de prison a été requis, jeudi 26 mars, par le tribunal correctionnel de Toulouse.
Ce jeudi 26 mars, au tribunal correctionnel de Toulouse, la salle d’audience numéro 4 affiche complet. À l’intérieur, une soixantaine de personnes. Il faut dire que c’est un dossier hors norme dans lequel on compte 46 parties civiles. Face aux jeunes joueurs de foot et leur famille, un entraîneur de l’US Colomiers, à l’ouest de Toulouse.
Dans la salle des pas perdus, avant l’audience, beaucoup de parents, encore abasourdis. Ils avaient confié leur enfant à l’US Colomiers, et à un homme, en charge de la formation et des entraînements des moins de 16 ans, en toute confiance. Mais en 2023, après deux déplacements du club, le comportement de cet entraîneur va éveiller les soupçons. Un père de famille, qui souhaite garder l’anonymat, nous raconte ce que lui a dit son fils au retour d’un de ces déplacements.
Il (l’entraîneur) voulait interroger l’ensemble des joueurs et ce qui l’a étonné (mon fils), c’est qu’il fallait que le deuxième joueur se douche pendant qu’il interviewait le premier, ça l’a alerté.
Père d’une victime
L’entraîneur aurait filmé certains joueurs de l’équipe sous les douches, à leur insu. Aujourd’hui, les familles se posent beaucoup de questions sur ce qui s’est réellement passé, comme Geneviève Peyre, grand-mère d’un jeune footballeur.
Geneviève Peyre, grand-mère d’une victime • © FTV
Il a pris des photos, et il les a filmés sous la douche, mais on ne peut pas savoir ce qui peut se passer après dans sa tête.
Geneviève Peyre, grand-mère d’une victime
Les parents contactent alors la police, et une plainte est déposée par plusieurs familles, en mai 2023.
Face aux jeunes joueurs et aux parents, l’entraîneur, n’a aucun regard pour la salle. Accusé de faits de voyeurisme et de détention d’images pédopornographiques de mineurs et mineurs de moins de 16 ans, l’entraîneur tente de se défendre.
J’étais dans une dépression, un mal-être. Quand j’ai fait ces photos, j’étais dans un gouffre total. Je ne suis pas attiré par les jeunes garçons.
L’entraîneur, soupçonné d’avoir filmé les joueurs mineurs
Si l’entraîneur dit ne pas être attiré par les jeunes garçons, l’avocate du club de foot estime que cet homme est dans le « déni total ».
À la barre, l’avocate du club de l’US Colomiers revient sur le comportement de l’entraîneur. Les faits se seraient déroulés sur plusieurs années, et elle y voit une véritable attirance envers les jeunes garçons.
Il y a une attirance vers les jeunes garçons qui s’installe de plus en plus dans son esprit et il y a une recherche de plaisir par rapport à la prise de photos de ces jeunes enfants.
Nelly Magendie, avocate du club de l’US Colomiers
Nelly Magendie, avocate du club de foot de l’US Colomiers • © FTV
Même si l’entraîneur reconnaît les faits, l’avocate insiste sur le manque total de reconnaissance de sa part.
Il y a de la reconnaissance de la matérialité des faits, puisque les photos ont été retrouvées sur ses disques durs, téléphones, etc. Mais sur ses intentions, sur son attirance pour les jeunes garçons, il est dans un déni total.
Nelly Magendie, avocate du club de l’US Colomiers
Les parties civiles étaient pourtant en attente de reconnaissance et d’une prise de conscience de la part de l’entraîneur.
Un an de prison a été requis contre l’entraîneur qui risquait 5 ans d’emprisonnement. Le jugement a été mis en délibéré au 1er avril 2026.
Rédigé à l’aide du reportage France 3 Occitanie de Christophe Romain et Eric Foissac.
